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L’heure des vérités

© ©Yann Riou / polaRYSE / PRB

La Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne, à quatre mois du coup d’envoi du Vendée Globe, va servir de mètre-étalon pour nombre de marins : évaluer en course, face à la concurrence, son niveau de préparation, vérifier que les options prises pendant les chantiers étaient bien les bonnes, noter les améliorations qu’il faudra encore apporter au bateau avant le tour du monde… Mais tous les marins n’auront pas à défendre les mêmes causes. Certains doivent impérativement boucler cette course, la dernière qui puisse servir de qualification, quand la grande majorité, qualification acquise, pourra se concentrer sur d’autres objectifs : pousser le bateau et le navigateur ou préserver le matériel en vue des prochaines échéances.

Marquer son territoire

À quelques mois du Vendée Globe, prendre l’ascendant psychologique sur la concurrence n’est jamais mauvais. Quelques-uns des favoris de l’édition 2020 n’en font pas mystère : ils viennent ici pour signifier qu’ils sont prêts tels Jérémie Beyou (Charal), Charlie Dalin (Apivia) ou bien encore Thomas Ruyant (LinkedOut). Ces trois-là disposent d’un bateau neuf et ne se priveront pas de marquer la course de leur empreinte, si l’occasion leur en est donnée.

Même s’ils ne bénéficient pas de machines dernier-cri, d’autres voudront s’étalonner avec des skippers disposant d’unités comparables. On retrouve ici tous les marins qui partiront en novembre sur des monocoques de 2016, voire parfois plus anciens, mais singulièrement boostés par la pose de foils. Sam Davies (Initiatives Cœur), Kevin Escoffier (PRB), Boris Herrmann (SeaExplorer – Yacht Club de Monaco), Yannick Bestaven (Maître-CoQ) ou bien encore Giancarlo Pedote (Prysmian Group), Arnaud Boissières (La Mie câline - Artisans Artipôle) et Fabrice Amedeo (Newrest – Art & Fenêtres) ont les moyens de bien figurer, voire d’aller titiller le groupe des favoris. Mais le confinement et le peu de temps que tous les marins ont pu consacrer à la navigation laissent une grande part d’inconnu.

Finir, et plus si affinités

Pour d’autres, la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne sera une grande répétition générale. Les titulaires d’IMOCA à dérives savent qu’ils vont devoir s’habituer à laisser filer les foilers devant. Pour eux, il s’agit avant tout de faire une belle course et si possible de ramener un monocoque en parfait état. C’est l’ambition affichée de Manuel Cousin (Groupe Sétin), de Miranda Merron (Campagne de France), ou de Clarisse Crémer (Banque Populaire) qui aime à dire qu’elle se considère toujours en apprentissage. En revanche, on peut compter sur Damien Seguin (Groupe Apicil) comme sur Maxime Sorel (V and B Mayenne) pour monter le curseur plus haut et se prendre au jeu de la performance, quitte à laisser quelques foilers derrière eux.

Le club des cinq à la recherche du sésame

Pour Armel Tripon (L’Occitane en Provence), sur la ligne de départ après que son chantier, Black Pepper, a réussi le prodige de réparer en moins de dix jours l’étrave déchirée par un choc avec un OFNI, Kojiro Shiraishi (DMG Mori), Clément Giraud (Vers un Monde sans SIDA) et Isabelle Joschke (MACSF), l’équation est simple. Il leur faudra franchir la ligne d’arrivée aux Sables d’Olonne pour être qualifiés pour le Vendée Globe. Forcément, pour ces quatre marins, la donne est sensiblement différente : la préservation du matériel passera avant la recherche de performance. C’est un peu le même cas de figure auquel est confronté Sébastien Simon (Arkéa - Paprec) : ayant déjà terminé la Transat Jacques Vabre, il ne lui reste que 2000 milles à boucler en solitaire. On peut imaginer toutefois que la pression sera moindre sur ses épaules. Mais, on connaît l’esprit de compétition de tous ces navigateurs : chassez le naturel… Que l’on retrouve quelques-uns de ces marins jouer des coudes pour être aux avant-postes ne serait qu’une demi-surprise.© Marion Pennanéac'h - L'Occitane

Un Vendée Globe miniature

Pour cette course montée dans un contexte atypique (coronavirus oblige), il fallait un parcours hors-norme. Pour la première fois, les solitaires vont aller flirter avec des latitudes inhabituelles puisque le premier way-point, au large de l’Islande, se situe par plus de 60° nord. Les navigateurs vont devoir composer avec le froid, des systèmes dépressionnaires actifs et la présence potentielle de glaces. Ils pourront en revanche profiter de la lumière du jour pendant quasiment 24 heures. Et qui sait ? ils auront peut-être droit au spectacle magique des aurores boréales. Ensuite, ce sera cap au sud vers les Açores, un grand bord de vitesse où il faudra jouer avec la circulation des fronts qui balaient l’Atlantique Nord. Des Açores, on revient à un schéma plus classique et l’arrivée devant la bouée Nouch Sud, celle qui matérialise la fin du Vendée Globe… comme un heureux présage ?

Les skippers engagés 

Fabrice Amedeo – Newrest - Art & Fenêtres
Yannick Bestaven – Maître-CoQ       
Jérémie Beyou – Charal
Arnaud Boissières – La Mie Câline - Artisans Artipôle
Manuel Cousin – Groupe Sétin         
Clarisse Crémer – Banque Populaire IX        
Charlie Dalin – Apivia
Samantha Davies – Initiatives Cœur 
Kevin Escoffier – PRB
Boris Herrmann – SeaExplorer – Yacht Club de Monaco    
Isabelle Joschke – MACSF    
Miranda Merron – Campagne de France     
Clément Giraud – Vers un monde sans Sida
Giancarlo Pedote – Prysmian Group            
Thomas Ruyant – LinkedOut 
Damien Seguin – Groupe Apicil        
Kojiro Shiraishi – DMG Mori
Sébastien Simon – Arkea Paprec
Maxime Sorel – V and B-Mayenne   
Armel Tripon – L’Occitane en Provence

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