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Isabelle Joschke : "c'est un nouveau départ"

Lancement de MACSF
© Ronan Gladu / MACSF

Pour Isabelle, l’émotion était au rendez-vous. Entretien.

Vendée Globe : On imagine que ces moments sont chargés de nombreux sentiments mêlés ?

Isabelle Joschke : Tout à fait. Je me sens comme sur un départ de course, avec une tension intérieure similaire, même si je suis vraiment heureuse et fière de voir le résultat de ces huit mois de travail. On était dans une phase d’attente, de construction. Là, nous allons changer de rythme. L’objectif est maintenant de naviguer suffisamment pour qu’avec Morgan nous soyons prêts au départ de la Transat Jacques Vabre.

VG : Le bateau a subi de nombreuses modifications ?

IJ : La plus importante saute aux yeux. L’ajout des foils transforme radicalement l’allure de MACSF. Mais l’équipe technique ne s’est pas arrêtée là : on a changé le mât et les outriggers pour adopter le gréement thonier plus simple à régler. Et une nouvelle casquette va me permettre de gagner en confort, donc en performance.

VG : Concernant les foils, vous n’avez pas cherché à être extrêmes…

IJ : C’est volontaire. On voulait rester dans la philosophie de notre projet, disposer d’un bateau polyvalent avec lequel on optimise nos chances de terminer le Vendée Globe. Je considère que je manque encore d’expérience en IMOCA pour partir sur des options radicales. L’objectif est de faire le tour du monde, d’arriver. Maintenant, je n’occulte pas le côté sportif. Je veux être dans le match. Donc, les foils s’imposent.

L’idée c’est de faire une course propre, de raconter une histoire humaine, de partager. On aurait pu s’emballer. Mais si c’est en fin de compte pour aboutir à quelque chose qu’on ne saura pas exploiter, je risque de parvenir au résultat inverse de ce que je souhaitais.

VG : Pour être certaine d’être au départ, il va falloir maintenant accumuler des milles sur les Globe Series…

IJ : Ce qui veut dire tout mettre en œuvre pour terminer les courses. En même temps, je n’ai pas envie de faire du convoyage. Je vais devoir être intelligente, placer le curseur au bon endroit. Mais je ne me mets pas plus de pression que ça. C’est inutile.

VG : Les derniers-nés des IMOCA ouvrent la voie à des cellules de vie presque entièrement fermées. Qu’est-ce que ça vous inspire ?

IJ : Je comprends la démarche. Plus le bateau va vite, plus l’environnement devient agressif. Il y a donc une logique sportive à vouloir se protéger, quitte à vivre à l’intérieur du bateau les trois-quarts du temps. On a choisi une autre direction avec cette casquette où les hublots prennent une large place. Je sais que j’ai besoin de sentir le vent ; je serais angoissée de ne pas pouvoir mettre le nez dehors. Je comprends la démarche de marins comme Charlie Dalin ou bien Alex Thomson, mais j’avoue que je suis plutôt contente de ne pas devoir en arriver là.

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