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Le Mondial, c'est le (60) pieds!

Paul Meilhat 2018
© Eloi Stichelbaut

Depuis 1998 et la folie populaire qui a saisi la France après la victoire des Bleus, il faut croire qu’une Coupe du monde de football est un bien national, une fierté à partager, pour des moments de fraternité avec d’illustres inconnus. Un sport auquel il est bon s’associer au moins une fois tous les quatre ans, le temps d’un Mondial en espérant qu’il dure jusqu’au bout. Quatre des skippers appelés à se présenter au Vendée Globe 2020, Jérémie Beyou (Charal), Louis Burton (Bureau Vallée 2), Fabrice Amedeo (Newrest - Arts & Fenêtres) et Paul Meilhat (SMA), se sont livrés aux jeux des pronostics avant les huitièmes de finales que les hommes de Didier Deschamps disputeront face à l’Argentine du roi Messi. Faites vos calculs !

Par amour du ballon rond

Jérémie Beyou est un homme heureux. D’abord, son équipe Dongfeng a remporté dimanche, et de manière magistrale sur l’ultime étape, la Volvo Ocean Race, cette course extrême autour du monde en équipage. Ensuite, son futur monocoque 60 pieds Charal sera bientôt mis à l’eau, d’ici la mi-août, ce qui lui ne laissera que peu d’heures d’entraînement avant de se montrer à tous les regards lors de la Route du Rhum. Enfin, Jérémie jongle entre son emploi du temps chargé et… la Coupe du monde de football, son autre passion.

© EAG En Avant Guingamp« J’ai regardé le calendrier et j’ai coché les matches à ne pas manquer ! J’ai mon deuxième fils, fan de foot, qui me fait les commentaires, mon cousin avec qui je chatte en direct. Dans ma voiture, j’écoute RMC foot et quand j’ai un rendez-vous, je jongle avec mon Smartphone !

C’est l’opposition de styles de football qui est sympa et tu as envie qu’une équipe comme le Mexique qui a créé l’événement (en battant 1-0 l’Allemagne, championne du monde en titre et sortie dès le premier tour, ndlr) s’en sorte (le Mexique rencontrera le Brésil en huitième de finale lundi, ndlr). C’est la magie du Mondial ! Ensuite, tu retrouves les poids lourds, ceux qui réussiront à régler la mire et s’en sortiront comme l’Argentine (qualifiée in extremis et futur adversaire des Bleus). Pour moi, l’Espagne devrait aller en finale et ma surprise du chef, ce serait la Belgique.

Quant à la France, je la verrais bien en demie-finale, mais il faut lui laisser le temps de mûrir. Nous sommes l’équipe qui a le plus de choix en attaque, nous pouvons surprendre n’importe quel adversaire. C’est une qualité et un défaut ; il est difficile de trouver la bonne solution ! Je voudrais dire aux joueurs : « Croyez en vous, en votre potentiel, ne baissez jamais les bras ! »

Souviens-toi de 1998 !

A bord de son Bureau Vallée 2, le bateau vainqueur du dernier Vendée Globe aux mains d’Armel Le Cléac’h, Louis Burton engrange les milles. C’est « le jour et la nuit » avec son premier bateau qui datait de 2008 et était dépourvu de foils. Après sa septième place sur la dernière Transat Jacques Vabre avec sa compagne Servane Escoffier, le marin de 33 ans se règle en mode solitaire sur son nouvel IMOCA… tout en essayant de regarder le maximum de matches du Mondial.

© Stéphane Maillard« Le football, c’est un sport que j’adore ! Je pense comme 95% de Français que la Coupe du monde est une compétition qui nous tient à cœur. Cela nous rappelle 1998. J’avais 13 ans et cela reste des souvenirs magiques. L’euphorie qui avait saisi le pays est un moment inoubliable. Vingt ans après, je suis entouré d’équipes technique et de communication qui sont tout autant passionnées que moi. Quand je suis en mer, sur l’Ipad du bord, j’essaie de regarder les matches pour suivre ce qui se passe en Russie. Et tous mes rendez-vous professionnels sont entrecoupés de commentaires assidus !

