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Défi Azimut : Charal et les autres

Charal au défi Azimut
© Y.Zedda

C’est dans des conditions météo idéales que les 21 tandems ont pu confronter leur niveau de préparation en vue de la Transat Jacques Vabre. Un départ plutôt venté aux allures portantes où les IMOCA ont pu donner toute leur puissance, un grand bord proche du vent arrière, pour finir par un retour au près dans du vent mollissant. Autant dire que les duos n’ont pas chômé sur cette édition 2019 riche de plusieurs enseignements.

 

Charal au-dessus du lot

À tout seigneur, tout honneur, le parcours de Charal fut une véritable démonstration. En tête de bout en bout, Christopher Pratt et Jérémie Beyou ont marqué de leur empreinte ce Défi Azimut. Ce faisant, les deux compères ont confirmé leur belle performance du Fastnet. Jérémie Beyou avait fait le pari de lancer le premier des IMOCA de nouvelle génération, avec les risques inhérents à une mise à l’eau aussi rapide. « On pouvait se faire copier ou payer les pots cassés d’un projet encore perfectible. Mais on assume ce choix. » L’histoire semble pour le moment lui donner raison. L’équipe de Charal est celle qui maitrise le mieux les phases de vol. Qui plus est, elle se révèle la plus régulière et la plus fiable. Jérémie et Christopher se positionnent logiquement comme les grands favoris de la prochaine Transat Jacques Vabre.

 

Les anciens tiennent la cadence

On pouvait craindre un écart irrémédiable entre les derniers-nés des foilers et les IMOCA à dérives. Même si les différentiels de vitesse sont déjà importants, la régularité de certains équipages leur a permis de rester au contact et de briguer des places d’honneur inattendues. Au premier rang des classiques, le tandem d’Apicil, Damien Seguin et Yoann Richomme, cinquièmes. Les deux navigateurs ont réussi le petit exploit de terminer juste devant Banque Populaire X de Clarisse Crémer et Armel Le Cléac’h. Deux monocoques à dérives qui viennent perturber une hiérarchie que l’on croyait trop vite établie, voilà une nouvelle qui pourra ravir tous ceux qui s’embarquent dans l’aventure du Vendée Globe sans disposer des mêmes moyens que des écuries de pointe.

 

Bonnes surprises et confirmations

Au rang des confirmations, la belle deuxième place de Kevin Escoffier et Nicolas Lunven sur PRB qui réitèrent leur performance du Fastnet. Un bon bateau, un skipper aguerri qui a vite su s’adapter aux contraintes de la navigation en équipage réduit, un coéquipier de talent, la recette paraît simple. Encore faut-il que la mayonnaise prenne.

Aux avant-postes on retrouve encore Sam Davies et Paul Meilhat, septième à bord d’Initiatives Cœur, ou bien Yannick Bestaven, quatrième sur Maître CoQ. Le navigateur rochelais avait à ses côtés un homme d’expérience puisque c’est Roland Jourdain qui reprend du service pour l’occasion.

Du côté des bonnes surprises, à noter le podium de 11th Hour de l’Américain Charlie Enright, associé à Pascal Bidégorry. Deux anciens de la Volvo Ocean Race qui viennent tâter de l’IMOCA en prévision de la prochaine édition de l’Ocean Race, le cocktail est détonnant et diablement efficace. Enfin, il faut noter la belle performance d’Isabelle Joschke et Morgan Lagravière, huitième sur MACSF. La navigatrice lorientaise n’imaginait pas que son bateau, équipé de ses nouveaux foils, serait à ce point compétitif. De bon augure pour la suite.

 

Tâtonnements et déceptions

Il faut aussi quelques déçus au final. Sébastien Simon et Vincent Riou (Arkéa Paprec) l’avouaient sans ambages. Leur résultat n’est pas à la hauteur de leurs attentes. Leur nouveau monocoque souffre d’un manque de vitesse et se révèle plus complexe à prendre en main qu’ils avaient pu rêver. Il y aura du pain sur la planche avant le départ du Havre dans un mois.

Thomas Ruyant et Antoine Koch (Advens for Cybersecurity) n’ont pas ces états d’âme. Le défi Azimut constituait leur cinquième sortie depuis la mise à l’eau du bateau. La course était donc pour eux une phase d’essais et d’observations. Le nouveau plan Verdier a d’ailleurs parfaitement tenu son rang en début de course avant de baisser d’un ton en fin de parcours. Pour beaucoup d’équipages, ce Défi Azimut était avant tout l’occasion de faire le point sur les forces et faiblesses de chacun avant de se remettre au travail. Rome ne s’est pas faite en un jour.

 

Classement des 48h Azimut

1. Jérémie Beyou - Christopher Pratt (Charal) 1 jour 18 h 43’46’’

2. Kévin Escoffier - Nicolas Lunven (PRB) 1 jour 20 h 08’52’’

3. Charlie Enright - Pascal Bidégorry (11th Hour) 1 jour 20 h 45’47’’

4. Yannick Bestaven - Roland Jourdain (Maître Coq) 1 jour 21 h 19’08’’

5. Damien Seguin - Yoann Richomme (Groupe Apicil) 1 jour 22 h 11’26’’

6. Clarisse Crémer - Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) 1 jour 22 h 16’51’’

7. Samantha Davies - Paul Meilhat (Initiatives Coeur) 1 jour 22 h 18’31’’

8. Isabelle Joschke - Morgan Lagravière (MACSF) 1j 23 h 42’27’’

9. Maxime Sorel - Guillaume Le Brec (VandB - Mayenne) 2 j 14’48’’

10. Louis Burton - Davy Beaudart (Bureau Vallée 2) 2 j 20’54’’

11. Sébastien Simon - Vincent Riou (Arkéa - Paprec) 2 j 1 h 28’22’’

12. Nicolas Troussel  - Jean Le Cam (Corum L’Epargne) 2 j 2 h 2’25’’

13. Giancarlo Pedote - Anthony Marchand (Prysmian Group) 2 j 2 h 16’57’’

14. Fabrice Amedeo - Éric Péron (Newrest Art & Fenêtres) 2 j 2 h 20’31’’

15. Alan Roura - Sébastien Audigane (La Fabrique) 2 j 2 h 40’33’’

16. Thomas Ruyant - Antoine Koch (Advens for Cybersecurity) 2 j 2 h 41’11’’

17. Arnaud Boissières - Xavier Macaire (La Mie Câline - Artipôle) 2 j 2 h 57’34’’

18. Manuel Cousin - Gildas Morvan (Groupe Setin) 2 j 4 h 28’39’’

19. Romain Attanasio - Sébastien Marsset (Pure) 2 j 4 h 43’2’’

20. Stéphane Le Diraison - François Guiffant (Time for Oceans) 2 j 5 h 33’

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