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Manuel Cousin, premier de l’e-classe

© DR

Bateaux au chaud dans les chantiers ou amarres bien frappées, privés de la mer, les skippers du Vendée Globe piaffent, piaffent, et piaffent encore. Alors, en attendant de retrouver son élément, un bon contingent d’inscrits et de prétendants au Vendée Globe est allé s’affronter sur The Great Escape (La grande évasion) sur Virtual Regatta, le jeu de régates virtuelles qui accompagne les grands événements nautiques français et internationaux.

Manuel Cousin, vainqueur ? Reprenons précisément avant de lui rendre hommage. Quatre catégories de bateaux ont pris le départ de The Great Escape : les Figaro, les Class40, les Ultim et les IMOCA. En IMOCA, le vainqueur est SYD, un joueur ukrainien, qui a bouclé l’aventure en 13j 13h 59’. Le premier pro est Alexis Loison, d’habitude à la barre de son Figaro Bénéteau 3 Région Normandie. Mais le premier « vrai skipper » IMOCA est « Manu » Cousin (Groupe Sétin), qui a terminé le parcours en 14j 16h 52’ devant Samantha Davies et Jérémie Beyou. 1996e au classement scratch de la catégorie IMOCA, le Vendéen a salué sa « victoire » sur Twitter.

© DRL’enthousiasme qui ne le quitte jamais le dispute au relativisme : « Je suis super content ! Je suis passé par le nord, après être un peu descendu, jusqu’au Cap Finisterre, pour prendre une route medium qui m’a fait remonter à la hauteur du Canada. J’ai partagé l’aventure avec un groupe de skippers IMOCA, des partenaires, des gens avec qui j’ai commencé à naviguer, et pas mal de copains, finalement. Cette course était une bonne occasion d’allier l’agréable à l’utile ».

Beaucoup d’entre eux ont pris le départ dans leur catégorie de prédilection : la classe IMOCA, façon de ne pas rompre avec leur quotidien et de se conformer à un tempo qui est le leur habituellement. Alan Roura, benjamin du Vendée Globe il y a quatre ans – il le sera à nouveau cette année, à 26 ans – a peut-être été le moins assidu des navigateurs qui ont pris le départ. « Au début de la course, j’étais vraiment dessus, puis j’ai lâché, parce que j’ai de la peine à passer mes journées devant un ordinateur, concède le skipper de La Fabrique. Je réglais mon bateau de temps en temps. Pour aller plus vite, je pense que j’aurais dû faire The Great Escape en Ultim ».

Pour les autres, dont Maxime Sorel (VandB – Mayenne), la course virtuelle fut aussi une bonne occasion de faire ses gammes. « C’était ma première course virtuelle : d’habitude, on est sur l’eau. D’ailleurs, les fois où les joueurs m’en parlaient, c’était pour me dire en rigolant : ‘Hey, on a fini devant toi !’. Je me suis servi de The Great Escape comme d’un exercice, qui m’a permis d’utiliser mes fichiers météo (Squid) et mon logiciel de navigation (Adrena). Avec un groupe de skippers IMOCA, nous suivons des cours de météo avec Christian Dumard deux ou trois fois par semaine. Même si nos logiciels ne servent pas réellement pour le jeu, c’est intéressant de savoir quelle route nous aurions faite dans la vie réelle, en y reportant les données GPS. Par exemple, la route nord n’aurait pas été du tout payante dans le réel, avec les conditions de mer. Du coup, sur le jeu, je suis allé me perdre dans le sud… et j’ai regretté de ne pas avoir mis deux bateaux à l’eau, un sur chaque route, pour voir… »

Ce n’est pas l’école d’Alan Roura, qui l’a jouée… « à la roots » ! Je n’ai pas joué comme un pro, j’ai utilisé les mêmes outils que les e-skippers amateurs, qui ne connaissent pas tous la mer. Je suis aussi parti dans le sud et, même si j’étais dans les cent premiers au début, ça a vite fini de payer. Je crois qu’aucun marin pro ne serait parti dans le nord, avec les grosses conditions. Or, au fond, sur le jeu virtuel, on s’en fout, de l’état du bateau ». Manu Cousin abonde : « On garde des réflexes du vrai large, dans la façon de passer les dépressions, par exemple. Sur le jeu, ça ne change pas la navigation d’aller au cœur d’un front de 45 nœuds, mais nous sommes formés à être plus protecteurs. C’est idiot : on est au chaud, au fond du lit… Je crois que j’aurais eu du mal à imaginer, comme l’a fait Jérémie (Beyou), qu’on pouvait remonter jusqu’à l’embouchure du fleuve Saint-Laurent (Canada) pour trouver la solution… Les amateurs qui gagnent ces courses virtuelles sont très forts. Mais je serais curieux de les voir sur l’eau (il rit) ».

ILS ONT COURU THE GREAT ESCAPE
(liste non exhaustive)

En Ultim
Armel Le Cléac'h, vainqueur du Vendée Globe 2016-2017 (top 100)
En IMOCA
Sam Davies (Initiatives-Cœur), 2e pro IMOCA
Manuel Cousin (Groupe Sétin), 1er pro IMOCA
Jérémie Beyou (Charal), 3e pro IMOCA
Louis Burton (Bureau Vallée 2)
Maxime Sorel (VandB Mayenne)
Alan Roura (La Fabrique)
Sébastien Destremau (FaceOcean)...

Alexis Loison (classe Figaro, Région Normandie), vainqueur skippers pros en IMOCA

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