09 Février 2013 - 15h01 • 2475 vues

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Retrouvez les principales déclarations de Dominique Wavre, Bertrand de Broc, Tanguy de Lamotte et Alessandro Di Benedetto pendant le live de samedi.

Dominique Wavre (SUI, Mirabaud)
C’était super hier soir. J’ai vu l’arrivée de Jean Le Cam et je ne danserai pas sur la table !

Il fallait arriver entre 16 et 17 heures pour l’apéro et un petit rayon de soleil en passant la ligne. J’avais tout prévu, c’était nickel !

On fait le Vendée Globe parce qu’on en a envie. On est heureux au départ, ce serait quand même le comble de faire la gueule après. On a des émotions très fortes, des hauts et des bas, amplifiés par le fait qu’on soit seul. Mais c’est forcément un immense bonheur. Tu as un condensé d’émotions fortes. La résultante de tout ça, c’est le bonheur.

Mon record c’est nonante jours. Depuis toujours, je représente en mer un certain nombre de qualités de mon pays qui ne sont pas toutes reconnues. J’essaye de montrer que nous sommes aussi des gens passionnés.

C’est très monomaniaque sur les bateaux comme ça. Tu es toujours en bagarre contre quelqu’un, je regardais ce que faisaient les Tontons Flingueurs tout le temps. Si tu veux bien naviguer, tu dois être dessus en permanence. On est des paysans de la mer. On se lève parce qu’on a quelque chose à faire et on se couche parce qu’on a besoin de repos. On a tellement de travail que prendre un bouquin ou regarder un film, ce n’est pas quelque chose qu’on pense à faire.

Le double avec Michèle c’est mon exercice favori. Après c’est le solitaire. Aujourd’hui je n’aurais plus la patience de m’accorder avec un équipage s’il y a une tronche de con. Pour de l’équipage, il faut vraiment que ce soient de bons copains. En double avec Michèle ce serait parfait. En solo, laissez moi le temps d’atterrir parce je n’ai pas du tout envie de repartir pour l’instant.

Bertrand de Broc (FRA, VNAM avec EDM Projets)
Il y a du vent portant, un peu de mer, ça avance correctement. Je devrais arriver demain en fin de soirée. Pour l’instant j’attends pour optimiser l’arrivée.

Ça se passe bien. Depuis ce matin le vent est rentré un peu plus fort, il y a une belle mer, le bateau ne tangue pas. Il y a des rafales à 27-28 nœuds donc j’assure un peu avec deux ris.

Je suis en bonne forme parce que depuis mon passage des Açores, j’ai eu des conditions très clémentes, le bateau a tourné tout seul du coup j’ai beaucoup dormi pour préparer cette arrivée. Je n’ai plus de radar depuis 8 jours après le départ donc je veille un peu. Il faut être encore vigilant jusqu’à la ligne.

Mon envie première c’est qu’on me foute la paix (rires). Non, c’est de profiter de l’accueil. Malheureusement, en 96 j’avais chaviré quelques heures avant l’arrivée et j’étais arrivé sur le bateau d’Yves Parlier donc j’ai déjà fait une remontée du chenal. C’est ma troisième tentative, je croise les doigts pour avoir droit à la mienne.

Tanguy de Lamotte (FRA, Initiatives-Cœur)
Ça va super ce matin. J’ai fait une bonne nuit où je n’ai pas eu besoin d’aller mettre les mains dans l’eau pour écoper à l’avant. Ce sont des conditions agréables. J’ai 12 à 14 nœuds de vent avec une mer pas très formée, je suis à 90° du vent donc le bateau avance à la vitesse du vent, sans forcer.

Je pense arriver d’ici une semaine. Samedi soir ou dimanche matin. Depuis trois jours je suis à la vitesse de mes routages, la situation à l’air de se préciser. Là je profite des heures de navigation, j’espère que tout va bien se passer. J’espère pouvoir arriver le week-end prochain aux Sables d’Olonne.

Alessandro Di Benedetto (FRA/ITA, Team Plastique)
Hier c’était une belle frayeur, un moment de tension. Ça faisait une heure que j’essayais de me reposer et j’ai commencé à entendre mon radar. Je me suis levé et j’ai compris qu’il y avait un radar à l’horizon probablement un cargo. J’ai regardé à tribord et j’ai vu le cargo mais c’était difficile d’estimer la distance. J’ai commencé à les appeler à la VHF. Normalement, dans cette situation ils répondent et expliquent où ils souhaitent passer mais là, c’était silence radio. J’ai commencé à faire des calculs, vérifier les angles pour estimer ma route par rapport à la sienne. Pendant quelques minutes, l’angle restait constant donc nous étions en route de collision. Quand je l’ai vu plus nettement, j’ai vu qu’il était très proche, il était à moins d’un mille et j’ai continué à essayer de l’appeler mais ça ne répondait toujours pas.

J’ai essayé d’abattre pour voir si l’angle changeait mais finalement j’ai lofé. J’ai vu que l’angle diminuait et que le cargo passerait devant moi. J’ai continué à faire des appels mais toujours pas de réponse. Les derniers 600 mètres, je me suis vite aperçu que le cargo allait passer à l’avant.

J’ai fait quelques photos et même après ce croisement j’ai continué à appeler pendant dix minutes mais jamais de réponse. J’étais un peu nerveux parce qu’il y a quand même des vies en jeu. Il n’y avait personne en veille donc on comprend mieux certains accidents.

A la fin, c’est bien qu’il ne se soit rien passé mais ce qui est fou c’est que, le drame, l’accident violent, peut arriver très facilement. Il faut faire avec, il faut faire attention.