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All you need is…

Départ Vendée Globe 2016 (usage restreint papier fans 2020)
© DR

Sophie ne sait plus l’année, mais elle se rappelle le dress code de circonstance. « On était à la cabaude (l’arrière-port), sous une pluie qui n’était pas annoncée. Certains avaient prévu des rouleaux de sacs jaunes, dans lesquels nous nous sommes protégés ». Ah, la pluie de novembre… Celle qui contraint Clovis et ses potes à s’abriter aussi sous un spi-parapluie – il faut bien faire avec les moyens du bord. Quentin, lui, n’a rien trouvé de mieux que se parer d’orange. Son choix de tenue, conjugué à son sens du placement, lui vaut d’être sur la photo ci-dessous. Malin.

© DRUne tribu et des mots
Jolie banderole, n’est-ce pas ? Elle est l’œuvre d’une tribu de cousins, frères et sœurs, enfants et petits-enfants toqués du Vendée Globe. Depuis 1992, le clan n’a pas manqué un départ et, édition après édition, il s’est mis en tête de fabriquer une banderole qui marque et attire les photographes. Pour ces Sablais de cœur et d’histoire, l’héritage moral du lointain aïeul Henri-Marc Benoist, chirurgien de marine, parti vers le Nouveau Monde en 1777 en compagnie de Lafayette (Gilbert du Motier, marquis de La Fayette), explique en partie cette fascination pour les aventuriers des mers. Si Didier Lefèvre ne se rappelle plus les deux premiers slogans que la famille a portés sur le chenal, il se souvient des suivants. En 2004, la banderole familiale disait « Merci Jeantot » ? « Il ne faut pas oublier qu’il est le créateur du Vendée Globe, explique le photographe professionnel exilé dans le Finistère et membre très actif de la tribu. La quasi-totalité des skippers avait plébiscité notre banderole cette année-là ». Une autre disait le soutien de Vincent Riou et de son club nautique de toujours, celui de Loctudy : « Vincent, le CNL est avec toi ! »

© DREn 2008, le fameux « Yes U can » reprenait le slogan de campagne de Barack Obama. En 2012, c’était « A qui le Tour ? » et, en 2016, « #All YOU NEED IS GLOBE » passait à la postérité. Comment ça marche ? Quelques mois avant le départ, toute la famille se réunit, échange, s’enguirlande, puis vote et adopte. « #All YOU NEED IS GLOBE a été vu jusqu’en Thaïlande !, s’enthousiasme le photographe. Le but est d’interpeler les skippers et de communier avec eux ».

Le sens du placement
Reste plus qu’à prendre la meilleure place le long du chenal. Une opération que bien des familles et des groupes d’amis entament dès la nuit.

Michelle et Gérard ont leur plan, qu’ils appliquent méticuleusement. Ils habitent à 50 kilomètres des Sables d’Olonne, mais les routes d’accès au chenal sont fermées à minuit. Qu’importe, ces fans d’Armel Le Cléac’h dorment à proximité, dans leur voiture, en attendant de prendre leur place le long du chenal vers 4 heures du matin.

Parfois, l’intime se lie à l’événement. Nicolas en avait vécu deux, des départs, lorsqu’il a décidé d’emmener son amie sur l’eau pour vivre ça de plus près. Un joli cadeau empoisonné pour cette jeune femme pas tout à fait rôdée au tangage. Elle semble ne plus lui en vouloir aujourd’hui : ils sont mariés. Charline a quitté sa Haute-Savoie pour apporter du chocolat suisse à Marc Thiercelin en 2008 : elle avait été séduite par le personnage dans l’émission Thé ou Café. Gisèle, elle, s’amuse encore de la blague qu’elle avait faite à son mari en 2012, le départ étant donné le 10 novembre. « Ils partent quand », demanda-t-il quelques jours avant ? « Le 10/11/12 », répondit-elle. « Ah bon, ils partent sur trois jours ? ». Ils étaient bien là, dans la fraîcheur des Sables d’Olonne aux premières heures. Alexandra était aussi sur le chenal avec sa fille Nolwenn, qui avait réalisé son rêve en croisant Sam Davies et en partageant avec elle quelques instants.

D’autres partagent des anecdotes fumantes. En 1989, Christophe a sauvé la mise à Loïck Peyron qui avait oublié de prendre des draps pour la course. Chef de la réception de l’hôtel où logeait le jeune skipper, il l’avait gentiment dépanné. L’hôtel Mercure Thalasso des Sables a donc fait son tour du monde… Caro était sur le pont également : son père travaillait à la capitainerie, et les coups de fil dans la nuit réveillaient toute la maisonnée. Mais comme c’était pour une bonne raison… François a été particulièrement gâté. En 1998, il a eu droit de tenir la barre d’Aquitaine Innovation d’Yves Parlier. Vous pensez bien que, deux ans plus tard, il était dans le chenal pour acclamer son héros. Depuis, il n’a plus raté un départ.


Et puis certains attirent les stars, comme Clovis qui, avec ses amis, est allé se réfugier dans un bar attenant au chenal. Il y a rencontré Tex l’animateur des Zamours, avant de croiser Michel Desjoyeaux en civil. Enfin, il y a ceux qui se démultiplient pour décupler le plaisir des autres. C’est le cas des bénévoles de Sodebo, qui ont laissé quelques chauds souvenirs avec leur distribution de café du côté du port, ou encore de Clément, qui a chanté pour la postérité ! Elève de 11 ans aux Sables d’Olonne en 2000, Clément avait rejoint « 1001 voix », la chorale du professeur de chant Michel Nys de l’école René-Guy Cadou. Vêtus de coupe-vents jaune et rouge, les 1000 enfants avaient trouvé refuge sur l’ancien canot de sauvetage de la SNSM, à la cale. La chorale chantait « Tour du globe » en canon lorsque dame Ellen MacArthur est passée devant, saisie d’émotion. La même émotion que celle qui débordait des yeux de Catherine Chabaud, de Marc Thiercelin et de bien d’autres, et qui étreint le cœur de ceux qui restent à terre en attendant le retour des marins.

Le départ vu de loin

Laurence est enseignante à Boulogne-Billancourt et elle s’est prise d’amour pour le Vendée Globe dès sa première édition. « Un moyen magnifique de faire le tour du monde en apprenant la géographie, dit-elle. Chacun avait choisi son bateau et l’avait dessiné pour orner les murs de la classe. On les déplaçait chaque semaine… »
 

 


A l’étranger, on s’organise autrement. Dale vit trop loin des Sables : il est à Vancouver, Canada, mais ça ne bride pas son cœur de fan. Il a deux héros : Sébastien Destremau qui lui a même répondu en course... et Alex Thomson, à qui il rend hommage chaque jour passé sur l’eau : son Islander 36 a été décoré aux couleurs, revisitées, de l’IMOCA du Britannique.




Enfin Régine est une fan virtuelle. Elle prend des photos de son écran de télévision et en fait des montages. Comme celui-ci.

 

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