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Jörg Riechers : « Je suis un outsider potentiel »

Jörg Riechers
© Christophe Breschi / Mini Transat La Boulangère

Jörg Riechers compte bien tirer parti de ses années en Mini et en Class40. Son indéfectible sens de l’humour masque une détermination féroce ainsi qu’une parfaite connaissance des impératifs d’un programme Vendée Globe. Avec un premier tour du monde, lors de la Barcelona World Race en 2015, il estime posséder l’expérience pour arriver à un résultat compétitif.

Son IMOCA sur plan Owen Clarke, l’ancien Acciona de Bubi Sanso, avait chaviré au large des Açores en 2013, suite à la perte de sa quille. Remis en état dans un chantier portugais à Lisbonne, il va se voir adjoindre des foils cet hiver et devrait être remis à l’eau au mois de mars prochain. S’en suivra un mois d’entraînements au départ de Cascais avant les premières courses de la saison 2019.

 

La Mini, un apprentissage fondamental

Satisfait d’avoir pu boucler ses années Mini par un podium, Jörg est convaincu que vouloir poursuivre son parcours sur ce support aurait constitué une perte de temps. « J’ai terminé deuxième de la Mini Transat La Boulangère en 2017, fini sur le podium de toutes les courses auxquelles j’ai participé. Poursuivre en Mini serait hypothéquer mes chances d’être prêt pour le Vendée Globe. Refaire la Mini Transat pour risquer de terminer quatrième serait une stupidité. Quand le boulot a été bien fait, inutile de revenir dessus. »

Comme beaucoup de skippers « made in Mini », le navigateur allemand estime cet apprentissage essentiel. « Le Mini t’apprend que la casse est possible. C’est à toi de composer avec le potentiel du bateau et la nécessité de le préserver. C’est sensiblement la même chose en IMOCA : si tu pousses trop ta machine, tu prends le risque de casser. Ce n’est pas comme en Figaro ou en Class40 qui sont des bateaux simples et rustiques. »

 

Foils : un programme en deux temps

Dans un premier temps, le bateau devrait être équipé de foils de deuxième génération, celle qui a généré les podiums du Vendée Globe 2016-2017. Pour Martin Fisher et Merf Owen qui travaillent sur le sujet, l’objectif est de se qualifier pour le Vendée Globe sur un foiler avant de procéder à de nouveaux aménagements à l’issue de la Transat Jacques Vabre 2019. « Chacun sait que les foils actuellement en usage seront remplacés pour le Vendée Globe 2020. Dans ce cadre, nous avons une carte à jouer. Compte tenu de l’âge du bateau, la jauge nous autorise à disposer d’un mât plus résistant. Nous devrions pouvoir exploiter au maximum la portance des foils. On peut donc espérer être compétitif, même si l’on sait que le bateau aura un déficit de poids de l’ordre de 300 kilos par rapport aux IMOCA de dernière génération. De toutes façons, je ne pars pas pour gagner, mais viser un top 5 me paraît à ma portée. Je me définis clairement comme un outsider pour un podium. »

 

Aller vite et bien

Les objectifs peuvent paraître ambitieux mais Jörg Riechers a quelques arguments à faire valoir. « J’ai appris à faire aller vite mes bateaux. Depuis le début de ma carrière, je n’ai jamais eu le bateau le plus rapide, ce qui ne m’a pas empêché de gagner des courses. Je sais que je suis capable de maintenir une cadence élevée, de dormir trois à quatre heures par jour sur de longues périodes. Je suis très sensible à la qualité de ma préparation technique. J’ai aussi un petit côté « Mac Gyver » dès lors qu’il s’agit de bricoler à bord. C’est amusant car autant je suis pointilleux en mer, autant je suis bordélique à terre. Ma compagne a du boulot avec moi, sauf peut-être pour préparer les repas. »

 

Deux skippers allemands sur la ligne

Avec Boris Herrmann, ils devraient donc être deux skippers d’outre Rhin au départ du Vendée Globe, une première dans l’histoire de la course.  « C’est excellent pour la course… De plus cela crée une émulation particulière entre Boris et moi. Je veux à tout prix le battre et c’est pareil pour lui. Cela nous oblige à élever notre niveau d’exigence. Sans être les meilleurs amis du monde, on s’entend plutôt bien. On a suivi des parcours similaires même si on a rarement eu l’occasion de se confronter directement. » Pour l’heure, les planètes semblent s’aligner favorablement pour Jörg : « Aujourd’hui, j’ai deux investisseurs qui me suivent. On devrait avoir trois sponsors qui nous rejoignent l’année prochaine. L’aspect financier est sécurisé. La première partie du programme est d’ores et déjà finalisée. Il nous manque 200 000€ pour installer la nouvelle génération de foils. Mes partenaires sont, de toutes façons, engagés sur du long terme. Après le Vendée Globe, ils souhaiteraient s’engager sur la Volvo avec un équipage à forte connotation allemande. On pense à Boris, Robert Staniek, un garçon comme Ryan Breymaier et pourquoi pas Isabelle Joschke… Une belle équipe. »

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