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3 questions à… Paul Meilhat (#22)

Paul Meilhat - SMA
© B.Carlin / SMA

Tu es un compétiteur mais en même temps un bizuth du tour du monde. Où places-tu le curseur entre aventure et performance ?
« Certains pensent que le Vendée Globe n’est qu’une aventure. Ils sont au départ d’une course mais n’ont aucune ambition de classement. D’autres considèrent qu’il ne s’agit que d’une compétition mais à mon avis c’est du bluff. Le côté aventure est présent dans tous les cas. On ne s’engage pas dans une régate entre trois bouées. Le Vendée Globe a un côté mythique. Je pars dans le cadre d’une compétition, je ne trouverais pas la motivation autrement. Et cela ne servirait à rien de partir sur un tel bateau. Les IMOCA sont vraiment des bêtes de course. Sur SMA, tout est pensé dans un souci d’efficacité, pour gagner du poids, pour aller vite... »

Il y a forcément une part d’inconnu et d’imaginaire quand on aborde son premier tour du monde. Cela ne t'angoisse pas ?
« Pour le moment ma plus longue navigation en solitaire a duré deux semaines et j’ai fait deux fois 23 jours en double. Partir en solo deux mois et demi n’est pas quelque chose qui m’angoisse. Au final, la mer se ressemble un peu partout et la notion de temps est relative. Quand je regarderai la carte et que je serai au milieu de l’océan Indien, avec aucune terre à moins de dix jours, ça sera énorme ! On peut très bien boucler un Vendée Globe sans voir la moindre terre. Il suffit de passer un peu loin des îles et qu’il y ait du brouillard au cap Horn… Mais cela ne m'angoisse pas trop. Ce qui va être compliqué c’est de tenir le rythme et l’engagement sur toute la durée. »

Gardes-tu des séquelles physiques et psychologiques de l’accident survenu lors de la Transat Saint Barth/Port-la-Forêt en décembre 2015 ?
« Cet événement a été difficile à vivre, pour moi et mon équipe. Nous avons perdu du temps. J’étais bien abîmé physiquement et j’ai dû effectuer un gros travail de rééducation. L’équipe a beaucoup travaillé pour remettre le bateau en état. Mais ce que je retire le plus de cet accident, c’est qu’il nous a soudé. Le fait © V. Curutchet / DPPI / SMAd’être passé par une épreuve difficile et de l’avoir collectivement surmontée nous donne confiance. Mentalement, je me sens bien. On sait qu’un jour ou l’autre dans sa carrière de marin, on va vivre ce genre d’événement. C’est une bonne leçon. Quand on est jeune, on a tendance à y aller à fond tout le temps. Avec l’expérience, on sait quand on peut attaquer et quand il  faut lever le pied. Je me suis rassuré cette année en terminant 4e de The Transat puis de la New York-Vendée. Aujourd’hui, je me présente au départ du Vendée Globe avec l’état de préparation que j’escomptais au moment du lancement de mon projet, il y a un an et demi. Je pense avoir une carte à jouer. Je n’ai pas la pression des grands favoris et ce n’est pas plus mal comme ça. »

Propos recueillis par Olivier Bourbon / M&M
 

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