15 Novembre 2012 - 16h18 • 2731 vues

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Cinquième jour de course pour les skippers qui voient la température remonter au fur et à mesure qu’ils descendent vers le sud.

François Gabart (FRA, Macif) :
Ça va toujours bien à bord de Macif. On est dans un vent plus qu’instable et irrégulier donc je ne vais pas fanfaronner et dire que c’est simple. Au niveau de la mer, ça commence à se ranger, on a vu bien pire mais c’est surtout le vent qui tourne dans tous les sens. Il y a 20 minutes, j’ai eu droit à un 360. Depuis le départ de la course, et je continue à le dire, que je sois en tête ou 10eme, ça ne change pas grand chose à la façon dont je gère le bateau. J’essaye de rester le plus neutre par rapport à la situation et par rapport au classement parce que je pense que ça n’a pas beaucoup d’importance. C’est super d’être en tête du Vendée Globe et je ne vais pas bouder mon plaisir mais dans ma façon de pousser ma machine, de gérer le rythme. Je fonctionnerais de la même manière que je sois premier, 10eme ou 20eme.

Bernard Stamm (SUI, Cheminées Poujoulat) :
Je n’ai pas trop le temps de souffler mais les conditions s’améliorent un peu, surtout la mer et il y a un peu de soleil, ce qui ne gâche rien. Il n’y a pas un seul endroit sec à bord donc ce serait pas mal que ça s’arrête. La soute à voiles est bien rangée mais je vais commencer à mettre un peu de désordre. On met, petit à petit, des voiles plus grandes pour finir sous spi et là j’ai besoin d’une voile que j’ai stockée en tout premier lorsque j’ai matossé donc elle est tout en dessous. J’ai vu Armel ce matin et là je ne le vois plus. Je ne sais pas s’il a changé de voile, s’il a reculé mais là, je l’ai perdu de vue.

Armel Le Cléac’h (FRA, Banque Populaire) :
Il fait beau. Le ciel se dégage au fur et à mesure qu’on descend dans le sud, les grains se font plus rares même s’il y a encore eu des bons grains ce matin. Et puis j’ai un petit camarade de jeu, Bernard Stamm. On navigue ensemble depuis ce matin. Il s’est rapproché de Banque Populaire et je vois la cheminée qui fume donc tout va bien. Je n’ai pas encore vu de poissons volants. J’ai pas de citron vert pour aller avec mais j’ai de la très bonne huile d’olive. La température de l’eau augmente doucement, là j’ai 24 degrés donc largement de quoi me baigner. J’ai bien dormi ce matin parce qu’hier c’était quand même assez chaotique. J’ai été un peu conservateur, j’ai attendu avant d’envoyer de la toile. Mais le principal est que le matériel va bien à bord de Banque Populaire. La route est encore longue devant nous.

Tanguy de Lamotte (FRA, Initiatives-Cœur) :
J’ai eu une nuit assez mouvementée avec des grains jusqu’à 35 nœuds et pas mal de changements de voile. Ça a été intense mais là j’en profite pour me reposer un peu dans l’après-midi. Avec le bateau qui bouge beaucoup, il faut être prudent et rester accroché. J’essaye ne pas me mettre dans le rouge, de rester dans mon rythme parce que ces bateaux sont quand même bien fatigants. J’essaye de me préserver mais la dernière nuit a été difficile, je n’avais pas assez anticipé. La nourriture et le sommeil sont très importants. Là il commence à faire beau donc ça va me permettre de me reposer un petit peu et de manger.

Vincent Riou (FRA, PRB) :
C’est encore une alternance de nuages. De temps en temps, il y a quelques petites éclaircies. On ne va pas se plaindre parce que comparé à hier, c’est nettement plus calme mais il y a de l’action. Depuis qu’on a passé le front il y a 36 heures, on a un grain avec un vent très variable du coup ça met un peu de speed. Ça devrait se calmer et on devrait bientôt pouvoir reprendre vie sur nos bateaux. On s’est fait secouer dans un shaker pendant 24 heures, ce n’était pas super agréable. On a eu 40 nœuds au plus fort, sur la journée d’hier ça a varié entre 20 et 40. C’était une journée sportive. La mer a été difficile, bizarre, elle était de travers et on se faisait balader. J’ai eu de la peine à passer la dorsale avant le front. Là où je pensais trouver des conditions favorables j’ai trouvé des conditions pas bonnes du tout. Il faudra compter les points dans deux jours. L’option que j’ai choisie ne sera certainement pas payante mais ce ne sera pas dramatique non plus.

Alessandro Di Benedetto (FRA/ITA, Team Plastique) :
Je suis en train de soigner mon rhume qui a commencé juste avant mon départ. Je prends des antibiotiques, je reprends des forces petit à petit. On rentre vraiment dans la course, on se retrouve tout seul à naviguer et on prend la mesure de cette fantastique aventure. Ces bateaux sont des F1 des mers. Le mien n’est pas un des plus récents mais c’est un vrai plaisir de naviguer avec. C’est assez physique, chaque voile, chaque manœuvre, représente beaucoup d’efforts car ce sont des dizaines de kilos à manipuler à chaque fois. Ce sont des machines qui sont très sympas à manœuvrer.

Jérémie Beyou (FRA, Maître CoQ) :
C’est quand même assez dur parce qu’on a eu des vents très forts. Il ne faut pas tout péter donc on va essayer de ménager la chèvre et le chou. J’ai surtout essayé de ménager ma trinquette et du coup je suis sous ORC. Il y a une belle bagarre avec Alex (ndlr : Thomson) mais ce sont des conditions qu’il aime bien. L’idée est de sortir rapidement de cette dépression mais de garder une cadence proche de celle d’Alex. Je commence à faire un petit tour du bateau, au fond, voir si tout va bien. J’ai vu Hugo Boss une fois cette nuit et puis hier ou avant-hier, je ne sais plus. Et on s’est parlé aussi quand on était dans la pétole, il était furieux que je lui sois remonté dessus comme ça. C’est les années de régate en Méditerranée ça, il faudra lui expliquer pus tard. J’essaye d’éponger donc ce n’est pas trop humide. Tout est à peu près propre sur Maître CoQ. J’ai deux-trois bricoles à faire sur le pont, je m’en occuperai quand je serai plus peinard, à partir de ce soir j’espère.

Alex Thomson (GB, Hugo Boss) :
J’ai réussi à dormir un peu et le rhume que j’ai depuis le départ de la course est en train de disparaître. Je ne me compare pas spécialement aux autre bateaux. Les fortunes de mer, ça arrive, ça fait partie de la course mais il faut bien reconnaître que ça rend les choses beaucoup plus stressantes.