25 Octobre 2020 - 11h59 • 2744 vues

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Petite entrevue avec Fabrice Amedeo. À l'intérieur de son bateau, on trouve du matériel scientifique pour la recherche océanographique et des icônes porte-bonheur. Il y a aussi un texte de Mohamed Ali affiché bien en vue dans la descente, un texte qui dit que rien n’est impossible...

Comment vis-tu cette période de pré-départ, ici, aux Sables d’Olonne ?
J’ai l’expérience d’une première participation il y a 4 ans, donc c’est moins le saut vers l’inconnu, je maÎtrise mieux les grandes échéances, j’arrive mieux à me reposer. Il n’y a aucune inquiétude, aucun stress. Je suis très heureux de partir et je profite de ces derniers jours pour tout ce que j’ai à faire et pour les derniers moments en famille.

En entrant à l’intérieur de ton bateau, on remarque tout de suite du matériel que nous n’avons pas l’habitude de voir  : deux gros caissons, ton capteur de CO2, salinité, température de surface des océans et ton « laboratoire » pour analyser la présence de microplastiques. Combien cela pèse-t-il ?
Sur ces bateaux où l’on fait la chasse au poids, ce n’est pas neutre, car les deux capteurs pèsent une trentaine de kilos à eux deux, et l’ensemble des filtres pèse 25 kilos. Ça fait une grosse cinquantaine de kilos, dont 25 mobiles. Ce n’est pas négligeable, mais le vrai impact est au niveau de la consommation énergétique, parce que les deux capteurs sont hyper énergivores. Ils augmentent la consommation d’énergie du bateau de l’ordre de 30%, donc on a dû réfléchir à la production d’énergie. Produire son énergie sur un tour du monde, c’est stratégique et c’est la base. On a donc ajouté une éolienne à l’arrière du bateau.

© Yvan Zedda / Alea / VG 2020

Dans un domaine très différent, deux détails attirent notre attention sur ta table à cartes, à côté de tes instruments de navigation : une image et un petit objet en carbone…
Ce sont deux petites icônes. Il y a quatre ans, au départ, des religieuses m’avaient donné cette petite image sur laquelle est écrit « Si vous saviez combien je vous aime, vous pleureriez de joie ». À côté, il y a cette petite plaque en carbone très légère offerte par le Père Vincent Lautram et qui représente Notre-Dame de Rocamadour. J’ai fait le « pari de Pascal ». C’était censé me protéger dans mon premier Vendée Globe. J’ai terminé et je me suis dit que ça m’avait peut-être porté chance. C’est passé de l’ancien bateau au nouveau bateau, ça m’a suivi sur la Route du Rhum, la Transat Jacques Vabre et maintenant ici. La magie de cette course, c’est aussi des rencontres étonnantes !

Parlons sport maintenant. Quels sont les concurrents avec lesquels tu te vois/ tu as envie de rivaliser ?
Mon bateau est l’ancien No Way Back de Peter Heerema. C’est un bateau qui a fait un tour du monde à vitesse modérée il y a 4 ans, c’est le sister-ship de Banque Populaire d’Armel Le Cleac’h. C’est un très bon bateau, bien fiabilisé. On a pas mal travaillé sur la partie performance avec mon équipe, on a reculé les poids, le bateau est beaucoup plus aérien. Je m’aligne avec une très bonne machine. Après, les 8 bateaux neufs sont absolument hors de portée de même que les plus anciens à grands foils comme PRB et Initiatives-Cœur, Seaexplorer - Yacht Club de Monaco. En bref, il y a une douzaine de bateaux plus rapides que moi. Il y a tout un groupe avec lequel j’aimerais me battre : Louis Burton, Giancarlo Pedote, Yannick Bestaven, même si ce dernier est un cran au-dessus de moi sportivement. Ça va être un bon challenge d’essayer de le suivre jusque dans les mers du Sud. Finalement, je vais essayer de me battre avec les bateaux de la génération 2016. Ce serait sympa de réussir à les accrocher. En tout cas, je prends le départ en me disant que le classement aux Canaries est très important pour accrocher un bon paquet. Je vais essayer de faire un bon début de course pour ça.

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