27 Octobre 2020 - 11h00 • 9315 vues

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À 61 ans, Jean repart pour un 5e Vendée Globe à bord de son Yes we Cam ! qu’il a encore amélioré depuis la précédente édition. Navigateur à l’expérience et au palmarès longs comme un jour sans vent, à la gouaille unique et adorée du grand public, le skipper quimpérois vise le haut du podium des IMOCA à dérives…

Date de naissance : 27 avril 1959

Lieu de naissance : Quimper

Lieu de vie : La Forêt-Fouesnant

 

MON PARCOURS

Mes premiers bords : C’était en école de voile avec ma sœur en Vaurien. Mon père avait à l’époque un Armagnac à bord duquel on passait toutes nos vacances d’été. À 8 ans déjà, je faisais les petites régates du coin, et puis rapidement, j’ai fait des compétitions en habitable avec mon père qui était passionné de régate. Je crois que tout part de là.

Mes études : J’étais plutôt bon en maths et en physique. J’ai préparé un bac C mais le problème, c’est que lors des épreuves du Bac, je courais déjà la Solitaire du Figaro qui s’appelait à l’époque la Course de l’Aurore. Donc j’ai loupé le bac trois fois ! Après, il y a eu le service militaire, et j’ai eu l’idée de l’effectuer avec Eric Tabarly. Il habitait près de chez moi, donc je suis allé le voir pour lui demander de servir à bord de Pen Duick VI avec lequel il préparait la Whitbread, la course autour du monde en équipage. Il a accepté et je me suis retrouvé embarqué avec lui et douze équipiers. Voilà pour mes études, je dirais que je suis rapidement rentré dans le monde professionnel par la suite !

Mon parcours professionnel : En fait, tout est lié, je dirais que j’ai un parcours global… À 17 ans, je gagnais déjà quelques régates et je faisais des petits boulots de préparateurs. Je commençais à démarcher des sponsors et puis j’ai trouvé un boulot à Nantes chez Multiplast suite à ma rencontre avec Gilles Ollier sur Pen Duick VI. On y construisait des bateaux en composite. C’était toute l’époque Jet Service, Fleury Michon, Crédit Agricole. J’apprenais sur le tas et je naviguais comme équipier. Je bossais avec Hubert Desjoyeaux et Gaëtan Gouerou. J’adorais la construction des bateaux. En fait, je crois que j’aime autant le boulot de construction et de préparation, que la navigation en elle-même. Les deux sont passionnants. J’avais 24 ans, et avec mes deux potes, on a décidé de créer CDK à Port-La-Forêt. Hubert était orienté ingénierie, Gaëtan était plutôt dans la gestion et moi, j’étais coureur. Nous étions complémentaires. On s’est installés là où nous habitions.

À partir de quand et pourquoi la course au large est devenu un projet de vie ? Je crois que le déclic c’est sur la Baule-Dakar en 1980, ma première longue compétition au large. C’était un voyage, une aventure et une régate. Après, il y a eu le record de l’Atlantique sur Jet Service II avec Patrick Morvan, puis ça ne s’est pas arrêté. C’était la grande époque des multicoques de course, des Formule 40 notamment. Et puis bien sûr la Solitaire du Figaro que j’ai courue quand même 16 fois avec trois victoires… J’aimais bien, on partait à l’époque jusqu’en Irlande, en Espagne, il y avait des milles à courir. Je ne me suis jamais trop posé de questions quant à mon avenir, il fallait saisir les occasions de partir en course, je ne me disais pas « Plus tard, je ferais telle ou telle chose ». C’est sûr, c’est un peu différent maintenant. Le Vendée Globe, c’est mon truc. J’aime être au chantier avec ma petite équipe, on échange, l’ambiance est sympa et dans la confiance. On n’arrête pas d’échanger. J’aime cette préparation du bateau, trouver des solutions d’amélioration. Un bateau, c’est comme un couple, tu le fais évoluer, tu cherches toujours à l’améliorer ! »

Un résultat, ou une expérience, dont vous êtes le plus fier ? Mon dernier Vendée Globe parce qu’il y a eu une incroyable énergie avant le départ avec « Yes we cam » et la course fut incroyable. On s’est régalé de bout en bout avec Yann (Eliès) et Jean-Pierre (Dick).

 

DU TAC AU TAC

Votre qualité principale dans la vie : Je suis naturel, vrai

Votre principal défaut : Perfectionniste

Si vous étiez un animal : Un oiseau

Un végétal : Un chêne, j’ai de bonnes racines !

Un film : Un dîner de con, ça me fait vraiment marrer.

Une couleur : Dans les tons méditerranéens, un peu ocre, comme le brun momie

Musique : Barbara, L’aigle noir

Votre héros : Coluche

Votre rêve de bonheur : Que tous les gens qui m’entourent aillent bien

Si vous n’aviez pas été coureur au large : Jardinier

 

MON VENDÉE GLOBE 2020

Vos ambitions sur le Vendée Globe 2020 : Faire le mieux possible dans la catégorie des bateaux à dérives

Votre arme fatale : La préparation de mon bateau

Que serait un Vendée Globe réussi pour vous : Partager ma bonne humeur et prendre du plaisir

Les images fortes du Vendée Globe : Quand tu coupes la ligne d’arrivée. Après avoir serré les fesses dans l’Indien et le Pacifique, c’est vrai que franchir la ligne d’arrivée reste un moment de pur bonheur !

En trois mots, le Vendée Globe pour vous, c’est : Course, aventure et histoires humaines.

Le skipper qui vous inspire le plus : Thomas Ruyant, je l’aime bien, il est simple et naturel.

Vous ne partiriez pas sans : Gasoil, du point de vue de la sécurité, l’énergie à bord est vitale.

Quelle action portez-vous sur ce Vendée Globe : Nous sommes des marchands de rêve….

 

 

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