Tout le monde a envie de croire en cette équipe de France à l’état d’esprit qui plaît. Je suis un éternel optimiste et un doux rêveur et je verrais bien un France-Belgique en finale avec un match galère qui se joue aux penalties.

Si j’avais un mot à dire à cette équipe, ce serait celui-là : « Donnez le meilleur de vous mêmes, gardez l’esprit de groupe et si vous restez positifs, cela vous amènera loin. On en a besoin ! N’oubliez pas : vous faites rêver tous les gosses de ce pays et tous ces gosses seront fiers de vous, même si vous perdez ! »

Comme un « footix »

Troisième avec Eric Péron de la première étape des Globe Series, à Monaco, Fabrice Amedeo était encore en mer à l’heure du dernier match qualificatif des Bleus face au Danemark, avant les huitièmes de finale samedi. A bord de son nouveau Newrest - Art & Fenêtres à foils, il veut y croire comme tous les quatre ans.

© Jean-Marie Liot« Je ne suis pas un grand footeux, je suis un « footix », ceux qui regardent uniquement les matches de gala et notamment ceux de la Coupe du monde. Le foot n’est pas une passion, mais les moments sont rares où tout un pays peut être derrière son équipe, où on est fier d’être Français. C’est important, ça me fait vibrer ! Et j’ai des tonnes de souvenirs de 1998 et de 2006, souvenir heureux et moins heureux de la finale.

A l’entame du Mondial, j’aurais dit Allemagne-Brésil en finale, mais c’est super ouvert maintenant ! Entre le Portugal, l’Espagne, le Brésil bien sûr et la France, rien n’est joué ! Nous avons une équipe jeune, il y a une vraie envie, une vraie amitié et solidarité entre les joueurs qui viennent tous de grands clubs et j’aime les belles histoires. Didier Deschamps est un bon sélectionneur et je suis optimiste !

C’est pourquoi je leur dirais : «  Vous êtes un bel exemple pour notre jeunesse, pour plein de gens qui rêvent. Vous devez vous faire mal et y croire jusqu’au bout ! »

Un sport universel

A bord de son IMOCA, Paul Meilhat accumule les bons résultats sportifs depuis son arrêt brutal, en plein océan Pacifique, sur le dernier Vendée Globe. Deuxième de la Transat Jacques Vabre, premier de la Bermudes 1000 Race 2018, vainqueur de la Monaco Globe Series 2018, rien ne semble vouloir arrêter celui qui sera le skipper SMA jusqu’à la fin de la Route du Rhum. Après 2018, le groupe mutualiste arrêtant son engagement dans la voile, Paul Meilhat est toujours dans l’expectative et poursuit sa prospection avec assiduité.

Des Coupes du monde de football, il envie surtout leur côté festif. « Je m’y intéressais énormément quand j’étais petit, mais plus maintenant. Une Coupe du monde, on ne peut y échapper. Et ce qui me plaît, c’est l’ambiance formidable qui vous prend. En 1998, j’avais eu la chance d’aller voir au stade de France le huitième de finale Danemark-Nigéria. C’était incroyable cette liesse populaire, on retrouvait l’ambiance des jeux Olympiques !

Le football reste le sport universel, un sport de rapprochement : tu te dépenses, tu t’amuses et tu peux jouer avec n’importe qui. C’est le seul sport qui soit populaire au sens universel et noble, le seul pratiqué dans tous les pays.

Tu vois plein de petits drapeaux partout autour de toi. Ce n’est pas la même chose que la Volvo Ocean Race ou la Coupe de l’America ! C’est ce football populaire qui me plaît. Faire se rencontrer des gens qui ne se parleraient pas autrement. Ce qui est paradoxal, c’est que le sport le moins cher du monde génère autant de royalties au sommet. Ce n’est plus un sport, c’est une culture universelle, le football. Alors avant les huitièmes de finale, je dirais aux Bleus : amusez-vous ! »

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