20 Novembre 2020 - 18h28 • 40915 vues

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Pendant que la tête de course en envoie le long du Brésil, une partie de la flotte en use dans les coups de frein du Pot au Noir. D’autres, aux ambitions contrariées, en remettent et remontent la flotte. Ce vendredi est bel et bien marqué par des histoires de gomme !

J+12 : De Salvador de Bahia à Gibraltar

Le mano a mano… a mano se poursuit entre Alex Thomson (HUGO BOSS), toujours leader au classement, Thomas Ruyant (LinkedOut) et Charlie Dalin (Apivia). Désormais, après douze jours pleins de course, le trio est sous la latitude de Salvador de Bahia, où Charlie Dalin s’est imposé il y a pile un an avec Yann Eliès lors de la Transat Jacques Vabre.

A 50 milles environ du leader, légèrement en retrait d’Alex Thomson, décalé de 60 milles dans son Ouest, et de Thomas Ruyant, 40 milles dans son Est, le Havrais semble préserver une position d’attente. Entre HUGO BOSS et LinkedOut perdure un écart de 12,9 milles (au classement de 18h00), dont la portée est à pondérer puisque les classements sont établis sur un waypoint glissant, outil utilisé par la direction de course pour permettre une lecture la plus juste possible du contournement de l’anticyclone de Sainte-Hélène (les explications ici).

Les trois ont creusé l’écart, puisque Jean le Cam (Yes We Cam!) émarge à 240,7 milles, au classement de 18 heures. Longtemps leader de ce Vendée Globe, le premier de cordée des IMOCA à "dérives droites" est l’homme le plus à l’Est du Top 10, mais il a vu débouler dans son Ouest, Louis Burton qui, aux allures portantes, exploite le plein potentiel de son Bureau Vallée 2, le bateau sur lequel Armel Le Cléac’h s’est imposé il y a quatre ans (252,9 milles de retard sur le leader) et, Kevin Escoffier (PRB), pointé à 261,9 milles.

18 sous l’équateur

A 15h53 ce jour, Alan Roura (La Fabrique) a mis « la tête à l’envers » à son tour, avec 2j 01h 33 min de retard sur Alex Thomson. Dix-huit monocoques IMOCA ont donc rejoint l’hémisphère Sud à ce jour. Le prochain à passer devrait être Stéphane le Diraison une fois qu’il aura arraché Time for Oceans d’un pot au noir si clément avec la tête de la course qu’il se croit obligé de sanctionner les poursuivants. Didac Costa (One Planet One Ocean), Arnaud Boissières (La Mie Câline – Artisans Artipôle), Pip Hare (Medallia) et Manu Cousin (Groupe Sétin) étaient sur le point de s’engluer dans les conséquences de la zone de convergence intertropicale, dont la zone de dévents s’étire en latitude à mesure que passent les heures (plus ou moins 200 milles en ce vendredi après-midi au point de passage théorique de ces bateaux).

Ils remettent de la gomme
Patiemment, Sébastien Simon (ARKEA PAPREC) a construit sur plein retour aux affaires. Le skipper vendéen a amorcé sa remontée depuis dimanche 18h00, et ce classement qui le laissait en 15e position. Depuis, en retrouvant sans doute des angles au vent plus favorables à son foiler, et en jouant un coup parfait pour traverser le pot au noir, le trentenaire a mis dans son dos les IMOCA à "dérives droites" de Benjamin Dutreux (OMIA-Water Family) et Damien Seguin (Groupe Apicil). Le voici désormais lancé à la poursuite de Sam Davies (Initiatives-Cœur),  Yannick Bestaven (Maître CoQ IV) et Boris Herrmann (Seaexplorer – Yacht Club de Monaco) qu’il défie par l’Ouest.

L’Occitane en Provence n’est pas encore tout à fait à sa place, après les successions de montées dans le mât d’Armel Tripon, mais le navire noir et or a retrouvé le sens du jeu. A 250 milles dans son Sud, le groupe qui aborde le pot au noir représente une bonne première cible. Le jackpot n’est pas encore digne d’un Black Friday, parce qu’on a connu des promos sur les alizés plus toniques dans l’Ouest de l’Afrique, mais L’Occitane en Provence a repris sa marche en avant… ou plutôt vers l’Ouest, histoire sans doute d’éviter de prendre le pot au noir à son endroit le plus large…

Au-dessus de lui, à quelque 180 milles, Fabrice Amedeo (Newrest – Art et Fenêtres) vient de rejoindre le dernier gruppetto. Une bonne chose de faite pour le skipper parisien qui avait dû rebrousser chemin en début de Vendée Globe pour faire effectuer des réparations dans son gréement, avant de repartir le 11 novembre en début de soirée. Enfin, au Nord de l’archipel du Cap-Vert, Kojiro Shiraishi (DMG MORI Global One) remontait méticuleusement en place sa grand-voile, avec moult précautions et vérifications. Le skipper japonais devrait retrouver de la vitesse dans la soirée.

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