14 Décembre 2012 - 18h05 • 1957 vues

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Comme tout le monde à terre, les marins du Vendée Globe ne sont pas à l’abri des petits bobos pendant leur tour du monde. Seulement, ils doivent les traiter avec beaucoup plus de précaution et avec un équipement un peu plus restreint. La peau et les mains sont particulièrement exposées.

Il ne faut jamais négliger un petit bobo. Surtout lorsque l’on navigue en solitaire autour du monde. « Un problème bénin à terre peut tout de suite devenir beaucoup plus grave en mer. Je leur demande de m’appeler même en cas de petit problème », explique le Docteur Jean-Yves Chauve, médecin officiel du Vendée Globe. Cette semaine, le téléphone du Docteur Chauve a sonné. A l’autre bout du fil, Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) en direct des quarantièmes rugissants… Une douloureuse histoire de dent à réparer...
 

Docteur Chauve : « Dans le sud, le moindre petit bobo doit être pris très au sérieux »

 

Mais les problèmes dentaires ne sont pas si fréquents. Le principal des maux : l’humidité. « C’est difficile de faire sécher les vêtement à bord, donc il y a une imprégnation d’humidité et la peau n’aime pas du tout ça, détaille le docteur. Il va falloir être très vigilant face aux risques de furoncles et autres, que l’on rencontre très souvent dans ce type de compétition longue et dans ces conditions difficiles. »

En plus de l’humidité, le sel est l’autre ennemi des marins : « Les combinaisons étanches sont très bien mais le seul problème c’est que l’on fait des mouvements. Le système d’étanchéité est efficace mais au niveau des poignets, l’eau pénètre toujours un peu. Quand elle sèche, il reste des cristaux de sel. Quand on va tourner le bras, les grains de sel vont venir faire toile émeri sur la peau qui va perdre son imperméabilité. Et là, c’est la porte ouverte à l’infection. Les poignets sont une zone qu’il faut bien protéger, il ne faut pas hésiter à les désinfecter. C’est le même principe au niveau du cou. Dans le sud, le moindre petit bobo doit être pris très au sérieux parce que ça peut flamber.»

 

Arnaud Boissières : « Ça fait partie du jeu, il faut prendre soin de soi »

 

Vigilant, Arnaud Boissières (AKENA Vérandas) l’a été : « A force de tirer sur les bouts, les rabants, à force de tirer sur les voiles pour les déplacer d’un bord à l’autre, j’avais les mains qui me brûlaient, surtout au bout des doigts. Du coup, depuis hier après-midi (jeudi, ndlr), je mets de la crème Neutrogena régulièrement pour les hydrater. Ça va nettement mieux mais il faut imaginer que quand les mains brûlent, ce n’est pas très agréable pour tirer sur les ficelles. Ça fait partie du jeu, il faut prendre soin de soi sinon les manœuvres sont d’autant plus compliquées. La dernière fois, il faisait froid et je ne sentais pas bien mes doigts du coup j’ai laissé filer une écoute. Les mains c’est important sur un bateau à voiles. »

Dominique Wavre (Mirabaud), le marin le plus âgé de la flotte (57 ans), est quant à lui « en pleine forme » : « Je n’ai quasiment pas touché à la trousse à pharmacie. J’ai une petite crevasse à un doigt mais ça va, c’est habituel. Le bonhomme est en pleine forme, je n’ai pas eu besoin de quoi que ce soit d’autre. »

Armel Le Cléac’h (Banque Populaire), lui, se prend un coup à chaque passage de cap : une grosse bosse sur la tête dès le cap Finisterre puis une petite égratignure au nez au moment de franchir Bonne-Espérance. Espérons que le cap Leeuwin lui réserve une meilleure surprise.

 

Anticiper les problèmes

 

S’il s’est un peu égratigné la main lors de ses réparations suite à son départ au tas, Tanguy de Lamotte (Initiatives-Cœur) est rassurant : « C’est en train de guérir, je n’ai pas les mains trop, trop mouillées la journée. Dès que je rentre, je les sèche et je mets un peu de pommade et ça va. » Mais surtout, il s’attache à anticiper les éventuels problèmes : « Je fais des étirements assez régulièrement et je me détends un peu le dos parce que je n’ai dormi qu’une seule fois dans ma bannette. On dort dans un pouf, c’est forcément très agréable mais ce n’est jamais une position très droite. Je fais attention à ça mais c’est plus de la prévention que de la guérison. » Comme l’adage le dit si bien, il vaut mieux prévenir que guérir.

Grégoire DUHOURCAU