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Vacations : du large du Brésil aux îles Canaries

Photo sent from the boat La Mie Caline, on November 16th, 2016 - Photo Arnaud BoissieresPhoto envoyée depuis le bateau La Mie Caline le 16 Novembre 2016 - Photo Arnaud BoissieresPetit grain !

Rich Wilson, Great American IV
© Guillaume Daumail / M&M"J’avance entre 13 et 14 nœuds. De temps en temps il y a plus de vent. Le bateau va bien. Les autres bateaux de notre groupe avancent bien aussi. J’ai échangé des mails avec Kojiro Shiraishi. Actuellement il va plus vite que nous. Il était derrière et il est passé devant. Mais je sais que je peux accélérer. C’est bien d’être ici. Je suis triste que Tanguy de Lamotte ait abandonné. J’ai appris ça hier. Je suis triste parce que Tanguy a un programme très important pour la chirurgie. J’espère que la fondation va continuer à agir."

 

Vincent Riou, PRB
"La sortie du pot au noir s’est bien passée. Le pot au noir en général s’est bien passé. Normalement quand on sort, on est au près serré, il faut réussir à avancer sur la route pour que le vent adonne. On a eu du vent adonnant tout de suite. Ça permet de gagner du temps. On est dans des conditions médiums, J2, grand-voile, au reaching. Je m’attendais à ce niveau de performance, sinon je ne serais pas parti. Maintenant, les conditions sont difficiles pour moi. On a eu un hémisphère nord avec des vitesses élevées. On sait que le foil c’est un truc qui marche. On fait une sortie de pot au noir où on ne peut pas faire de près donc ce n’est pas trop à mon avantage. Pour les prochains jours on va être en vent de travers. La chance que j’ai c’est que le vent ne forcisse pas trop et qu’il n’y ait pas trop de différentiel. Mais il existe ce différentiel. Il va falloir s’accrocher, trouver des solutions pour ne pas se faire décoller. La route est longue encore. On attend avec impatience que la météo se décante dans l’Atlantique Sud, voir si le garde-barrière fera le travail ou s’il faudra mettre du charbon. La descente est idéale car elle rapide. Les schémas ne sont pas encore accordés. Il y a deux versions pour aller à Bonne Espérance. Ce qui est sûr c’est que c’est rapide. C’est la mise en route ces premières journées. Mais on voit tout de suite qui est dans le match et qui ne l’est pas. C’est une première source d’info intéressante. J’essaye de me tenir un maximum informé de ce qui se passe à terre, surtout dans une période aussi importante. Mais je n’ai pas que ça à faire et je n’ai pas les canaux les plus efficaces, donc ça reste limité. Mais ce qui se passe en France et à l’étranger m’intéresse au plus haut point."

Stéphane le Diraison, Compagnie du Lit – Boulogne Billancourt
"Je me sens très bien. Ça a mis du temps. Un peu chamboulé avec tout ce qui s’est passé aux Sables. Maintenant je suis en phase avec le bateau, en train de vivre des belles choses. Depuis Madère on a eu des bonnes conditions qui permettent d’aller vite. Je n’étais pas dans le coup au début. Je n’étais pas inspiré. L’écart s’est creusé par devant. J’ai raté un train qu’il ne fallait pas rater. Les bateaux de devant sont de supers bateaux avec de supers marins, expérimentés, qui connaissent le parcours et qui attaquent super fort. Donc je n’ai pas forcément de regrets. Tout ce que je voulais c’était jouer avec le groupe de bateaux de génération 2008. Bertrand (de Broc) et Louis (Burton) se sont fait un peu la malle devant. Mais ils ne sont pas si loin. Pour Thomas (Ruyant) et Kito (de Pavant), le parcours est encore long, il peut se passer beaucoup de choses. Tout est possible. J’ai eu pas mal de p’tits problèmes au début. La première semaine j’étais tout le temps en train de bricoler quelques choses. Ça n’aidait pas à la performance. Rien de grave mais il fallait réparer. Par exemple j’ai eu une des pompes de l’hydro qui s’est ouvert les veines et qui a inondé le bateau de son huile. Il fallait faire une différence pour que ça marche sur une seule pompe. Pour l’essentiel, la structure du bateau, le gréement, les voiles. Tout est hyper sain. Je suis très satisfait du travail effectué sur le bateau. Comme ça j’aborde hyper sereinement le reste de la course. Le pot au noir je suis déjà dedans en fait. Il y a une ondulation très haute dont j’ai pu profiter cette nuit. Je l’ai déjà passé trois fois, deux fois en Mini une fois en Class40. A chaque fois c’était dans la douleur, dans des conditions pas faciles donc il y avait de l’appréhension d’y aller avec un bateau aussi gros. Un IMOCA tout seul, ce n’est pas simple. C’est la guerre. J’étais sous grand gennaker et un grain m’est arrivé dessus. J’ai dû rouler dans la précipitation avec le bateau couché sur l’eau. J’ai passé une nuit très physique. Comme un p’tit bateau, si on veut partir de là, il faut se bouger. La seule différence c’est que les manœuvres sont beaucoup plus dures. Pour la météo, je regarde juste la sortie du pot au noir puisque c’est un point sensible où il est possible de gagner ou de perdre beaucoup de temps. Je vais rester concentré sur cet objectif. Je regarde la position de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Il n’y a pas de visée stratégique. Je regarde les copains de devant qui sur orbite, avec des vitesses hallucinantes. Ils sont 800 milles devant déjà, c’est assez dingue."

