30 Décembre 2016 - 07h00 • 14218 vues

Partager

Article

Bien calé à la troisième place avec 1 100 milles de retard sur le duo de tête et 800 milles de marge sur Jean-Pierre Dick, Jérémie Beyou navigue un peu à l’ancienne en raison de ses problèmes de communication et de connexion pour récupérer des fichiers météo. Mais le skipper de Maître CoQ reste confiant et concentré sur sa trajectoire…

Jérémie Beyou (Maître CoQ: « Le vent a été un peu long à venir après le cap Horn, notamment au niveau de l’île des États : je me suis tapé une grosse pétole ! Et le vent a fini par rentrer du Sud-Ouest avec même 40 nœuds au passage des Malouines. Maintenant, j’ai plutôt 20-30 nœuds mais la brise est très instable. Ça vient du bon côté. J’en ai pour quelques heures avec ce vent-là mais ensuite, c’est plus compliqué : il y a une transition très molle avant de repartir au près derrière. J’évite de regarder trop loin devant, car dans cette zone, il faut s’attendre à tout parce que c’est le lieu de la cyclogenèse de tout l’Atlantique Sud : il y a de petites dépressions qui se baladent, des anticyclones migrateurs… C’est une zone très active et il est difficile d’avoir des prévisions claires sur plusieurs jours.

Le bateau va bien et se comporte plutôt pas mal au près : je ne regarde pas dans le rétroviseur parce que j’ai 800 milles de marge sur Jean-Pierre Dick. Il y a plusieurs systèmes météo entre nous et nous n’aurons donc pas les mêmes conditions. Normalement avec ce type d’écart, le poursuivant ne revient jamais mais je vois le « pauvre » Armel qui s’est fait rattraper par Alex Thomson : il y a encore des coups à jouer parce qu’il est impossible de contrôler un gars qui arrive comme cela par derrière avec un autre système météo. Il faut vraiment faire avec les conditions qu’on a et se concentrer sur la marche du bateau. A contrario du Pacifique où les phénomènes arrivent essentiellement par derrière, dans la remontée de l’Atlantique, les configurations météo viennent principalement par les côtés.

J’ai encore cinq-six jours à passer en espérant que ça ne soit pas trop aléatoire : il va juste falloir rester concentré au moins jusqu’au cap Frio, car ensuite le système des alizés est plus simple. Physiquement, ça va bien : je suis content d’être sorti du Pacifique parce que c’est long, stressant, compliqué, sollicitant. Et surtout il faisait vraiment froid ! Depuis hier, ça commence à se réchauffer et ça fait du bien… Cette nuit, il y a un ciel tout étoilé : cela fait des semaines que je n’ai pas vécu ça. C’est bon pour le moral. Il n’y a pas de lune du tout : c’est bien parce que nous avons eu pleine lune dans l’Atlantique Sud et nous en aurons de nouveau dans l’Atlantique Nord pour l’arrivée.

Je passe beaucoup de temps à bricoler : c’est un paramètre que j’avais sous-estimé car la caisse à outils est en permanence ouverte. Mais le seul problème à bord, c’est la nourriture : je commence à en avoir marre du lyophilisé ! J’essaye de fouiller dans les sacs pour trouver des trucs différents et je m’interdis de manger du lyophilisé pendant deux jours : je n’en peux plus… J’attaque les conserves de sardines, de maquereaux, la viande séchée et j’ai trouvé du beurre ! »

Onboard image bank while training for the Vendee Globe of IMOCA Maitre COQ, skipper Jeremie Beyou (FRA), off Belle-Ile, on September 23rd, 2016 - Photo Eloi Stichelbaut / Maitre Coq / Vendee GlobeImages embarquées de Jeremie Beyou (FRA), skipper Maitre

Vacation de 4h30 avec Jeremie Beyou

 
Current Time 0:00
Duration Time 0:00
 

ITV par DBo. / M&M