Actualité

Fastnet : une course riche d’enseignements

Charal
© Gauthier Lebec / Charal

« Ça fait du bien de gagner avec Charal et Christopher (Pratt) ». Le cri du cœur de Jérémie Beyou traduit bien l’importance pour le marin et son équipe de cette remise en route, avant la Transat Jacques Vabre et après son abandon contraint dans la Route du Rhum 2018. Depuis, le team Charal a beaucoup travaillé, s’efforçant de gommer les faiblesses du bateau, affinant le système de réglage des foils, multipliant les sorties en mer pour fiabiliser l’ensemble. La victoire dans la Rolex Fastnet vient conforter la démarche engagée depuis plusieurs mois. Pour autant, Jérémie Beyou n’entend pas se reposer sur ses lauriers puisqu’il confiait se pencher sur une protection accrue de son cockpit. « Avec les hautes vitesses qui sont maintenant les nôtres, la moindre vague submerge le bateau. Le cockpit ressemble vite à une piscine. »

Le duel attendu n’a pas eu lieu

On attendait beaucoup de la confrontation entre Charal et le tout nouveau Arkéa Paprec de Sébastien Simon et Vincent Riou. Malheureusement, le duel a tourné court, la faute à un black-out électrique qui a obligé Vincent et Sébastien à quitter la course prématurément. La victoire de l’un et l’abandon de l’autre rappellent une règle immuable en course au large : rien ne remplacera jamais les milles parcourus, que ce soit en entraînement ou en course. Il reste que la bagarre en tête de flotte a été intense, grâce notamment à la très belle prestation de Kevin Escoffier et Nicolas Lunven qui, sur le vénérable PRB, une unité de 2012 remise au goût du jour grâce à ses foils, ont joué le poil à gratter du leader jusque dans les derniers milles. C’est d’ailleurs un des enseignements de ce Fastnet : les bateaux de 2012 tel PRB ou Initiatives Cœur se sont trouvés une nouvelle jeunesse depuis l’adjonction des foils.

Un podium pour Clarisse Crémer

La jeune navigatrice n’en espérait pas tant. Bien sûr, elle possédait en Armel Le Cléac’h un précepteur d’exception pour ses premiers pas en IMOCA. Evidemment, Banque Populaire (ex SMA – ex MACIF), reste une référence, qui plus est dotée d’un palmarès enviable. Mais, avec un monocoque à dérives droites, tenir tête aux foilers relève de l’exploit. Une performance rendue possible par les très nombreuses transitions météo qui ont émaillé la course, pendant lesquelles la souplesse de réaction du monocoque, vainqueur du Vendée Globe 2012 et de la Route du Rhum 2018, a fait merveille. D’autres monocoques à dérives ont tenu leur rang, tels Groupe Apicil de Damien Seguin et Yoann Richomme, septième, ou bien encore Groupe Sétin de Manuel Cousin et Gildas Morvan, dixième. Manu Cousin ne tarissait pas d’éloges sur la présence de son coéquipier : « J’ai un caractère impulsif. Gildas m’oblige à prendre du recul, à réviser mes analyses stratégiques… » Les compétences de régatiers du large que sont les Figaristes sont d’ailleurs particulièrement recherchées puisque l’on comptait aussi Éric Péron en soutien de Fabrice Amedeo (Newrest Art & Fenêtres) ou Antony Marchand aux côtés de Giancarlo Pedote (Prysmian Group).

Contents, somme toute

D’autres coureurs ont pu retenir quelques motifs de satisfaction avant les prochaines échéances. Louis Burton (Bureau Vallée 2) associé à Davy Beaudart, dont on aurait pu craindre que sa préparation solitaire à Saint-Malo ne le prive d’éléments de comparaison, a parfaitement tenu la distance, terminant quatrième de l’épreuve. Sam Davies et Paul Meilhat (Initiatives Cœur), tout comme Yannick Bestaven et Roland Jourdain (Maître CoQ), ont pu affiner leur préparation de la Transat Jacques Vabre. Enfin Pip Hare se souviendra sûrement longtemps de ces premières heures du Fastnet 2019 où, suite à une option audacieuse aux abords du cap Lizard, elle a pris la tête de la flotte des IMOCA plusieurs heures durant… à bord de l’ex Superbigou, un monocoque construit en vue du Vendée Globe 2000.

Snap code

Retrouvez-nous sur Snapchat
vendeeglobe2016