22 juillet 2020 - 16h:30 • 2256 vues

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En 2016, aucune femme n'avait pris le départ du Vendée Globe. Cette année, elles pourraient être six. Entre les deux, la Vendée - Arctique - Les Sables d'Olonne est venue confirmer le ressenti : les navigatrices ne sont pas là pour faire de la figuration !   

Durant la Vendée - Arctique - Les Sables d'Olonne, l'évidence a pris forme : les femmes engagées sur la route du Vendée Globe ne seront pas au départ, le 8 novembre, pour jouer les faire-valoir des gros bras du circuit. Samantha Davies (4e), Clarisse Crémer (12e), Isabelle Joschke (13e) et Miranda Merron (17e) l’ont démontré avec talent, engagement et méthode... Il va falloir s'y faire : la course au large n'est pas qu'une affaire de bonshommes ! 
 

« Super Sam », retour spectaculaire aux affaires

© © Eloi Stichelbaut - polaRYSE / IMOCAElle est la seule, depuis Ellen MacArthur en 2000-2001, à avoir frôlé un podium au Vendée-Globe en 2008-2009 (4e). Onze ans plus tard, Samantha Davies est de retour en solitaire et ça décoiffe ! La Britannique, qui bénéficie des conseils de Paul Meilhat – avec qui elle a terminé 7e de la Transat Jacques-Vabre l’an dernier – a pris ses marques avec talent. La navigatrice de 45 ans l’a brillamment démontré pendant la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne en étant toujours à l’affût derrière le trio de tête composé de monocoques de dernière génération.

Mieux, Samantha a réussi à prendre le meilleur sur les anciens foilers avec de sacrés clients derrière elle : Kevin Escoffier (5e), Yannick Bestaven (6e) et Boris Herrmann (7e).  À l’arrivée, elle ne cachait pas son enthousiasme. « J’ai tout de suite trouvé le bon rythme. J’étais toujours sereine, même quand le bateau bombardait ! » De quoi percevoir, aussi, sa marge de progression depuis plusieurs mois. « Il y a deux ans, j’aurais été effrayéee en solo dans les mêmes conditions, reconnaît-elle. Maintenant, ça me semble normal ! »

Joschke, la battante

© Isabelle Joschke / ImocaDans le sillage d’Initiatives-Cœur, Isabelle Joschke (MACSF) a elle aussi été longtemps dans le match avec les anciens foilers. Après une semaine de course, la Franco-Allemande, qui figurait alors 7e, a néanmoins cassé sa bôme après avoir tapé une vague. Mais celle qui a fait ses gammes dans le circuit Figaro a tenu bon, pour assurer sa qualification au Vendée Globe et démontrer son abnégation malgré les difficultés.

Pourtant privée d'une bonne partie de la surface de sa grand-voile, elle a fini par franchir la ligne sous gréement de fortune à la 13e place, avec seulement 18 heures de retard sur le vainqueur, Jérémie Beyou. À l’arrivée, les sentiments étaient ambivalents : heureuse pour la qualification, déçue de pas être restée dans le match et le « top 10 ». Mais l’essentiel est ailleurs. « Le potentiel est là, c’est prometteur et encourageant, a-t-elle confié. Je suis contente d’avoir réussi à engranger de la confiance. »

Clarisse Crémer : option Imoca deuxième langue

© Clarisse Crémer / ImocaCette recherche de confiance et de sérénité, c’est aussi ce qui animait Clarisse Crémer. La trentenaire, qui disputait à bord de Banque Populaire X sa première course en solitaire à bord d’un IMOCA, ne cachait pas son appréhension au départ. « J’étais vraiment stressée, concentrée sur chaque manœuvre, a-t-elle reconnu à l’arrivée. Mais progressivement, les incertitudes et les inquiétudes se sont transformées en plaisir. » Et à bord de son bateau à dérive, Clarisse a tenu un rythme qui lui a longuement permis de figurer dans le « top 10 » avant de terminer 12e sur une petite boulette cher payée. 

Miranda : le corps et l'esprit
© S GuichardMiranda Merron pouvait elle aussi arborer un large sourire. Si l’Anglaise a bouclé la course à une modeste 17e place, elle a peaufiné ses automatismes pour le Vendée Globe à bord d’un bateau certes âgé (mis à l’eau en 2006), mais éprouvé (il compte 4 tours du monde) et parfaitement rénové. « Campagne de France demeure, malgré ses déficits de vitesse, un excellent bateau pour s’attaquer au Vendée Globe », confirme la navigatrice.

Au-delà des faits sportifs, Miranda Merron s’est attachée à raconter avec passion la course et son expérience. C’est d’ailleurs un autre aspect qui ne peut que réjouir à l’idée que six femmes participent au Vendée Globe : leur capacité à faire vivre la course tout en affirmant leur caractère, leur personnalité et leur sensibilité. Ainsi, Samantha Davies a rédigé au quotidien ses impressions. Clarisse Crémer, elle, a continué d’envoyer de nombreuses vidéos, toujours avec malice et humour. « A ciao bonsoir ! » a-t-elle conclu, donnant rendez-vous explicitement sur les pontons le 8 novembre prochain pour le départ tant attendu du Vendée Globe.

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