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Thomas Pesquet : les marins du Vendée Globe ont droit à toute mon admiration

Arrivée de Thomas Pesquet
© Eloi Stichelbaut

Une traversée de l’Atlantique en guise de baptême

« Pour moi qui ne suis qu’un matelot du dimanche, je l’ai très bien vécu. Ma petite expérience se limitait à une seule nuit passée en mer. Là, il s’agissait de traverser l’Atlantique. J’ai découvert ce qu’était la navigation sur un IMOCA, le peu de confort dont jouissent les marins, les quarts de deux heures. En comparaison, la vie sur la station spatiale est beaucoup plus facile : on dispose de plus d’espace, on est au sec, et on n’est pas balloté en permanence. »

 

Naviguer en équipage

« La vie à bord ne m’a pas posé de problèmes. Il faut dire que j’étais particulièrement bien entouré entre Tanguy (de Lamotte), Davis (Sineau) et Anne-Claire (Le Berre), tous des marins confirmés. J’ai surtout essayé de tenir ma place, de faire attention à ne rien casser, ne pas faire de bêtises… »

 

De l’espace à la haute mer, des points communs

« Celui qui me vient à l’esprit immédiatement, c’est qu’en mer comme dans la station, on dispose d’un véritable espace de liberté tout en étant confiné dans une sorte de huis clos. Dans un cas comme dans l’autre, il existe cette perception double : on évolue dans un univers qui n’est pas forcément accessible à tout le monde, ce qui procure cette sensation de liberté, mais pour ce faire, on a besoin d’un point d’ancrage au sein duquel notre marge de manœuvre est faible. »© Eloi Stichelbaut

 

Et pourtant de véritables différences

« Dans l’espace, mis à part le décollage de la fusée, on n’a pas de sensation de vitesse. La station tourne autour de la terre sans être freinée par l’atmosphère, tout est fluide. En mer en revanche, on sent que chaque progression est un effort, qu’il faut lutter pour progresser le plus vite possible. Sur ce convoyage, j’ai aussi pris conscience d’une autre échelle des choses. À bord de la station, la traversée de l’Atlantique prenait dix minutes. Là, il a fallu deux semaines pour revenir du Brésil jusqu’en France. À l’heure où tout va de plus en plus vite, où on est en quête perpétuelle d’immédiateté, c’est sain de ralentir, de prendre son temps. Cela remet les choses en place… »

 

Solitaire ou équipage

« À bord, nous étions quatre. Et j’ai le sentiment que nous n’avons jamais cessé de travailler, de bricoler. En équipage, on dort plutôt bien, on se repose sur les autres qui sont de quart. J’imagine maintenant ce que doit être la navigation en solitaire : ici il n’y a pas de service après-vente, on doit pouvoir tout gérer de manière autonome. Je suppose la pression que cela doit introduire en solitaire. »

 

Sur les marins du Vendée Globe

« Le grand public ne se rend pas compte des efforts que ces hommes et ces femmes doivent fournir. Ils doivent gérer la fatigue physique mais aussi psychologique. Sans oublier l’éloignement, ce sentiment que l’on n’a pas droit à l’erreur, le danger qui est bien réel. Si vous tombez à l’eau à vingt ou trente nœuds, vous savez que c’est terminé. J’ai énormément de respect pour ces marins qui vont partir pour plusieurs mois en mer dans des coins hostiles. Personnellement j’en serais totalement incapable. Il faut vraiment que l’on fasse passer le message : ce qu’ils accomplissent est exceptionnel, hors normes.

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