31 Octobre 2020 - 08h53 • 3552 vues

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Un skipper heureux, prêt et surtout impatient de prendre le départ de son premier Vendée Globe. Tel est l’état d’esprit de Maxime Sorel, skipper de V and B - Mayenne, qui embarque sur l’ancien IMOCA de Thomas Ruyant (Vendée Globe 2016), modifié et parfaitement préparé, et dont les voiles décorées d’un superbe dragon vont porter autour du globe le soutien à l’association Vaincre la Mucoviscidose.

Comment te sens-tu ?

" Ce n’est pas forcément tout à fait comme je l’imaginais, mais c’est mon premier Vendée Globe, la première fois que j’amarre mon bateau à Port Olona pour prendre le départ. Je n’avais pas non plus beaucoup d’attentes. Il y a quand même eu un vrai village, c’était chouette. C’est top d’avoir des organisateurs qui ont poussé à réaliser cet événement. Malgré tout, les flux ont été super bien gérés, on a réussi à passer un peu de temps avec les gens et à plus parler. C’est un peu stressant à cause de la Covid, forcément. Finalement, j’aime bien quand c’est comme ça, avec un peu moins de monde.

Comment vas-tu te confiner ?

Le bateau sera désinfecté, puis on va le fermer. Je serai en confinement « quasi strict ». J’ai demandé une dérogation à l’organisation pour pouvoir venir avant l’ouverture du village car j’ai encore des choses à faire. On est une petite équipe, et on a notamment des tests satellites à faire car les forfaits ne démarrent que le 1er novembre. Il faut donc que je revienne. Le reste du temps, je serai confiné dans un appartement avec vue sur le chenal. On va essayer de se mettre dans la course, de se reposer. Je pense que ça ne va pas être simple quand même. Un membre de l’équipe  a pris deux jours, cette semaine, apporter le jeu Formula One : on va pouvoir faire toute la saison des Grands Prix de F1 en une semaine !

Qu’est-ce que tu redoutes le plus ? La solitude te préoccupe ?

Je gère mieux l’isolement en solitaire qu’en double, par exemple sur une Transat Jacques Vabre. Je ne crois pas que ce soit vraiment un souci pour moi, mais je ne peux pas vraiment répondre à la question : c’est mon premier Vendée Globe. Je ne suis jamais resté plus de 21 jours seul en mer, soit un peu plus qu’un quart de mon Vendée Globe. Ce que je redoute le plus, c’est la casse mécanique. On a mis tellement d’énergie dans ce projet avec l’équipe, j’ai envie d’arriver au bout de ce tour du monde, de l’offrir à mes partenaires, à mon équipe et à moi !

Dans ton bateau, tout est prêt ? Le « spare », l’avitaillement ?

Le bateau est prêt, on est arrivé à Port Olona quasi prêt. En moins de 24 heures, on pouvait larguer les amarres. Tout était embarqué, on a fait le convoyage avec les vivres. On a embarqué pour 90 jours de mer, on affinera sur la dernière semaine, et puis les produits frais vont commencer à être mis à bord tranquillement. J’ai la chance d’avoir un partenaire fromager qui va me préparer mes petits fromages à pâte dure, mon saucisson et ma viande séchée sous vide !

Quels sont tes péchés mignons au niveau de ta nourriture embarquée ?

La mousse au chocolat ! Il ne faudra pas le dire à ma nutritionniste (rires). Mes plats préférés en mer sont les plats sous vide, même si c'est plus lourd que le lyophilisé… Mon préféré, c’est le chili con carne. Et si je pouvais embarquer des pizzas…

Est-ce que tu dors bien ?

Le soir, je m’endors super bien, je ne me réveille pas du tout la nuit. Le matin, en ce moment, je fais du sport, je vais courir. C’est génial parce qu’on peut courir le long du chenal. J’arrive au bout, au niveau du phare, je me prends un gros bol d’oxygène et je me dis que ce n’est pas encore pour tout de suite. Tous les jours, je vois le compteur défiler et je me dis « Je vais bientôt partir pour un tour du monde ». C’est un truc de dingue ! Je dors bien, mais le stress monte tranquillement.

Si tu avais une baguette magique ?

J’arrêterais la pluie… Non, franchement, je ne crois pas avoir de la chance dans la vie globalement, tout ce que j’ai, je le crée. Je n’ai pas envie d’avoir de baguette magique, en fait. Je prends tellement de plaisir dans ce que je fais et, souvent, je trime pour y arriver. Je n’ai pas envie que ça se passe autrement. C’est sûr que si je pouvais avoir un bateau neuf, j’aimerais bien, mais pas tout de suite. Je suis content d’avoir le bateau que j’ai, d’avoir l’équipe que j’ai, les partenaires que j’ai. La baguette magique non… mais je veux bien juste la garder, au cas où ! "

 

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