27 Novembre 2020 - 08h10 • 20890 vues

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Le benjamin de ce neuvième Vendée Globe a enfin touché du vent stable. Alan Roura (La Fabrique) pense profiter de cette « pause » pour faire le plein d’énergie avant que la première dépression australe ne bouleverse les habitudes…

 

« Il commence à faire plus frais : c’est petite polaire et couette la nuit car le froid arrive gentiment ! Enfin, c’est un sac de couchage bien dense pour les zones fraîches qui a fait le dernier Vendée Globe avec moi… Parce que je sais que dans le Sud, on a besoin de se réchauffer un peu.
J’ai enfin commencé à obliquer vers la gauche : j’espère pleine balle jusqu’à Bonne-Espérance parce qu’il y a quelques jours encore, on faisait plutôt route vers le cap Horn ! C’était un peu dur pour le moral, mais maintenant, ça fait du bien de piquer sur l’Afrique du Sud, de faire des milles dans le bon sens. Ces derniers jours, ce n’était pas facile avec des grains et des routes peu productives : c’est positif de repartir vers le Sud-Ouest et de reprendre un peu de vitesse avec des angles plus rapides.
Maintenant, il va falloir maintenir la cadence parce que devant, ils ont relancé leurs machines. Mais je suis assez content de ma nuit parce que j’ai réussi à recoller à Romain (Attanasio) et Clarisse (Crémer). Le changement de tempo est sensible même si ce n’est pas encore le paradis : on a une quinzaine de nœuds de vent avec un angle assez abattu, mais enfin la mer est plate et il n’y a pas de grains. On peut se reposer un peu et se refaire une santé parce qu’on en a bien bavé le long du Brésil !
Car samedi après-midi, on va rentrer un peu plus dans le vif du sujet : ça devrait avancer assez vite dans des conditions un peu plus intenses. On va d’abord se prendre le Nord d’une dépression pour commencer en beauté, et après on va enchaîner assez vite jusqu’à Bonne-Espérance avec du vent soutenu !
Il y a quatre ans, j’y suis allé en mode « aventure » et ce n’était pas le même bateau. Ce n’était pas non plus le même esprit parce que cette fois, j’y vais avec plus de volonté de tirer sur le bateau. Et j’appréhende le Sud comme si c’était la première fois : il faut s’accrocher ! Mais j’adore : il fait jour pendant des heures et des heures, avec des couleurs absolument magnifiques, de longues houles qui poussent le bateau dans des surfs interminables, des tempêtes : c’est un ensemble que j’aime énormément. »

Alan Roura / Le Fabrique