21 Novembre 2020 - 13h33 • 8720 vues

Partager

Article

Les marins ont quitté la terre et vont passer entre 70 et 120 jours en mer. Chaque année, les océans sont leur terrain de jeu et d’expression. Compte tenu du nombre de jours passés sur l’eau, ils sont de véritables témoins de l’impact du réchauffement climatique sur les océans. Tout au long de ce tour du monde, ils vont traverser des zones peu fréquentées et difficiles d’accès par des navires scientifiques. 

Conscients de l’urgence de préserver les mers, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir aider les scientifiques via la collecte de données relatives à l’océan et à l’atmosphère. Toutes les données récoltées permettent aux scientifiques de compléter leurs connaissances de l'océan et d’établir des modèles de prévision plus précis afin de mieux anticiper les évolutions climatiques dans les années à venir. Cette contribution, possible grâce au partenariat entre la Commission Océanographique Intergouvernementale de l’Unesco, OceanOPS et la Classe IMOCA, se fait grâce à différents instruments scientifiques embarqués et/ou à leur déploiement tout au long du parcours. 

Trois IMOCA de la flotte (TSE-4myplanet, Newrest - Art & Fenêtres, Seaexplorer - Yacht Club de Monaco) sont équipés de capteurs océanographiques. Des capteurs, capables de mesurer la salinité et la température en surface des régions traversées, marqueurs indispensables pour comprendre l’évolution du climat. Ils peuvent également mesurer la teneur en CO2 des océans, une mesure essentielle pour évaluer la perturbation des écosystèmes marins due à l’acidification de l’eau. Chaque jour, toutes ces données sont envoyées puis validées par la COI/UNESCO, l’IFREMER, GEOMAR, OceanOPS et le Max Planck Institute, avant d’être mises à disposition de la communauté scientifique internationale en « open data ». “ Nous sommes une source légitime d’informations. Nous allons devenir des navigateurs pour la science ! Cela fait dix ans que je suis engagée pour la protection de la planète et plus particulièrement pour les océans avec mon projet 4myplanet. Je récolte des données sur l’eau à chacune de mes courses pour aider ainsi l’observation des océans ” confiait Alexia Barrier lors de sa descente de l’Atlantique il y a quelques jours.

Sept skippers ont choisi d’embarquer sur ce Vendée Globe des bouées opérées par Météo France. Trois des sept marins ont déjà largué leurs bouées. C’est le cas de Manuel Cousin (Groupe Sétin), qui l’a mise à l’eau après avoir passé l’archipel des Açores, « Je suis heureux de soutenir la COI de l’UNESCO en déployant une bouée Météo France sur le Vendée Globe. En tant que skipper, je suis très sensible à la protection de l’environnement et plus particulièrement des océans. Les initiatives de la Classe IMOCA en matière de développement durable permettent de s’approprier des actions ciblées et de devenir un réel ambassadeur du programme. » disait-il. Maxime Sorel (V and B - Mayenne) et Romain Attanasio (PURE-Best Western) ont eux aussi, non sans mal, lancé leur bouée par-dessus bord avant de dépasser l’équateur.

Ces bouées sont fort utiles puisqu’elles permettent de compléter les données satellitaires en mesurant la température de la mer en surface, la pression atmosphérique, ainsi que le courant de surface. Elles envoient ces données extrêmement précises au réseau de données international de l'Organisation Météorologique Mondiale permettant ainsi aux prévisionnistes et aux scientifiques du monde entier d'accéder aux informations gratuitement. 

 

 

 

 

© /DR

D’autres navigateurs ont choisi d’enrichir le réseau de balises Argo France. Hautes de 1 mètre 70 pour 20 kg, ces balises récoltent des données sur la température de l’eau et la salinité puis les envoient aux scientifiques via un réseau satellitaire, en remontant à la surface tous les dix jours. Louis Burton (Bureau Vallée 2) a embarqué une de ces balises qu’il a déployé à la latitude 12° Nord. “ Bureau Vallée a voulu participer à cette action. Je suis très fier de pouvoir aider pour l’observation de la planète. » 

 

 

 

D’autres initiatives scientifiques sont soutenues par les skippers de la Classe IMOCA comme Plankton Planet grâce à Sam Davies (Initiatives Coeur) ou encore des mesures de micro-plastiques faites par Fabrice Amedeo (Newrest-Art & Fenêtres) qui s’annoncent prometteuses.

 

La rédaction du Vendée Globe / M. Launay

VENDEE LIVE : rendez-vous tous les jours à 12h30 (en français) et 13h30 (en anglais) - VENDEE FLASH : rendez-vous tous les jours à 18h15 (en français) et 18h30 (en anglais)