Actualité

Décrocher, changer d’air

Ski de randonnée
© I Joschke - Refuge Buffère

« J’ai deux pistes privilégiées pour décrocher. La montagne, histoire de changer d’univers. J’en reviens juste d’ailleurs. Sinon, j’adore retourner dans les terres de ma jeunesse, sur le bassin d’Arcachon où j’ai grandi. » Arnaud Boissières (La Mie Câline – Artipôle) mesure à chaque escapade, combien faire un break est nécessaire dans un métier qui ne laisse quasiment pas de répit. « Notre métier, c’est aussi notre passion, donc on s’y investit peut-être plus qu’on ne devrait. Alors, couper les ponts permet de prendre un peu de recul. Même si je reconnais que ce n’est pas toujours facile. La semaine dernière, alors que j’étais aux sports d’hiver, j’ai quand même dû passer une journée entière au téléphone entre les fournisseurs du bateau, mes partenaires, le club entreprise que j’anime. On est une toute petite équipe : c’est très convivial, mais le revers de la médaille, c’est que je suis un peu au centre de tout… »

Romain Attanasio (Pure) fait peu ou prou le même constat. « Outre les aspects techniques, la préparation du bateau, je suis aussi en recherche de partenaire. Du coup, j’avoue que, même en vacances, j’ai du mal à évacuer la question. On essaye pourtant : la semaine dernière, on était à la montagne avec Sam et notre fils, on a essayé d’en profiter sans arrière-pensée. » Sortir le Vendée Globe de sa tête est d’autant moins facile pour Romain, que sa compagne s’affirme comme un des plus sérieux outsiders pour l’édition 2020. « De toutes façons, ce serait illusoire de vouloir effacer la course au large de notre quotidien. C’est notre passion commune ; et si jamais, on voulait l’oublier, Ruben notre fils serait là pour nous le rappeler, lui qui va bientôt en savoir plus que nous sur tout ce qui gravite autour du Vendée Globe ».

Le silence de la neige

Depuis trois ans, Isabelle Joschke (MACSF) ponctue ses hivers d’une pause montagnarde au refuge Buffère dans les Hautes-Alpes. « Ce n’est pas seulement le fait de changer de cadre. A chaque fois, je suis fascinée par le silence qui règne en montagne. En mer, entre le vent et les vagues, on baigne dans un univers sonore constant. Là, on dispose de véritables pauses, c’est totalement dépaysant. » Mais ces escapades sont aussi l’occasion pour la navigatrice de continuer de progresser. La pratique du ski de randonnée est un bon moyen de continuer de se dépasser, de se mettre en difficulté « surtout pour moi, qui ne suis pas une skieuse émérite ».

Enfin, cette semaine au refuge est aussi l’occasion de rencontrer d’autres navigatrices, d’échanger sur leurs pratiques, sur les éventuelles difficultés qu’elles rencontrent et sur leurs manières d’y remédier. « On essaye de mélanger toutes les générations. Par exemple, cette année, on aura Sandrine Bertho qui travaille sur Actual avec Yves Le Blévec et sa fille Amélie Grassi qui se prépare pour la prochaine Mini-Transat. » Dans ces conditions, est-ce facile de décrocher ? « On parle de voile, bien sûr, mais c’est différent. Là-bas, j’évacue toutes les questions techniques ou administratives. C’est indispensable d’être capable de décrocher quelle que soit la situation. On est dans des métiers qui génèrent de l’incertitude en permanence. Si on ne sait pas prendre un peu de distance, on s’installe dans un stress permanent… »

Même son de cloche chez Stéphane Le Diraison (Time for Oceans) qui sort d’un important chantier de refonte du bateau. « On a beaucoup travaillé pour avoir un bateau compétitif pour les courses à venir. Je sentais nécessaire de faire une vraie coupure : et pour ça, quoi de mieux qu’un séjour en famille à la montagne ? Savoir sortir de son cadre quotidien, c’est aussi la garantie de garder de la lucidité. Quand on travaille sur un projet IMOCA, on a vite le sentiment d’être constamment dans l’urgence. Ce genre de coupure permet de remettre de la sérénité et de retrouver de l’énergie. Au final, c’est du temps gagné… »

Vacances en Terre de Feu

Si les sports d’hiver ont la faveur de la plupart des navigateurs, certains choisissent parfois des destinations plus exotiques. Ainsi Fabrice Amedeo (Newrest - Art et Fenêtres) a-t-il choisi de partir en famille au Chili à l’occasion des dernières vacances de Noël. Au programme, une incursion dans le désert d’Atacama, mais aussi la descente des canaux de Patagonie et une visite au gardien de phare du cap Horn.

« Parcourir le désert d’Atacama, m’a permis de nourrir ma réflexion sur les grands espaces, sur le rapport de l’individu à ces immensités. Je n’étais jamais allé dans le désert, c’est absolument fascinant. Le cap Horn, c’était une sorte de clin d’œil familial. Je me dis que mes enfants auront une autre vision des choses quand ils constateront que les marins du Vendée Globe sont en train de passer le fameux caillou. Et puis, c’est quelque chose de pouvoir discuter avec le gardien de phare du Horn. A titre personnel, j’ai une telle passion pour ces mers du Sud… Venir au cap Horn, était un bon moyen de partager ce qui m’anime avec mes proches ».

Snap code

Retrouvez-nous sur Snapchat
vendeeglobe2016