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Maxime Sorel : "Vivre la plus belle expérience qui soit"

Sorel

Maxime, que t’ont souhaité tes proches à l’aube de cette année 2020 ?

Maxime Sorel : « Ma famille et mes amis m’ont souhaité de bien vivre ce que j’ai à vivre en mer, de profiter de l’année exceptionnelle qui s’annonce et de prendre du plaisir sur l’eau. Ils me souhaitent de m’éclater pour mon premier grand tour, la plus grande de toutes mes navigations.
 

Et toi, que te souhaites-tu ?

M. S. : De boucler le Vendée Globe, avant tout ! Pour nous tous, marins et équipiers techniques, finir le tour du monde est un objectif en soi, parce qu’on sait combien c’est difficile, exceptionnel, parce qu’il y a beaucoup d’obstacles sur la route. Et puis mon côté compétiteur me fait me souhaiter de finir sur le podium officieux des Imoca sans foils. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de faire un sous-classement officiel, mais on sait entre nous la valeur qu’aura ce podium virtuel, et c’est bien suffisant.
 

La proximité du départ du Vendée Globe – moins de 10 mois désormais – t’a incité à faire passer ton projet à la vitesse supérieure ?

M. S. : L’année 2019 a été une année d’essais pour nous qui arrivions en classe Imoca, et je crois que nous étions un peu légers en termes de forces vives. Nous avons réorganisé les choses en interne qu’il s’agisse de la technique, de la communication et de la logistique. Cela représente du monde, mais c’est nécessaire. Nous avons recruté des gens qui ont déjà accompagné une aventure autour du monde. On a serré le jeu aussi, avec un planning sur quinze mois, jalonné d’échéances que nous ne devrons pas manquer. Il sera important, avant le départ, d’avoir tout passé en revue.
 

De quoi vont être faites les prochains mois ?

M. S. : Nous allons remettre VandB - Mayenne à l’eau lors de la deuxième semaine de mars, peut-être un tout petit peu avant, de manière à pouvoir bénéficier d’un mois et demi de préparation à The Transat CIC (départ de Brest le 10 mai). L’idée est de partir vers Charleston en configuration Vendée Globe, c’est-à-dire avec tout le matériel que nous embarquerons aux Sables d’Olonne début novembre, exception faite des volumes de nourriture. Je veux pouvoir valider des choses comme le matossage, l’utilisation du moteur, la gestion des cuves de gasoil… Ce ne sera pas optimal pour courir une Transat, mais on ambitionne de se mettre en place pour le Vendée Globe.
 

Le bateau va subir des modifications, d’ici le départ des Sables ?

M. S. : On a identifié un problème de matossage, qui est vraiment très pénalisant, parce qu’il coûte beaucoup en énergie et en performance. On est en train de réfléchir aux solutions possibles avec les architectes du bateau (VPLP-Verdier en 2007, NDLR) et mon équipe pour rendre la chose plus digeste. Et, s’il n’est pas question de couvrir totalement le rouf, parce que j’aime aussi sentir le vent et être mouillé, on va limiter les entrées d’eau sur le pont.
 

Quels objectifs te fixes-tu en termes de préparation personnelle ?

M. S. : Après un mois de décembre cool – c’est une tradition -, je me remets en route avec mon coach sportif. J’attaque le sport avec le mental, parce que j’aime ça. Je suis suivi par une nutritionniste, je vais limiter le gras, je ne vais pas trop rendre hommage non plus à mon partenaire VandB – et plus du tout pendant les trois mois qui précéderont le départ - et je n’ai déjà pas mangé un seul carré de chocolat pendant les fêtes ! Mon programme sportif sera adapté à la nécessité de prendre de la masse dans les jambes. Je perds beaucoup sur une transat, je n’ose imaginer sur un tour du monde… Et se préparer afin de prévenir les blessures est également un pan important du travail de l’année. Pour tout ça, je suis la préparation d’un triathlète, avec beaucoup de travail fractionné, de gainage.
 

As-tu su trouver les mots pour expliquer ce qui attend ton entourage cette année ?

M. S. : Ce sera mon premier Vendée Globe, et personne dans mon entourage n’a jamais suivi la totalité d’un tour du monde, sinon de loin. Personne ne sait donc ce que représentent trois mois de mer. Même quand tu dis : « Imagine que je parte aujourd’hui, et calcule la date dans trois mois », ce n’est pas simple à assimiler. Enfin si… quelques-uns me traitent de cinglé ! (Il rit). Je ne viens pas d’un monde très marin, ce n’est facile pour personne de se rendre compte de ce qui m’attend.
 

Et toi, tu réalises ?

M. S. : J’ai pris conscience que c’est cette année que je pars. Beaucoup de choses m’intriguent, m’effraient un peu, mais c’est une saine crainte. Cela tourne autour de ce qu’il va se passer dans le grand Sud. J’ai envie d’aller voir, parce que c’est totalement unique sur la planète, j’ai aussi quelques interrogations, mais c’est ce qui permet de gérer la prise de risques.
 

Tu as forcément une culture du Vendée Globe déjà solide, mais est-ce que tu éprouves le besoin de te nourrir encore plus de l’histoire de la course ?

M. S. : J’en sais déjà pas mal, oui… Je n’ai pas besoin de me nourrir de ce que les autres ont raconté, parce que je sais très bien ce que j’ai envie de raconter, moi. Je n’ai pas besoin du passé pour savoir, sur ce point, ce que j’ai à faire. En revanche, j’ai besoin de raffermir ma culture météo et du routage dans ces zones que je ne connais pas. Il va y avoir des rendez-vous avec les experts de la chose pour que je parte en étant aussi serein que possible.
 

À ton tour d’adresser des vœux aux 33 autres concurrents…

M. S. : Je leur souhaite de vivre une très belle année, de vivre pleinement la préparation, les deux transats qui sont sur la route avant le départ des Sables, et de vivre aussi sur le Vendée Globe la plus belle expérience qui soit… tout en allant moins vite que moi ! »

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