09 Février 2021 - 11h15 • 5069 vues

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Alan Roura (La Fabrique), pressé de rejoindre les Sables d'Olonne, espère bien remporter la régate qu'il dispute actuellement avec Stéphane Le Diraison (Time for Oceans).

"Je suis toujours parti du principe que chaque Vendée Globe est différent : les conditions, l’état d’esprit… Pour moi, celui-là est à l’opposé du premier. Pour le marin, c’est un test assez dur, que ce soit mental ou physique. Dans l’ensemble, c’est rude du début à la fin. Les deux derniers jours de mer vont être encore bien difficiles, ça aura été vraiment poussif. C’est un test pour les nerfs, pour la patience. Ça fait une semaine que ça fait 3 jours qu'on est censé arriver ! 

J’aurais bien aimé finir la course tranquillement à mon rythme avec Stéphane (Le Diraison) un peu derrière. Actuellement il est devant, ça ajoute du piment, c’est quand même vachement cool. On a les mêmes bateaux, on a chacun nos problèmes. On échange, ça fait passer le temps un peu plus vite. La nuit il faut être vigilant parce qu’on est vraiment proches, on reste bien éveillés. Comme ça, on fait aussi plus attention au reste du trafic. 

Je vois son bateau, il est à 1,5 milles. D’ici une heure on devrait être côte à côte. Je trouve que c’est sympa, même si j’aurais préféré rester devant sans me faire rattraper. Il y a déjà eu Cali (Arnaud Boissières) et Jérémie (Beyou). Et Stéphane, c’est la deuxième fois qu’il me rattrape ! Mais je relativise vachement. Ça me fait plaisir, je suis fier d’arriver avec un bateau à côté de moi, peu importe le classement. C’est la fin du Vendée Globe, il est temps d'arriver.

J’aimerais bien arriver devant lui, c’est un peu l’objectif, mais il ne faut pas trop se prendre au jeu. On est deux marins avant tout, on vient du circuit Mini, on se connait bien, on navigue un peu de la même manière. Cette bataille peut nous donner envie de tirer plus sur les bateaux, mais ils sont très fatigués alors il faut la jouer intelligemment. J’aimerais finir juste devant lui comme sur la Route du Rhum, mais quoi qu’il arrive ça reste une super course ! 

En Suisse nous n'avons pas la chance d’avoir la mer, on est des marins d’eau douce ! On a toujours eu cette attirance pour le large. On est plusieurs en course au large mais sur le Vendée Globe je suis le seul. Il y a un fort engouement. Mais du coup tu as un poids supplémentaire sur les épaules, tu n’as pas envie de décevoir, alors non, dans les moments difficiles ça n’aide pas vraiment..."

Alan Roura / La Fabrique