2016 Tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance

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Parlier boucle son tour sous gréement de fortune

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Sur le papier, le principe du Vendée Globe est d'une simplicité rare : une course à la voile, autour du monde, sans assistance et sans escale, réservée aux navigateurs solitaires. Au-delà des mots, le Vendée Globe a forgé sa légende au travers de grandes histoires, véritables mythes de l’épreuve. Aujourd’hui, le tour du monde de l’ « extraterrestre » Yves Parlier, sous gréement de fortune pendant de longues semaines...

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Yves Parlier
© Jean-Marie Liot / DPPI

Dès les premières semaines de cette quatrième édition du Vendée Globe, un trio de tête se dégage. Michel Desjoyeaux, Roland Jourdain et Yves Parlier se disputent la première place et creusent l’écart avec le reste de la flotte. Mais le 17 décembre 2000, le mât d’Aquitaine Innovation se brise en trois après que le monocoque s’est planté dans une vague des cinquantièmes hurlants, au large des côtes australiennes. Dans pareil cas, de nombreux marins auraient abandonné, mais pas Yves Parlier. Surnommé « l’extraterrestre », le skipper de 41 ans - également ingénieur en matériaux composite – réussit, à l’abri dans une crique d’une île de Nouvelle-Zélande, à recoller la partie supérieure à la partie inférieure avec des morceaux de la partie intermédiaire et à remettre d’aplomb un mât « bricolé » de 18 mètres.

Dès l’incident survenu, Yves Parlier fait en effet part à son équipe de son intention de poursuivre l’aventure : « Je n'envisage pas d'autre solution que de tenter de redonner des ailes à mon grand oiseau bleu pour finir cette boucle que l'on avait si bien commencée ». Dans une interview accordée à Libération le 21 février 2001, le skipper se montre par ailleurs très confiant, assurant que le bateau avance à bonne allure et que son mât de fortune est au final plus solide qu’auparavant. Malgré les circonstances, l’extraterrestre ne se considère en effet absolument pas « dans une galère », admettant tout de même avoir certaines difficultés à gérer ses réserves de nourriture. Qu’à cela ne tienne, le navigateur puise dans les ressources de la mer et ajoute même « redécouvrir le goût de petits aliments anodins » tout en entamant une « démarche psychologique très difficile » mais « loin d’être invivable ». Véritable « Robinson des mers » (ndlr : titre de son livre retraçant son aventure), Yves Parlier se nourrit donc partiellement d’algues et boucle son tour du monde en solitaire à la treizième place, après 126 jours, 23 heures et 36 minutes.

En réponse à ceux qui le prennent alors pour un fou, Parlier précise simplement que, selon lui, « le Vendée Globe possède deux aspects : l'aventure et le côté sportif. Le côté sportif s'est arrêté le 17 décembre mais l'aventure, elle, continue. Elle est même beaucoup plus riche que si je n'avais pas démâté. Des aventures comme ça, je n'aurai pas l'occasion d'en vivre tous les jours ». Fidèle à sa philosophie de ne jamais baisser les bras, Parlier, salué par tous pour son courage et sa détermination, reste encore l’un des plus grands héros de l’histoire de la course.

>>> A VOIR : Yves Parlier raconte son aventure sur le plateau de Thierry Ardisson

Tony DAVID

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