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Solitaire du Figaro, étape 1 : Fortunes diverses pour Eliès et Beyou

Yann Elies (Queguiner-Leucemie Espoir) 5eme de la 1ere etape de la Solitaire Urgo Le Figaro 2017 entre Bordeaux et Gijon - Gijon le 06/06/2017

La première étape de la Solitaire du Figaro 2017 restera dans les mémoires : les 43 marins en lice ont en effet rencontré des conditions dantesques sur le parcours entre Pauillac et Gijón (Espagne). De mémoire de Figaristes, on n’avait jamais vu des vents si forts et une mer si démontée dans cette épreuve. Après 2 jours et 7 heures de course, c’est finalement Nicolas Lunven (un prétendant au Vendée Globe 2020) qui s’est adjugé une superbe victoire. Adrien Hardy et Sébastien Simon complètent le podium, devant Charlie Dalin et un certain Yann Eliès, 5e.

Yann Eliès dans le coup
A son arrivée à Gijón, Yann Eliès se réjouissait de son très bon début de course : « Au final, ce que je retiens, c’est cette première partie de course où j’ai vraiment été devant, où je me suis fait plaisir et où j’ai fait des belles trajectoires. Là, j’ai vraiment navigué comme j’aime le faire. » Un temps leader, Yann a cédé la première place au moment du plus fort du coup de vent. « Après Rochebonne, j’ai vu que ça allait monter à plus de 45 nœuds et qu’il y aurait une mer de folie », raconte Yann. « Je me suis dit qu’il fallait réduire mais pas question d’aller prendre des risques à l’avant du bateau. Pendant huit heures, j’ai reçu en long, en large et en travers. A ce moment-là, j’avais beau être bien équipé, j’admets que j’ai eu un petit moment de faiblesse, ce qui est tout à fait humain, je crois, dans ce type de conditions. Bien sûr, il n’aurait pas fallu lâcher mais c’est comme ça. » A l’arrivée, Eliès concède un peu moins de quarante minutes de retard sur le premier. « Un delta raisonnable », dit-il. « Idéalement, il aurait fallu faire troisième. Là, j’ai peut-être un petit 5-10 minutes de trop dans la vue. C’est clairement une étape qui a sélectionné. Malheureusement, il y a eu de la casse. Je pense à Erwan Tabarly ou à Anthony Marchand qui ont dû abandonner. A Jérémie Beyou, aussi, qui a manifestement eu des soucis techniques puisque je ne l’ai pas vu devant. »

Jéremie Beyou : Pas du genre à lâcher le morceau…
Yann Eliès a vu juste : si Jérémie Beyou ne s’est pas bagarré en tête de flotte avec lui, c’est qu’il a rencontré, lors de la deuxième nuit de course, une avarie très pénalisante qui l’a empêché de défendre pleinement ses chances. En effet, l’étai creux du foc (pièce qui permet de hisser et affaler plus facilement cette voile d’avant) s’est ouvert en deux juste au moment de la bascule de vent au plus fort d’un front… Jérémie raconte la suite : « Quand j’ai essayé d’affaler le foc dans 45 nœuds, il s’est envolé et est tombé dans l’eau, sous la quille. J’ai fait une marche arrière puis un empannage pour essayer de le récupérer, c’était assez scabreux. J’ai réussi finalement à le ramener, je me demande encore comment je l’ai récupéré. J’ai alors essayé de le renvoyer, mais rebelote, il est de nouveau tombé. Impossible alors vu les conditions de retenter quoi que ce soit, j’ai du coup été contraint de naviguer toute la nuit sous grand-voile seule à 6 nœuds, ce qui m’a coûté pas mal de places au classement. C’est vraiment dommage, je n’étais certes pas devant, mais je n’étais pas loin quand cela m’est arrivé, il y avait encore moyen de terminer dans les dix premiers. Ce n’est pas une erreur, mais les conséquences sont les mêmes. »
Accusant un retard conséquent sur le vainqueur de la première étape, Jérémie Beyou sait que ses chances de remporter un quatrième titre dans la Solitaire du Figaro sont désormais minces. « Mais je ne vais pas lâcher, ce n’est pas le genre de la maison », prévient Jérémie, dont la détermination n’est plus à prouver. « Mes objectifs immédiats sont d’abord de réparer le bateau, ensuite d’oublier cette étape, enfin de me concentrer sur les trois étapes qui restent en retenant quand même les choses qui se sont bien passées entre Bordeaux et Gijón, notamment ma vitesse au portant dans les petits airs. Le but est de faire une belle étape dès la prochaine qui arrive, de mettre tout en œuvre pour obtenir un résultat à la hauteur de mes ambitions, et pourquoi pas une victoire. Si c’est le cas, peut-être que cela me permettra de revenir dans les dix à Concarneau et de viser plus haut. »

 

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