La locomotive Foncia

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Le mercredi 17 décembre 2008 à 07:14
© VINCENT CURUTCHET / DPPI / Vendée Globe

Emmenés par Michel Desjoyeaux, Roland Jourdain, Sébastien Josse et Jean Le Cam ont franchi cette nuit la longitude du cap Leeuwin, deuxième des trois grands caps de ce Vendée Globe. En maintenant une cadence élevée, ce quatuor bénéficie désormais de plus de 200 milles d’avance sur leurs proches poursuivants.
 

Desjoyeaux l’éclaireur
On se demandait si une fois en tête, Michel Desjoyeaux (Foncia) retrouverait la pédale de frein. Que nenni ! Le nouveau leader assume pleinement son rôle de locomotive et s’échine à faire marcher toujours un peu plus vite que ses congénères. Le consensus que Roland Jourdain (Veolia Environnement) appelait hier de ses vœux n’est donc pas pour demain. C’est pourtant à force de vitesse que ce nouveau carré d’as a fait exploser le peloton. Désormais, il y a plus de 200 milles d’étendues liquides entre Jean Le Cam (VM Matériaux) et Armel Le Cléac’h (Brit Air). Ce dernier endosse de fait le statut de guide du premier groupe de chasseurs composé de Vincent Riou (PRB), Marc Guillemot (Safran) et Yann Eliès (Generali).



Quant à Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), il ne joue plus le même jeu depuis 48 heures : il fait cap au Nord-Est, à 90 degrés de la route, dans l’espoir de réparer son safran tribord, un exercice délicat qu’il ne manquait pas de qualifier de « réparation à la Parlier ». Pas de « réparation à la Parlier » en revanche pour Mike Golding (Ecover 3) qui a perdu son mât hier à 7h47 (heure française) et cherche à gagner un abri. David Adams, le consultant sécurité du Vendée Globe basé en Australie, a prévenu les autorités de Fremantle et de Hobart (en Tasmanie), mais ce matin, on ne savait toujours pas vers quel port comptait se diriger le marin britannique.



Excepté Jean Pierre Dick, les neuf premiers plongent vers le Sud-Est dans un vent d’Ouest de 25 nœuds, en direction de la deuxième porte de sécurité australienne. La course de vitesse continue dans un océan Indien mal pavé.



A chacun son Indien
Ce mercredi matin, les 19 concurrents encore en course s’étirent en un long chapelet de 3200 milles. Les lanternes rouges Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) ont laissé la porte des Kerguelen dans leur sillage ; le Canadien Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada), un peu esseulé, navigue au Nord des îles Crozet ; Rich Wilson (Great American III) et Jonny Malbon (Artemis) pointent vers l’archipel des Kerguelen que Steve White (Toe in the water) a contourné par le Nord ; Arnaud Boissières (Akena Vérandas) et Dee Caffari (Aviva) poursuivent leur route en tandem à 21 milles l’un de l’autre, tout comme Samantha Davies (Roxy) et Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) qui visent la première porte australienne. De Desjoyeaux à Sedlacek, les objectifs, les motivations et les conditions météo varient… à chacun son Indien.



C.El