24 Octobre 2020 - 16h30 • 2652 vues

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Le triple médaillé paralympique nous recevait cette semaine dans le cockpit de son bateau rouge. Souriant, détendu, Damien Seguin part en confiance sur son premier tour du monde en solitaire à bord d’un bateau sur lequel il a énormément navigué.

Comment vis-tu cette période d’avant-départ, te sens-tu prêt pour ton premier Vendée Globe ?
Je suis heureux comme un poisson dans l’eau. Je suis hyper satisfait d’être aux Sables avec 32 bateaux autour de moi. C’est quand même super que l’on ait réussi à conserver cette course malgré le contexte, je pense que ça va faire du bien à tout le monde. En tant que compétiteur, je me suis préparé à cet événement, j’espère de la meilleure des manières. En tout cas, je suis prêt à prendre le départ dans quelques jours.

Ce n’est pas évident de se projeter dans cette course qui est nouvelle pour moi. En même temps, ça fait trois ans que ce projet existe et qu’on travaille en équipe. L’avantage que j’ai, c’est que ce bateau, je le connais par cœur maintenant. Je me sens prêt à relever le défi ! C’est quelque chose d’important de se sentir capable. Aujourd’hui on a fait – je dis on parce qu’on a vraiment travaillé en équipe – en sorte d’avoir un bateau prêt pour le départ comme on le voulait.

Redoutes-tu la solitude ?
À cette échelle-là oui, ça va être une vraie découverte pour moi. Le maximum que j’ai fait, c’est 20 jours en solitaire. C’est une des données les moins simples à appréhender je crois sur un Vendée globe. C’est sûr qu’à un moment, ça va jouer un peu sur le moral, mais ça fait partie intégrante de la course. Je sais qu’il va y avoir des hauts et des bas. Le truc particulier c’est aussi qu’on passe noël et le jour de l’an tout seul, loin de la famille. Mais ça fait partie de cette aventure avec un grand A ! Aujourd’hui, si j’ai fait le choix de partir c’est aussi pour ces moments de solitude.

Dans le cockpit de ton bateau on a vu que tu avais prévu des ajustements sur ta colonne de winch pour palier ton handicap. Est-ce que tu peux nous en parler ?
Il a fallu s’adapter au fait que je n’ai pas de main gauche. Pour wincher à la colonne, il faut utiliser les deux mains, donc on a adapté des manchons pour que je puisse me servir des deux bras et de toute la puissance du haut du corps. C’est la seule chose qui est adaptée dans le bateau. Le reste, c’est vraiment la même chose que les autres concurrents. Disons que c’est moi qui fais la démarche de m’adapter plutôt que l’inverse.

Pour monter au mât, comment ça se passe ?
Je l’ai fait en course l’année dernière sur la Bermudes 1000 Race et bon… Ce n’est pas quelque chose d’évident à faire, même pour un valide ! Monter à 29 mètres de haut c’est impressionnant. Encore une fois, j’avais confiance dans le matériel que j’avais sélectionné et puis j’ai adapté la façon de monter à ma spécificité. Ça s’est fait en sécurité sans aucun problème. Je me fais aussi extrêmement confiance dans cette capacité d’adaptation au quotidien parce que l’on sait qu’il y aura toujours des nouveautés à bord du bateau.

Qu’as-tu embarqué pour te « sortir la tête du bateau » ?
J’ai pris pas mal de choses, des livres, pour la première fois, car sur une transat, on n’a souvent pas le temps de se poser. Ce sont des romans policiers, des biographies, des petites nouvelles, des choses variées que je choisirai en fonction de l’humeur.

J’ai aussi des podcasts, des choses un peu comiques et d’autres plus sérieuses comme des émissions scientifiques. Ça permet d’apprendre toujours des choses, je terminerais peut-être le Vendée Globe un peu plus intelligent qu’au départ !

Si tu avais une baguette magique pour exaucer un vœu, là maintenant ?
Je ferais en sorte d’avoir un départ sous le soleil avec un vent de nord-est de 15 Nœuds. Un truc parfait ! Que ce soit aussi bien pour nous que pour les spectateurs.

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