15 Avril 2022 - 17h31 • 2149 vues

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Construire la route qui mène de l’envie originelle à la ligne de départ du Vendée Globe est une tâche presque infinie. Nous vous proposons de découvrir les bâtisseurs, ces femmes et ces hommes aux mille compétences et expertises qui œuvrent sur un projet de Vendée Globe et qui donnent vie, corps et sens au rêve des skippers. 

ÉPISODE 4 :   
Les apporteurs d’affaires qui font s’engager les entreprises       

Chercher à traverser l’océan n’éloigne pas des préoccupations terre-à-terre, pour le skipper comme pour l’éventuel partenaire. La tendance veut que de plus en plus de skippers, qui auparavant menaient eux-mêmes leur recherche de partenaires, sont enclins à confier cette mission à leur cercle restreint. Pour ne pas se disperser, certes, mais aussi pour bénéficier d’expertises qu’ils n’ont pas – et pourtant, ils savent en faire, des choses.

La lame de fond du moment est que de plus en plus d’entreprises sont en quête du skipper qui leur assurera une belle et loyale légitimité sur l’eau. Le Vendée Globe 2020-2021 a développé la notoriété de l’événement dans un moment bien particulier pour notre tissu social, et les entreprises ont été séduites par l’aventure et les personnalités attachantes qui ont porté la neuvième édition. 

Ainsi, deux offres sont émises de part et d’autre, et il faut les faire converger. Les apporteurs d’affaires sont des commerciaux qui se chargent de marier l’offre et la demande. Il y en a toujours eu, mais ces intermédiaires entrent de plus en plus souvent dans la danse. Acteurs de l’ombre, pas forcément désireux de s’épancher sur le sujet, par souci de ne pas rompre la confidentialité à laquelle ils se sont engagés auprès de leur client, ils restent une des premières clés de voûte d’un projet.         

Arnaud Baudry d’Asson, Président de l’agence OConnection, expose les raisons de la création de OLarge, l’équipe commerciale associée à l’agence de communication parisienne, et qui démarche les sponsors pour des skippers, ou qui rapproche les skippers des entreprises désireuses d’investir en sponsoring dans la voile. « Deux schémas coexistent, dit-il. Soit on démarche une entreprise parce qu’on sait qu’elle a un intérêt pour la voile, soit on y va spontanément, parce qu’on sait que ladite entreprise est en recherche d’un univers qui lui permettra de s’exprimer, avec en tête la notion d’aventure. Généralement, ces entreprises-là qui n’ont pas de lien avec la voile, contactent les organisateurs de course pour se renseigner. Nous sommes là pour favoriser la rencontre de la recherche et de l’opportunité ».

« La voile est une incroyable terre d’accueil, bien qu’elle soit un sport d’initiés »

Le Président de OConnection confirme que le Vendée Globe 2020-2021 a marqué un pas notable dans la notoriété de l’Everest des mers, qui attire de plus en plus de sociétés. « La neuvième édition a été extraordinaire, pleine d’aventures, et elle est tombée au moment parfait, alors que la crise sanitaire sévissait. Il y a eu un déclic ». Ce déclic, c’est sans doute l’arrivée de partenaires nouveaux dans la voile, et qui y trouvent le cadre propice à porter leur message : rare – et donc précieux – sport totalement mixte, la voile permet aussi à l’entreprise d’envisager son porte-drapeau selon divers critères : la capacité à performer sportivement, la personnalité, l’origine géographique. Il ne faut pas trop douter que les entreprises situées sur le littoral ont souvent un contact amorcé avec le skipper susceptible de les intéresser, de près ou de loin. Généralement, ces dernières n’ont pas besoin d’intermédiaire. Le développement du sponsoring voile passe aujourd’hui par une multiplication des origines géographiques des partenaires… et peut-être des skippers.      

Arnaud Baudry d’Asson prolonge : « La voile est une incroyable terre d’accueil, bien qu’elle soit un sport d’initiés. Si on élargit le spectre, on remarque qu’il y a un nombre impressionnant de sponsors, et qu’il y a encore de la place pour aller en chercher d’autres avec la féminisation du circuit, la nouvelle génération, et surtout la capacité de la voile à porter la tendance » RSE (responsabilité sociétale des entreprises, ndlr), qui est naturellement attribuée à la voile, même si elle peut être challengée ».

Un exemple de séduction réussie auprès d’une entreprise ? Best Western, qui est venue accompagner Romain Attanasio dès l’édition 2020-2021. Approchée conjointement par les équipes de l’agence parisienne et par un commercial indépendant, Best Western a « plongé » dans le grand bain du sponsoring pour la première fois grâce au Vendée Globe. Ce qui l’a séduite ? L’aventure, bien sûr, la beauté des images d’évasion, en phase avec l’image d’un groupe hôtelier… et puis la personnalité du skipper proposé. « Avant le premier rendez-vous, l’entreprise a déjà mené son enquête, sourit Arnaud Baudry. Romain est exigeant, sympathique et il n’hésite pas à prendre des risques, et ça constitue une personnalité. Il n’a pas craint de parler de sa peur, ce qui parle directement au public. Les gens ont besoin de se projeter et de ‘rencontrer’ de vraies valeurs humaines ».