18 Janvier 2021 - 06h55 • 24544 vues

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Après bien des incertitudes, c’est le Malouin qui semble en avoir fini le premier avec le pot au noir : Louis Burton déboule désormais à plus de dix-sept nœuds dans des alizés de Nord-Est qui semblent plutôt bien établis. Et derrière, le pack se disperse car il a bien du mal à s’extirper de la ZCIT qui apparaît bien plus étendue et collante que prévue…

À terre comme en mer, il est bien difficile de déterminer qui est sorti du pot au noir et par où il a trouvé la sortie ! Certes, c’est en se décalant vers l’Ouest que le skipper de Bureau Vallée 2 a aperçu le premier un coin de ciel (bleu ?) entre deux masses nuageuses plutôt denses. Le Malouin d’adoption était en effet par 6°30 Nord ce lundi à 5h00 (HF), alors que le leader au classement de la même heure, Charlie Dalin (Apivia) peinait encore dans une brise volage sur le 5°50 Nord…

Un pot beaucoup plus collant que prévu !

Presque un degré de latitude de différence qui montre que le pot au noir est vraiment une bande qui court de l’Afrique à l’Amérique du Sud. Et derrière, les solitaires ne sont pas sortis de « l’auberge » ! Mais il semble que plus les skippers sont proches du 34° Ouest, mieux ils arrivent à progresser vers le Nord : Boris Herrmann (SeaExplorer-Yacht Club de Monaco) et Thomas Ruyant (LinkedOut) frisent les dix nœuds quand Yannick Bestaven (Maître CoQ IV), Damien Seguin (Groupe APICIL) ou Giancarlo Pedote (Prysmian Group) tamponnent entre 2 et 7 nœuds avec des caps qui n’ont rien à voir avec une sortie de pot !  

La raison en sera peut-être donnée par les deux suivants qui ont choisi chacun une voie différente : Jean Le Cam (Yes We Cam!) peine certes sur le 34° Ouest mais il suit la voie du premier à en être sorti quand Benjamin Dutreux (OMIA-Water Family) a opté pour le 32° Ouest dans le sillage d’un trio peu véloce… Mais la situation pourrait totalement changer avec le lever du soleil d’ici quelques heures : déjà, il sera plus aisé d’observer le ciel, même si celui-ci semble fort couvert. Ensuite, les quelques risées qui frisotent furtivement le plan d’eau seront plus visibles. Enfin, les rideaux de pluie qui marquent les nuages nauséabonds pourront barrer l’horizon plus aisément…

Une compression passagère par derrière

Cet arrêt-buffet impromptu dans un pot au noir que tout le monde s’accordait à décrire comme anecdotique, transforme la face du Globe ! Car si sept solitaires sur neuf sont collés double face juste au-dessus de l’équateur, ceux qui sont en dessous ont plutôt tendance à mettre du charbon. C’est le cas de Maxime Sorel (V and B-Mayenne) qui déboule à plus de seize nœuds au large de Natal après avoir débordé le « coin » du Brésil : il a une bonne journée de vitesse pure au programme, sur une mer apaisée et dans des alizés de Sud-Est bien établis, ce qui devrait le porter à une centaine de milles seulement du tableau arrière du neuvième !

Mais le Mayennais doit aussi regarder dans son rétroviseur car Armel Tripon (L’Occitane en Provence) a mis le turbo : à près de vingt nœuds, le plan Manuard revient très fort mais probablement pas suffisamment pour remonter encore d’une place, à moins que le pot au noir soit particulièrement défavorable à son prédécesseur… Quant à Clarisse Crémer (Banque Populaire X), les alizés de l’anticyclone de Sainte-Hélène lui permettent désormais d’allonger la foulée sans se préoccuper des terres du Brésil et du trafic maritime, tout comme Romain Attanasio (Pure-Best Western).

Du brassage sous les Trentièmes…

Enfin, Jérémie Beyou (Charal) semble connaître des problèmes électriques alors qu’il navigue contre un flux puissant de secteur Nord, tout comme Arnaud Boissières et Alan Roura, mais le trio est déjà du bon côté du front froid permanent qui a créé tant de soucis à Yannick Bestaven il y a une semaine ! Logiquement, ils vont pouvoir se recaler vers l’Est et après quelques bords contre le vent, accrocher les alizés d’Est qui leur permettront d’atteindre le tropique du Capricorne, puis l’équateur plus facilement.

Mais cela semble plus difficile pour Pip Hare (Medallia) qui est encore du « mauvais côté » de cette barrière météorologique et qui pourrait avoir du mal à la traverser car des bulles anticycloniques se forment, ce qui n’est pas non plus pour réjouir le trio Le Diraison-Costa-Shiraishi. Enfin Manu Cousin (Groupe Sétin) commençait à redécoller des Malouines après y être resté un certain temps au point de découvrir ces terres basses, les premières depuis le cap Finisterre espagnol… Quant à Sébastien Destremau (merci), il est arrivé à 4h40 (heure française) dans le port de Christchurch où il s’est amarré et où il a été testé avant de pouvoir procéder aux opérations de la douane néo-zélandaise.