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PRB 5 mis à l'eau

Malgré le froid piquant, une grosse centaine de spectateurs s’est déplacée hier pour découvrir les lignes de ce nouveau plan VPLP - Verdier. La carène, connue depuis Safran et Groupe Bel construits sur le même moule, n’a surpris personne mais le plan de pont orange vif, avec ses lignes acérées et ses angles saillants dégage dès le premier regard une impression de puissance et d’agressivité. Dans les minutes qui ont suivi la mise à l’eau, Vincent Riou s’est calfeutré à l’intérieur afin d’effectuer le test de retournement à 180° requis par la jauge. Pendant quelques instants, le monocoque est resté « bulbe en l’air » dans une position inhabituelle avant de se remettre à l’endroit par la seule action de la quille basculante. Cette manœuvre spectaculaire a été applaudie par le public et c’est un skipper visiblement soulagé qui est alors réapparu dans le cockpit. Premières réactions de son skipper Vincent Riou : "Ce nouveau bateau, c’est un projet que l’on porte avec toute l’équipe et avec PRB depuis près d’un an. Après le stress de la mise à l'eau, la semaine prochaine va se transformer en plaisir car on va aller tirer les premiers bords. On va terminer l’équipement du bateau ce week end pour une première navigation lundi ou au plus tard mardi. On va commencer par des sorties de trois heures pour valider des choses et faire les premiers tests. Une fois que le bateau sera entièrement validé, on ira vers les Sables d’Olonne. Sportivement, l’objectif 2010, c’est la Route du Rhum, clairement. On s’est pressé pour faire un bateau mais on s’est donné un petit peu d’air dans la phase de préparation, on a six ou sept mois pour se mettre au point. »

Quelles sont les différences entre ce nouveau PRB et Safran ?

" On va dire que PRB est une évolution de Safran. Safran est un bateau qui a été construit avec beaucoup de moyens que nous n’avions pas forcément pour PRB donc nous avons fait des choix un peu différents. On a fait une quille en acier mécano-soudé assez classique alors que Safran disposait d’une quille en carbone. C’était d’abord un choix économique, on a essayé de cibler les endroits où gagner de la performance avec un coût raisonnable. C’est vrai que la quille n’est pas un grand facteur de gain de performance, en revanche cela coûte très cher. Et puis, une quille en acier mécano-soudé c’est un système qu’on maîtrise bien. Avec PRB, nous en avons fait plusieurs depuis 5 ans, cela nous permettait de ne pas être dans l’inconnu et de jouer la fiabilité. L’autre différence avec Safran, c’est le gréement. On a souhaité faire un mât-aile avec des outriggers comme sur le précédent bateau, pour deux raisons. La première, parce que je pense que c’est plus performant. Et puis, comme pour la quille, nous avons une bonne maîtrise de ce type de gréements. La dernière différence avec Safran, c’est le pont et le plan de pont. Un moule de pont ne coûte pas très cher, on a donc préféré faire un pont neuf qui nous permettait d’inventer l’ergonomie qu’on souhaitait donner à ce bateau et d’autre part, faire un bateau qui avait un look différent de Safran. Nous souhaitions faire notre bateau, pas le même bateau qu’un autre. Les gens vont vite se rendre compte que d’aspect, les deux bateaux ne se ressemblent absolument pas."

Quelles sont les caractéristiques principales de ce nouveau bateau ?

" C’est le premier 60 pieds IMOCA dessiné avec les nouvelles règles qui concernent notamment une limitation de la hauteur des mâts ainsi qu’une limitation du moment de redressement des bateaux. C’est donc un bateau qui sera, à peu de choses près, au maximum du moment de redressement accepté par la jauge. Nous l’avons aussi voulu le plus léger possible avec le mât qui doit être plus court de 3 ou 4 millimètres par rapport à ce qu’autorise la jauge. On espère donc qu’il sera le bateau le plus rapide de la flotte tant qu’on sera les premiers de la nouvelle génération. Après, on découvrira dans quelques mois comment il va se positionner par rapport aux nouveaux 60’ actuellement en construction et ceux à venir."

Comment s’est passé le travail avec les architectes ?

" Ce sont deux architectes que je connais depuis longtemps, qui sont différents et somme toute assez complémentaires. Guillaume a une grosse culture des monocoques 60 pieds. Vincent Lauriot-Prévost a une grosse connaissance des bateaux qui vont vite et les 60 pieds monocoques sont des bateaux qui vont de plus en plus vite. Par exemple, VPLP a fait beaucoup de travail sur les appendices alors que Guillaume Verdier a plus travaillé sur les structures. Aujourd’hui, je dois avouer que je suis très content du résultat concret et les architectes ont fait du bon boulot. Ils ont dessiné beaucoup d’éléments du bateau liés directement à la performance, c'est-à-dire la forme de la coque, les appendices, leur positionnement ou encore le plan de voilure.

 

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