04 Décembre 2012 - 20h36 • 2256 vues

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Ils sont maintenant huit à s’être acquitté de leur devoir vis à vis de la porte des Aiguilles. Place maintenant au remue-méninges pour tenter de trouver la meilleure solution pour aller au plus vite et au plus sûr vers la porte de Crozet. Et l’équation n’est pas si simple.

A la latitude 39°S, un nouvel avatar de l’anticyclone de Sainte-Hélène est en train de prendre ses aises aux abords même de la porte de Crozet. Du même coup, l’équation est relativement simple : viser la partie ouest de la porte en coupant au plus court tant que le vent est à peu près établi entre les deux portes, permettrait dès le passage de la porte de plonger au sud pour éviter les calmes de l’anticyclone. Autre stratégie : accepter de contourner les hautes pressions par le sud pour aller viser l’extrémité orientale de la porte. Mais dans un cas comme dans l’autre, une route qui demanderait un détour par le sud signifie que l’on se rapproche significativement des amas d’icebergs détectés, avec une forte concentration entre les îles Heard et Crozet. SI les tabulaires de grande taille sont facilement détectables par les radars, les growlers sont particulièrement craints des navigateurs. Qu’on imagine, un bloc de glace qui émergerait de cinquante centimètres seulement, compte une partie immergée d’un peu moins de huit fois la hauteur visible du bloc. Ainsi donc ce bloc pèserait environ quatre tonne par mètre carré de surface. Un bloc de trois mètres carrés pèse donc déjà 12 tonnes. Autant dire qu’un monocoque lancé à pleine vitesse contre une telle masse risque gros.

On a bien essayé des techniques comme la mesure de température de l’eau ou l’embarquement de sonars miniature, mais aucune d’entre elles n’a donné satisfaction jusque là. Alors, plutôt que de jouer à la roulette russe, il ne serait pas étonnant de voir certains des navigateurs accepter de perdre des heures par rapport à la route idéale. Il reste encore l’Indien et le Pacifique à traverser avant d’aborder la dernière ligne droite.

Le choix d'Alex

Du groupe des huit, seul Alex Thomson semble vouloir mettre du sud dans sa route. Le skipper d'Hugo Boss va-til opérer un petit décalage ou décidera-t-il de tenter son va-tout en choisissant d'aller flirter avec la limite des glaces ? A rebours, Armel Le Cléac'h (Banque Populaire) semble vouloir jouer sur sa capacité à rejoindre au plus vite la porte de Crozet en ligne directe. L'anticyclone n'est pas très tendre avec les poursuivants du groupe de tête. Si les premiers peuvent espérer passer dans un trou de souris, les hommes du groupe Le Cam (SynerCiel), Golding (Gamesa), Wavre (Mirabaud) risquent de voir la porte du saloon leur claquer au nez. Pour Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered), Arnaud Boissières (AKena Vérandas) et Bertrand de Broc (Votre Nom autour du Monde avec EDM Projets), un seul mot d'ordre : il est urgent d'attendre.

PFB