 

Pieter Heerema, No Way Back 
"Tout va bien. J’ai passé quelques journées fabuleuses. Hier soir, c’était magique. La pleine lune à travers un ciel un peu voilé, une mer plate, aucune vague et un bon vent. Le bateau partait comme une balle. C’était tellement lisse que c’était incroyable. Je n’ai pas vécu beaucoup de nuits comme celle-là. Mon problème de dos s’améliore lentement, mais cela me pose encore quelques soucis. Je vois arriver quelques grains. C’est un peu tôt, mais c’est ce que j’imaginais dans le Pot au Noir. Le vent bascule subitement. J’ai déjà traversé le Pot au Noir, mais pas dans une course. Je ne l’aime pas du tout. Ce n’est pas très sympa. Cela peut être long. Mais c’est un peu un jeu de hasard."

Nandor Fa, Spirit of Hungary:
© Guillaume Daumail / M&M“Je ne sais pas quel jour nous sommes. Je suis bien avancé dans le Pot au Noir. J’ai eu une forte averse avec 30 noeuds de vent et je partais comme une fusée. Ensuite, j’étais encalminé pendant quelques heures sous de la pluie. Encore de la pluie. En ce moment, je vois de gros nuages. Cela se passe comme prévu jusqu’ici. Je me suis avancé vers l’ouest à une bonne vitesse ce matin, mais un nuage est arrivé et j’ai été arrêté. D’ici un jour et demi, je devrais en sortir et j’aurai trouvé les alizés du sud-est. C’est bizarre car ce n’est pas vraiment comme dans mes souvenirs. Ce ne sont pas de nuages isolés, mais une masse, qui couvre tout le ciel."
 

