22 Novembre 2020 - 06h40 • 25217 vues

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Humeurs contrariées pour Isabelle Joschke, ce dimanche matin à la vacation. Certes, la navigatrice de MACSF éprouve du plaisir à jouer des foils sans que le bateau ne tape, mais la compétitrice est agacée et la lourde avarie au balcon arrière la prive de la sensation de sécurité.

« Je me suis remise de mes émotions de la nuit dernière. Je me suis bien reposée cette nuit, les conditions de navigation sont très clémentes, ça aide à relativiser et à se sentir bien en mer. C'est assez cool ce matin : les conditions sont bien pour mon foiler. Du vent de travers, medium et pas de mer : depuis 24 heures, le bateau tape très peu. Ça secoue bien quand même : il est impossible d'écrire, mais ça ne tape pas. Ce rythme va se prolonger, ce qui n'est pas plus mal : ça me permet d'avancer. Je ne suis pas au max de ma vitesse, mais ça va assez vite, et ça me permet de recharger les batteries. 

J'ai un dossier technique sur le feu, que je ne peux pas traiter tant que le bateau avancera en bâbord amures, parce que la zone à travailler est sous les embruns. Il faudra soit que ça se calme, soit que ça ralentisse pour que je fasse mes réparations. Je parle essentiellement de mon balcon, à reprendre et de la poulie de gennaker à remettre en place correctement, de façon sécurisée. J'ai aussi plein d’autres petites avaries embêtantes.

Refaire le balcon, techniquement, c'est du costaud. Les attaches de pont sont arrachées, les accroches sont dans le fond et le but du jeu est de reconstituer un balcon et de le solidariser avec le pont. J’échange beaucoup avec l’équipe à terre pour trouver des solutions simples et solides. Les gars connaissent les zones qu’ils ont renforcées. Si je décidais toute seule, je pourrais faire des choix plus hasardeux.

Le balcon, c'est une question de sécurité et symboliquement, j'ai pris un coup au moral parce que ce n'est pas la première avarie depuis le début de course. J'ai dû arrêter le bateau plusieurs fois, ce qui est hyper pénible pour une compétitrice. Mais le balcon, c'est aussi ce qui attache au bateau. Sans lui, ce n'est plus la même chose, et j’ai besoin de me sentir en sécurité avant d’attaquer les mers du Sud. Pour l’heure, dès que je vais à l’arrière, pour prendre un seau d'eau de mer ou n’importe, je m’attache, alors que ce n’est habituellement pas nécessaire.

Est-ce qu’il y a des choses positives ? Plein, mais je vis les choses à fond et là, je traverse une phase de frustration, d’agacement et je n’ai pas envie de jouer le jeu de la fille qui dit que tout va bien alors que ce n’est pas toujours drôle. Sportivement, je suis déçue et je dois reconstruire ma course. Je n’ai pas envie de me voiler la face ».

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