04 octobre 2020 - 10h:00 • 5124 vues

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Le benjamin du Vendée Globe 2016 a bien grandi… Mais il reste le plus jeune skipper de la flotte 2020-2021. Libre, frais, authentique, voici Alan Roura.

MON PARCOURS

Date de naissance : 26 février 1993
Lieu de naissance : Onex, Suisse
Lieu de vie : Lorient

Etudes et parcours professionnel : « Je ne suis pas allé à l’école, mais j’ai une formation de ferblantier-zingueur ».

Mes débuts dans la voile : « A deux ans, j’étais sur un bateau en famille. Mes premiers bords, je les ai tirés en Optimist sur le lac Léman, j’avais 6 ans. Puis la famille est partie de Suisse alors que j’avais 8 ans. On est monté à bord et on a traversé l’Atlantique dans la foulée, pour un petit voyage qui a duré… onze ans. Je suis de passeport suisse, mais je suis un enfant du Monde. »

Mon désir de faire de la course au large ? « Il est né lors de notre première transat familiale. On est parti de Gibraltar pour aller vers les Canaries et, en abordant Lanzarote, on est tombé sur les gars de la Mini-Transat, ce devait être en 2001. J’ai trouvé incroyable de traverser l’océan sur ces tout petits bateaux. Au port, j’ai remarqué qu’il y avait quelque chose d’inscrit sur le visage de ces marins : ils étaient heureux, bien contents d’être là. Heureux ? C’est ça que je voulais faire, plus tard ».

Pourquoi est-ce devenu un projet de vie ? « Cela n’a jamais été un projet de vie, les choses ont avancé par étapes. J’ai acheté mon premier Mini aux Antilles en 2008, et je m’entraînais en solitaire dans l’arc Antillais au solitaire. Je devais avoir 15 ans. Le large est devenu concret à notre retour en Europe, avec mon premier raid en Mini sur un prototype que j’avais acheté. J’ai fait les courses les unes après les autres et, à chaque fois, j’allais un peu loin que ce que j’avais imaginé ».

Un résultat ou l’expérience dont je suis le plus fier : « Je suis assez fier de mon parcours : je suis 300% autodidacte. Être au départ du Vendée Globe, c’est un marqueur d’un projet de vie, mais ce dont je suis le plus fier, c’est du record de l’Atlantique nord, que j’ai amélioré, en solo et en Imoca (en juillet dernier, en 12h 25min). Une aventure extraordinaire avec l’équipe et les partenaires du bateau, et des moments magiques. J’ai aussi montré que, bien qu’on m’ait toujours calé dans la case ‘aventuriers’, j’étais capable de faire du sport, d’avancer ».

DU TAC AU TAC

Votre qualité principale dans la vie ? « La gentillesse » 
Votre principal défaut dans la vie ? « La naïveté ».
Si vous étiez un animal ? « Un albatros »
Si vous étiez un végétal ? « Un palmier voyageur ! »
Si vous étiez un film ? « Le grand Bleu »
Si vous étiez une couleur ? « Le noir »
Votre rêve de bonheur ? « J’aimerais bien gagner ce #&ù%$ de Vendée Globe, un jour » 
Votre héros dans la vie ? « Francis Joyon. Il dégage un truc que j’admire »
Un aphorisme ? « Quand on veut, on peut »
Si vous n’étiez pas coureur au large, vous seriez… « Je ne crois pas m’être un jour posé de questions sur mon avenir. Du coup, je cherche… Peut-être ébéniste marine ».

MON VENDEE GLOBE

Mes ambitions : « D’abord, faire bien et bien faire. Ensuite, terminer en 80 jours. Je ne pense pas au classement, c’est beaucoup trop compliqué à imaginer. Viser un temps me paraît plus intéressant, le classement suivra. »
Points faibles (hors casse) : « La chance, ou la malchance. La course au large, c’est l’histoire d’une femme ou d’un homme sur un engin mécanique. Si tu ne casses pas, puis que tu emmènes le bateau au bon endroit, et que tu y trouves la bonne météo, c’est que tu as eu de la chance. J’aimerais bien que ma bonne étoile m’accompagne encore un peu ».
Mon arme fatale : « Je suis un très bon marin. Je ne dis pas que je suis un très bon performeur, mais je suis marin. Je sais accélérer, gérer, ralentir quand il le faut ; je me sens bien en mer, et je forme un binôme avec mon bateau. Si tu regardes bien les résultats du Vendée Globe, tu t’apercevras que ce sont le plus souvent les bons marins qui sont dans les premières places. La gestion du projet, de la navigation et du bateau, c’est le plus important. En revanche, j’apprends à régater peu à peu ».
Que serait un Vendée Globe réussi ? « Je veux faire de belles trajectoires, naviguer proprement et être dans le match. Je ne suis plus seulement animé par l’idée d’en terminer, ce qui était l’ambition d’il y a quatre ans. Là, j’ai envie de jouer, plus pour avoir le sentiment d’avoir tout donné que pour la performance pure ».
Ce que j’aimerais partager : « Tout ce que beaucoup ne font pas : le rire, les larmes, les histoires. La vie d’un marin autour du monde, en somme. Pourquoi la voile ne se raconte-t-elle pas tant qu’elle vit ? Pourquoi attend-elle d’être au port ? C’est dommage ».
En trois mots, le Vendée Globe, c’est… « Extase. Frissons. Bonheur. »  
Trois images du Vendée Globe : « Le départ. Le mien, puisque que j’avais jamais assisté à ça auparavant. Je n’ai aucune idée de ce à quoi ça ressemble de l’extérieur ».
« Le cap Horn, qui est un endroit assez dingue ».
« La veille de l’arrivée, quand tu sais que la côte est juste derrière l’horizon, que tu commences à réaliser que ce que tu as fait est énorme, que tu as fait un tour du monde tout seul sur un bateau. Je me dois d’avouer (il rit) que j’ai bien profité du rhum qui était à bord, la veille de mon arrivée, il y a quatre ans… »
Ces skippers qui m’inspirent : « Ellen MacArthur m’a toujours donné envie d’aller jouer en Imoca. Au cours de toutes ces années, j’ai rencontré tous les marins de renom et, la seule personne que je n’ai jamais vue… c’est elle ».
Je ne partirais pas autour du monde sans « Sans grigri. Ce n’est pas impossible que je m’en dégote un nouveau cette année »  

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