04 Février 2013 - 14h28 • 2232 vues

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Retrouvez les principales déclarations d’Alessandro Di Benedetto et Tanguy de Lamotte lors du live de lundi. Frédéric Le Peutrec, équipier du Maxi Trimaran Banque Populaire V était l’invité téléphonique de Catherine Pottier.

Alessandro Di Benedetto (ITA/FRA, Team Plastique)
Ça va bien, le vent commence à baisser car je me rapproche de l’équateur. Je suis à 10h de navigation (environ 80 milles) du passage de l’équateur. Je vais pouvoir commencer à voir l’étoile polaire. C’est un peu calme du fait que je n’ai plus de voiles de portant. Ce ne sont pas des configurations habituelles sur le bateau. J’ai fait tous les essais pour gagner des dixièmes de nœuds.

Le moral a toujours été bon. C’est sûr qu’il y a eu une déception quand j’ai vu le petit gennaker éclater pour la deuxième fois. Il y a probablement des défauts de couture, il a vraiment explosé. Il faut faire avec, ça fait partie du Vendée Globe. Le matériel est mis à rude épreuve et si en plus il a des défauts de conception, ça casse. Ça va baisser la moyenne mais il faut que je tienne encore quelques jours parce qu’ensuite, je vais avoir beaucoup de près.

La carte postale est assez bleue et rayonnante. Mis de côté le fait que je ne peux pas avancer comme je le veux, je profite du soleil. Le vent souffle entre 10 et 14 nœuds et ça me permet d’avancer entre 10 et 11 nœuds. La mer est assez calme, le bateau est très stable et j’ouvre beaucoup pour créer un flux d’air. J’ai un petit frigo pour avoir de l’eau fraîche quand je veux. Il peut refroidir l’équivalent de deux verres d’eau. C’est très important pour le moral à bord.

Pour cuisiner j’ai tout ce qu’il faut : une cocotte minute et une casserole à pression pour cuisiner en sécurité dans les conditions difficiles. Ça permet de tout faire, mais aussi de garder les vitamines des aliments. J’ai plein d’autres choses mais surtout je n’ai pas hésité à amener des ingrédients. J’ai encore de la farine, de la levure. J’ai pris du sel mais j’en ai partout sur le bateau. Il faut que j’organise quelque chose à l’arrivée pour tout le monde, mais il faut une grande casserole !

Tanguy de Lamotte (FRA, Initiatives-Cœur)
J’ai pu dormir cette nuit. J’avais 30 nœuds de vent et une grosse mer. Ça s’est un peu calmé ce matin avec 15 à 18 nœuds de vent et la mer s’est un peu aplatie. Hier soir, j’ai cousu une petite sangle que je vais aller positionner dans le bas de la dérive pour la tirer vers l’avant. Je vais m’y attaquer aujourd’hui. Par contre, je vais bien mesurer les conséquences avant, car si elle sort elle peut devenir un danger potentiel pour la coque. Je vais peut-être attendre encore un peu. Pour le trou dans la coque, il faudra que j’aie de bonnes conditions pour le boucher. J’ai réussi à colmater les plus gros trous. J’ai mis des chiffons pour limiter la rapidité d’entrée d’eau. La pompe tourne 10 minutes tous les trois quarts d’heure. Une fois que j’aurai enlevé la dérive, le trou sera un peu plus gros.

Frédéric Le Peutrec
(A propos du chavirage de Javier Sansó) J’ai écouté attentivement ce que disait Denis Horeau et ça m’a replongé dans les sensations d’un tel moment. Quand j’entends les détails de la situation, je trouve l’issue heureuse. Il y a eu trois pertes de quille et à chaque fois dans des circonstances très favorables. Il faut s’en réjouir car ça aurait pu être délicat dans l’Indien ou le Pacifique.

(A propos de son chavirage à bord de Groupama 3) Les trois heures au cours desquelles nous avons attendu les secours ont été très courtes. On avait conscience que l’on était juste à côté des côtes néo-zélandaises et qu’on avait une chance exceptionnelle que le bateau casse à cet endroit-là. Dans ces cas-là, on gère les paramètres de façon très objective : tout le monde est là, en bonne santé, il n’y a pas de blessé à gérer, on n’est pas en danger immédiat, des secours viennent vers nous. Après, « la vie est belle » si je puis dire. Il se trouve que 4 heures plus tard on était en train de prendre une bière sur la base de secours.

L’hélitreuillage est un moment organisé, ordonné. Les sauveteurs connaissent parfaitement leur métier donc on se livre corps et biens à leurs consignes. Ce n’est pas un moment compliqué, c’est un moment maîtrisé par les sauveteurs dans lequel le naufragé n’a pas un rôle important à jouer si ce n’est d’être disponible.

(A propos de la course) Pour certains, l’objectif était clairement de gagner. Le niveau progresse, le niveau d’engagement monte d’un cran. Mais il y en a d’autres, comme Alessandro, qui se sont préparés à un long voyage. Pour eux, la victoire sera de finir. C’est un parcours aventureux. Ce Vendée Globe m’a passionné et j’attends le prochain avec impatience.