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Nouvelle donne pour Louis Burton

Louis Burton
© Vincent Curutchet / DPPI

Louis, tu seras donc au départ du prochain Vendée Globe !
Louis Burton : « Oui, nous disposons du budget pour partir dans de bonnes conditions. C’est pourquoi nous avons décidé d’officialiser notre participation. C’est une étape importante psychologiquement et il est appréciable d’avoir des certitudes à un an et demi du départ, cela permet de se préparer sereinement. Bureau Vallée reste mon sponsor principal et j’ai aussi deux partenaires secondaires. Je cherche un troisième co-sponsor pour envisager des modifications importantes sur mon bateau et ainsi accroître son niveau de performance. »
 
Ton bateau, justement, sera le même qu’en 2012, un plan Farr mis à l’eau en 2006 (l’ancien Delta Dore de Jérémie Beyou). Des optimisations ont-elles été apportées récemment ?
« Oui, nous avons effectué un chantier pour gagner du poids. Cette cure d’amaigrissement a permis de gagner une centaine de kilos sans faire de modifications importantes. Nous en avons aussi profité pour remplacer et optimiser l’accastillage. »

« Remplacer le mât ou installer des foils. »
 
As-tu prévu un chantier de plus grande ampleur avant le Vendée Globe ?
« Tout à fait. Quoi qu’il arrive nous changerons la quille. Et si nous décrochons un complément de budget, nous envisagerons l’une des deux options suivantes : remplacer le mât ou installer des foils. Nous ne pourrons malheureusement pas faire les deux. En septembre, nous déterminerons laquelle de ces options est la plus judicieuse. »
 
Tu fais donc partie des skippers qui croient au potentiel des foils sur les bateaux d’ancienne génération…
« En fait, je me renseigne avant tout car ce sujet me passionne. Mais l’ajout des foils sur Bureau Vallée n’a absolument rien de sûr à ce stade. J’observe avec attention les bateaux de dernière génération qui sont mis à l’eau. Le cabinet VPLP et Guillaume Verdier ont malheureusement signé un contrat d’exclusivité les empêchant de travailler sur les bateaux d’anciennes générations pour le développement des foils, et ce jusqu’au 1er janvier. On ne pourra pas se permettre d’attendre cette date pour commencer à travailler sur les plans des foils. C’est à ce moment-là qu’il faudra lancer la construction de ces appendices. Nous sommes donc déjà en discussion avec d’autres architectes qui pourraient plancher sur le sujet. La première chose à déterminer est la réelle efficacité de ces appendices porteurs sur un bateau d’ancienne génération qui, par rapport aux tous nouveaux IMOCA, affiche 2 tonnes de plus sur la balance et dispose d’une carène moins puissante. Si j’installe des foils, c’est que je les estime tout à fait fiables. Je ferai bien attention car en course au large, le mieux est parfois l’ennemi du bien… »

« Je sais à quoi m’attendre. »

Louis Burton 2012© Jean-Marie Liot / DPPI

Avec un temps de préparation important et une expérience accrue, tu sembles appréhender de manière très différente ta deuxième participation au Vendée Globe…
« C’est effectivement l’opposé ! Pour l’édition 2012/2013, j’avais dû travailler dans la précipitation. Cette fois, j’avance sereinement avec une équipe en place depuis 2011/2012 et qui connaît bien le bateau. En novembre 2016,  cela fera 5 ans que je navigue avec le même 60 pieds. Ce sera un gros avantage par rapport à pas mal de skippers au départ. J’ai aussi un sponsor fidèle et un entourage familial qui sait ce que représente une participation au Vendée Globe. Tant qu’on ne l’a pas vécu, on ne peut pas se rendre compte de l’énergie à déployer et de la pression à gérer pour être au départ. L’expérience d’une première participation permet à chacun de bien se positionner. Je sais à quoi m’attendre et quelles sont les améliorations possibles dans le timing de préparation et la gestion de la fatigue avant le départ. »
 
Ta 5e place dans la dernière Route du Rhum a également dû te donner confiance ?
« Ah oui, c’est bon pour le moral ! La Route du Rhum était ma première course en solitaire depuis le Vendée Globe 2012/2013. Terminer 5e derrière des marins de qualité disposant de bateaux performants a été une belle performance. J’ai pu combattre mes doutes. »
 
Quel sera ton programme sportif d’ici au Vendée Globe ?
« Nous participerons au Record SNSM le 21 juin. Dans la foulée nous prendrons la direction de Barcelone pour effectuer le parcours de qualification pour la Transat Jacques Vabre que je disputerai avec Romain Attanasio. Nous serons peut-être à la Rolex Fastnet Race en août. En septembre, il y aura le Trophée Azimut à Lorient. Début octobre, il sera temps de penser au convoyage entre Saint Malo et Le Havre pour la Transat Jacques Vabre, dont le départ sera donné le 25 octobre. Le niveau promet d’être relevé sur cette course et terminer dans les premiers bateaux autres que les plans VPLP/Verdier me semble un objectif raisonnable. »
 
A moins d’un an et demi du départ, le plateau du prochain Vendée Globe s’affine et promet d’être remarquable…
« L’engouement est énorme, c’est comme si la crise était finie (rires) ! Le sponsoring voile repart, c’est un bon indicateur de l’état  d’optimisme des entreprises. Il y aura sûrement pas mal bateaux de la génération de Bureau Vallée. Le match dans le match sera intéressant. Mais terminer sera bien évidemment mon objectif premier. »

Propos recueillis par Olivier Bourbon/Agence Mer & Média.

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