24 Janvier 2021 - 15h08 • 18886 vues

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En tête de flotte à 15 h ce dimanche, deux stratégies se distinguent pour bénéficier au mieux d’un flux de Sud-Ouest. L’une vers l’Est (Louis Burton-Charlie Dalin-Boris Herrmann), l’autre vers le Nord dans le sillage de Yannick Bestaven et de Damien Seguin. Et impossible pour l’instant de savoir qui en tirera un avantage décisif ! Loin du ‘rush final’, Romain Attanasio est englué dans le pot-au-noir, Clément Giraud et Miranda Merron organisent leur course à eux et Alexia Barrier s’apprête à passer le cap Horn. 

Un objectif, deux stratégies

Sur la route finale vers les Sables d’Olonne, le groupe de tête est en train de se disloquer. Deux stratégies se dessinent pour bénéficier au mieux des vents de Sud-Ouest engendrés par une forte dépression. La première, l’option choisie par le trio de tête Burton-Dalin-Herrmann, consiste à filer vers l’Est au maximum avant « une grosse bascule » dixit Dalin pour longer les côtes espagnoles. « Ça va me permettre de m’appuyer sur mon foil tribord et de retrouver des performances dignes de mon bateau », explique le skipper d’APIVIA, qui devrait empanner en fin de journée. De façon plus anecdotique – ou précaire – Louis Burton a repris le leadership au classement ce matin.

Derrière, certains ont opté pour une route plus longue au Nord afin de bénéficier ensuite du flux de Sud-Ouest. Yannick Bestaven (Maître CoQ IV) fut le premier à avoir ce choix-là. « Autant prendre cette option que de suivre le troupeau », a-t-il fait savoir à son équipe. « Yannick a profité de la bascule pour se positionner plus rapidement dans le flux de Sud-Ouest, constate Christian Dumard, le météorologue du Vendée Globe. Il accepte de perdre un peu de distance pour en regagner par la suite ». « S’il trouve de belles conditions, on ne pourra rien faire », confirme Boris Herrmann, invité du Vendée Live. Damien Seguin a également suivi la même option que Maître Coq IV et Thomas Ruyant, qui a également empanné en milieu de journée, lui a aussi emboité le pas. Quelle sera la stratégie la plus payante ?

Damien Seguin, capitaine courage !

Depuis plusieurs jours, le skipper de Groupe APICIL avait décidé de moins communiquer et de se focaliser davantage sur sa course. Actuel 7e, il avait réussi à contourner l’anticyclone des Açores avec une trajectoire très ‘propre’ avant de mettre le cap vers le Nord. Ce matin, malgré une connexion délicate, il appréciait sa position : « Personne n’imaginait un bateau à dérives droites à cette position ». D’autant que rien ne lui a été épargné. Le champion paralympique a ainsi confié qu’il n’avait plus certaines voiles de portant depuis… L’entrée du Pacifique ! « J’essaye de me débrouiller comme je peux. Ça fait un mois que ça dure ! » Dans le rush final, son objectif est de prendre la 6e place, devant Giancarlo Pedote. Et il est prêt à tout donner pour y parvenir.

Romain Attanasio et les affres du pot-au-noir

Certains l’ont traversé sans difficulté il y a quelques jours (Armel Tripon), d’autres y ont perdu des illusions et des courses (Jérémie Beyou à la Transat Jacques Vabre 2019). Le pot-au-noir offre tout sauf des certitudes et il a cette incroyable faculté de rendre impuissant. Que dire à un skipper qui s’emploie pour avancer et qui reste bloqué, englué dans la pétole ? La question, Romain Attanasio se la pose fortement ces dernières heures. Et pour cause : il affichait seulement 3 nœuds de moyenne dans les dernières 24 heures ! « Allez Neptune, donne-moi du vent, il est horrible ce pot-au-noir », implorait le skipper de PURE-Best Western Hotels & Resort.

Au cœur de « l’Atlantique Reaching Cup »

À bord des bateaux, ça cogite et ça ne manque pas d’idées. La meilleure illustration, c’est Clément Giraud qui l’a offerte ce matin : « avec Miranda Mirron et peut-être Manuel Cousin, on participe à une nouvelle régate. Ça s’appelle l’Atlantique Reaching Cup. Elle part des Falkland ou des Malouines et sera jusqu’au pot-au-noir. Le programme d’ici là ? C’est reaching, reaching, reaching et ça va vite ! » Hier, Compagnie du lit – Jiliti avait dû affronter des rafales à 47 nœuds et il progressait à une vingtaine de nœuds ce dimanche matin. 

La joie des ‘cap-hornières’

Le franchissement du Cap Horn se mérite, toujours, quelle que soit la position dans la flotte. Sam Davies, hors course, a connu ce bonheur-là samedi après-midi (16h17 TU) en passant à une trentaine de milles de la Terre-de-Feu. La navigatrice d’Initiatives Cœur poursuit son objectif : aller jusqu’au bout pour sauver le maximum d’enfants atteints de malformations cardiaques. Déjà 60 d’entre eux ont été sauvé grâce à l’opération qu’elle soutient. Un peu plus loin, une autre femme s’apprête à franchir le Cap Horn : Alexia Barrier. TSE – 4myplanet devrait le passer en fin de journée ce dimanche.

 

Par la rédac du Vendée Globe / Antoine Grenapin