Morgan Lagravière, Safran
© Safran"C’est top. J’avoue que j’étais un peu distrait pendant le passage de l’équateur. Je n’ai pas forcément été pertinent au moment où ça arrivait. Je m’attendais à fêter ça ce soir au coucher du soleil. Pour le moment il fait hyper chaud donc ce n’est pas le timing idéal pour déboucher une bouteille de quoi que ce soit à part d’eau. C’est passé un peu comme une formalité même si j’ai envie d’honorer ça pour m’octroyer un p’tit moment de plaisir ce soir à l’apéro. Je n’avais jamais été aussi loin. Passer le pot au noir, l’équateur, avec un bateau comme ça c’est une nouveauté. C’est top. On est dans le coup, tout va bien. J’ai eu des petits soucis à gérer dans le pot au noir, notamment des problèmes techniques qui m’ont forcé à monter en haut du mât et faire un peu de composite. Tout ça c’est derrière moi et ça me renforce aujourd’hui. On a un bateau à nouveau opérationnel. Je m’étais entrainé à terre à monter en haut. Je m’étais dit que je n’aurais pas à le faire. Je n’ai pas le vertige donc ça ne me stressait pas trop mais même avec un petit clapot, face à la mer, à 27m de haut c’est horrible de travailler en tête de mât. J’étais sensé récupérer une drisse. La première fois que je suis monté, aux trois-quarts du mât, je me suis rendu compte que mon matériel n’était pas bien réglé. Donc je suis descendu ajuster cela. Je suis remonté une deuxième fois, juste pour récupérer une drisse  de tête qui bloquait une voile. Il fallait que j’aille récupérer un morceau de drisse sur le morceau qu’il me restait. Faire ça à 27m de haut, c’est dur. Quand je suis redescendu, je me suis rendu de compte que le passage qu’on m’avait conseillé n’était pas le bon. Je suis remonté une troisième fois et en fait c’était la fois de trop. J’ai cru que j’allais y passer. C’était vraiment dur, ça partait dans tous les sens. Je pense que si je n’avais pas eu de casque, je restais sur place. Je suis redescendu en me disant "ce n’est pas grave, je le ferai plus tard". Au coucher du soleil j’ai pris mon courage à deux mains. J’ai mis le bateau à 180° par rapport aux vagues. J’ai mis une demie-heure pour grimper en tête de mât dans un contexte moins difficile. Ça tapait moins et j’ai pu faire ce j’avais à faire. Je m’en suis sorti avec des hématomes sur tout le corps. J’ai des bleus partout. J’avais une partie des muscles qui était tétanisée. Entre la peur et l’effort physique qu’il a fallu faire, ce n’était pas rien. En plus on avait voulu sécuriser le truc en prenant ceinture et bretelles. Et en fait sur la grand-voile il y a une ralingue, qui permet de monter avec les « couilles de chat » pour être solidaire de la grand-voile et ne pas se faire valdinguer de tous les côtés. Il y avait tellement d’effort que mes « couilles de chat » ne tenaient pas. Je me retrouvais à me tenir à la force des bras une fois en l’air. C’était vraiment dur. Ça a été un peu scabreux le passage du pot au noir. J’avais la tête ailleurs. En sortie j’ai réussi un bon coup en me décalant dans l’Est. J’ai un bateau opérationnel et je me suis bien reposé. On arrive à convertir ça en avancement. J’ai repassé Jerem’ (Beyou). Parmi les pointages je fais partie des bateaux les plus rapides. Ça c’est top. Ça va durer encore trois/quatre jours avec cette force de vent. L’objectif c’est de revenir sur Paulo (Meilhat)."

Kito de Pavant, Bastide Otio
"J’ai des gros grains depuis ce matin. Si je coupe c’est que j’ai des trucs à faire sur le pont. Ça fait déjà un p’tit moment qu’on est dedans et commence à y en avoir marre. J’aimerais bien sortir de ce merdier rapidement. Ce soir ça devrait aller mieux. Ça fait 48h, ça a commencé tôt, j’ai eu du grain par 10 Nord et depuis c’est la pétole. Il n’a pas fait mauvais, mais c’est la pétole. On a eu entre zéro et quatre nœuds de vent. Et là y a des gros grains avec des rafales assez fortes, des pluies torrentielles. Clairement j’en ai marre. Ça suffit. Je connais bien cette zone, ça fait quelques décennies qu’on croise ce putain de pot au noir. On ne s’y fait pas. C’est pas un endroit pour mettre des bateaux à voile.je n’aime pas du tout. Il y a une lumière de fin du monde. Ça n’avance pas. En plus j’ai été bien servi… Les premiers s’en sont bien sortis. La zone s’est étendue depuis qu’ils sont passés, là c’est super large à franchir le truc. J’ai pas le souvenir que ça dure aussi longtemps. C’est 48h de trop. Je me suis fait décrocher les premiers jours, j’ai eu des p’tites emmerdes de voiles depuis le début, j’ai perdu 40/50 milles. Depuis Madère je n’allais pas assez vite. En fait j’étais top toilé. Je ne pouvais pas lofer, j’ai mis 48 h à m’en rendre compte. Les centaines de milles que j’ai perdus sont doublés maintenant. Je ne suis pas très content. On sait que les bateaux neufs affectionnent ces allures mais je pensais qu’on serait avec Jean (le Cam) et avec Thomas (Ruyant) et j’me suis fait décrocher. Je ne suis pas satisfait de ça, d’autant plus que ça revient derrière. La route est longue, il y aura des trucs à faire. Ce qui importe c’est que le bateau soit en bon état. Il y a la frustration de ne pas être dans le match, de ne pas avoir bien navigué la première semaine. Après, il y a eu ce foutu pot au noir. Le vent était particulièrement instable depuis le début. Je commence tout juste à avoir un rythme de tour du monde. Mais tout va bien à bord de Bastide Otio."

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