28 Octobre 2020 - 09h54 • 4726 vues

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Une mine réjouie, des étoiles plein les yeux… Le skipper de L’Occitane en Provence, dont ce sera le premier Vendée Globe, profite de chaque instant de cette période d'avant départ, même si la vigilance est de mise à chaque instant. Déjà, Armel se projette dans sa course qu’il imagine rythmée et engagée.

Comment vis-tu cette période de pré-départ ?

" C’est assez stressant. On a une épée de Damoclès au-dessus de la tête, on doit être très vigilant avec les gens qu’on croise, sur nos gestes… Ça demande d’être le plus isolé possible, mais nous avons encore pas mal de choses à faire sur le bateau. Il faut être présent, tout en faisant gaffe. Toute l’équipe a été testée, briefée, et tout le monde joue le jeu.

Tu profites quand même de l’ambiance, des gens qui viennent voir les bateaux ? Est-ce que tu ressens quand même une certaine excitation ?

Il y a moins d’intensité dans la fête. Les équipes sont chacune sur leur bateau, personne ne se croise le soir. La fête n’est pas la même, mais il y a quand même du public. Les gens ont répondu présent. C’est quand même dingue de pouvoir se retrouver au départ du Vendée Globe. C’est ce qui prime.

Quand vas-tu te confiner et où ?

Je vais me confiner en fin de semaine aux Sables-d’Olonne. Je ne serai pas loin du bateau, je continuerai de téléphoner à l’équipe. Prendre la main sur l’ordi aussi pour pouvoir continuer à travailler la météo. Mais c’est vrai que ça va être un peu bizarre.

Où en es-tu de ton avitaillement, du matériel de rechange ?

C’est presque terminé, il restera juste le frais les derniers jours. Au niveau du matériel de « spare », tout est presque finalisé aussi. On a encore deux jours de travail sur le bateau et après on va faire le chargement en configuration Vendée Globe !

Combien de jours de nourriture embarques-tu ? Quel est ton péché mignon ?

J’embarque 75 jours de nourriture et mon péché mignon, c’est le chocolat, j’ai deux tablettes par semaine.

Combien de milles as-tu fait avec ton bateau ?

7 000 milles. Ça fait deux transats en fait. C’est un peu ce que l’on avait imaginé au début sur le programme de la saison. J’ai navigué dans des conditions assez variées, j’ai pu pousser le bateau, c’était ce que je souhaitais. Maintenant, l’inconnu, c’est la durée. Ce sera aussi à moi d’en tenir compte dans ma manière de naviguer.

Quels sont les points forts de ton bateau par rapport à un APIVIA ou un Charal ?

Je ne connais pas exactement leurs points forts, mais on a fait le choix d’un « scow ». C’est un bateau avec une étrave très volumineuse qui favorise le passage dans la mer. On sait que le bateau se comporte mieux, il est moins stressant et plus confortable pour le skipper, ce qui est pas mal ! Et pour le matériel aussi, il y a moins d’arrêts brutaux, moins de freins.  On a aussi fait le choix de foils différents, excentrés, que l’on peut aussi complètement rentrer. Je pense que dans du gros temps, c’est pas mal de pouvoir lever le pied. Quand je discute avec les gars de chez Banque Populaire, ils me disent que sur le dernier Vendée Globe, le bateau partait parfois en « survitesse » alors qu’il avait des petits foils. Je pense qu’on a fait le bon choix.

Comment penses-tu gérer la solitude ?

Je me suis dit que ça allait durer 70 jours, mais les 10 derniers jours, tu es sur la remontée. Tu passes le Horn, il ne te reste plus que 10/15 jours, donc finalement, ça va assez vite ! Si tu découpes le parcours par tronçons, c’est le pot au noir en sept jours, l’Indien en 10, etc... Finalement, je pense que ça va être rythmé et pas si long que ça. C’est l’idée que je m’en fais.

Comment vas-tu aborder le début de course, tu as déjà ta stratégie bien en tête ?

Oui bien sûr, c’est une question que je me pose depuis longtemps, qui a évolué. J’ai une stratégie oui, mais je ne peux pas la dévoiler maintenant !

Dors-tu bien ?

Oui, très bien ! J’ai demandé à mon sponsor quel était son secret en tant qu’homme d’affaires. Il m'a dit que, pour lui le secret, c’est de bien dormir. Je fais des nuits entre 8 et 9 heures, plus des siestes l’après-midi. J’ai pas mal travaillé sur le sommeil, et aujourd’hui on sait que partir avec des batteries pleines, voire plus, ça permet de pouvoir tirer un peu sur la machine et d’en avoir un peu sous le pied.

Tu as l’air très serein. As-tu travaillé sur l’aspect mental ?

Oui, beaucoup. C’est un point essentiel dans la compétition. Ça fait plusieurs années que c’est un domaine qui m’intéresse. C’est beaucoup axé sur la respiration, ça devrait être enseigné à l’école ! La respiration ventrale permet vraiment de s’apaiser. C’est très efficace pour qui sait l’utiliser. J’en use beaucoup !

Embarques-tu des produits L’Occitane en Provence ?

Oui, le bateau est truffé de produits L’Occitane ! J’utilise principalement la crème pour les mains au beurre de karité qui est le produit phare de la marque. J’ai le gel douche, quelques petits produits comme ça.

Si tu avais une baguette magique pour exaucer un vœu là, maintenant ?
Avoir beaucoup de public et que le Covid soit derrière nous ".

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