27 Octobre 2020 - 09h15 • 3335 vues

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Le jeune Sablais de 30 ans qui rêvait tout jeune de Vendée Globe vit sereinement ces trois semaines d’avant-course. Le foiler ARKEA PAPREC de Sébastien Simon est prêt, et le bonhomme ne cache pas son impatience d’y aller. Derniers mots au ponton avant son confinement.

Il s’agit de ton premier Vendée Globe. La préparation au départ et cet avant-course sont-ils conformes à ce que tu t’attendais ?

Pour l’instant, ça va, je suis plutôt serein et confiant. Nous avons fait une dernière sortie, c’était super sympa, ça fait du bien de naviguer aux Sables d’Olonne avec le bateau ARKEA PAPREC. C’est mon dernier jour de « liberté » parce que je vais me confiner dès ce soir (vendredi 23 octobre). J’essaie de profiter au maximum de mon entourage avant de m’isoler, de me mettre dans ma bulle pour le départ. Le bateau est prêt, on est vraiment sur les derniers détails. Nous nous sommes organisés avec l’équipe pour faire des « visio » deux fois par semaine quand je serai en confinement pour assurer le suivi à bord du bateau. C’est quand même particulier de ne pas être présent, mais on va faire avec. Tout va bien, l’ambiance est plutôt décontractée, donc c’est chouette.

Qu’embarques-tu comme matériel de remplacement ?

© Yvan Zedda / Alea / VG 2020J’ai tout emmené, on a de quoi tout réparer, quasiment en double. L’équipe, qui a beaucoup plus d’expérience que moi sur le Vendée Globe, a beaucoup travaillé là-dessus. Chacun à son rôle, mécanique, hydraulique, électronique… Ils ont essayé de travailler sur toutes les pannes que je serais susceptible de rencontrer sur le Vendée Globe. Le but pour moi est d’avoir des choses déjà prêtes pour remplacer ce qui a cassé ou a été endommagé rapidement. Il s’agit d’une course, il ne faut pas perdre de temps. C’est plutôt bien mis en place, tout est numéroté. Ça va jusqu’au petit fusible accroché à côté des prises pour que je n’ai pas à les chercher. J’ai des listes, des notices. C’est très appréciable et je vais me concentrer à lire tout ça pendant le confinement pour leur poser les dernières questions si besoin.

Comment te projettes-tu sur ce parcours ?

J’ai hâte d’y aller, ça fait tellement longtemps qu’on travaille sur ce projet ! On a mis tellement d’énergie et de ressources dans ce bateau pour le fiabiliser, pour être au point ici au départ du Vendée Globe. Maintenant, il est grand temps d’y aller ! Il y a un peu d’appréhension qui va s’installer dans les jours à venir, mais j’ai envie de faire ma course sans trop me préoccuper des autres. Je vais essayer de mener à bien mon bateau pour qu’il aille jusqu’à l’arrivée. C’est mon objectif principal et je suis convaincu que si on arrive jusqu’aux Sables d’Olonne en janvier 2021, le résultat sera aussi présent.

Comment te prépares-tu à l’inconnu, à la solitude ?

J’ai conscience du fait qu’il y aura des moments durs où je vais me sentir seul, où je serai en décalage complet avec mon entourage et avec ce qui se passera à terre. On va changer de fuseau horaire régulièrement dès qu’on aura tourné à gauche après le cap de Bonne-Espérance. C’est surtout le départ que j’appréhende : trouver mon rythme rapidement, trouver le sommeil, trouver l’appétit… Ça va conditionner toute une partie de la course. Ce sera aussi lié aux conditions météo et puis le départ d’une telle course est très chargé en émotions. C’est vraiment cette période-là que j’appréhende, le reste, je pense que ça va bien se passer.

Comment te vois-tu par rapport à la flotte ?

J’aimerais forcément jouer avec les leaders, rester au moins au contact. Après, je sais qu’on a un très fort potentiel dans certaines conditions. En dessous de 20 nœuds de vent, le bateau va très très bien. Ma préparation fait que je suis un peu moins entraîné que les autres dans des conditions un peu plus musclées. Mais je suis convaincu que cela va se lisser au fur et à mesure de la course. Si je reste au contact des leaders, je serai hyper content, mais je ne vais pas me focaliser seulement là-dessus. C’est sûr que la descente de l’Atlantique va être assez soutenue et après, une fois que les écarts se seront créés, je pense que la manière de naviguer dans les mers du Sud sera un peu différente. C’est ce que j’imagine ! J’ai entendu beaucoup d’anecdotes de marins qui ont bouclé la boucle, mais je ne me focalise pas là-dessus. J’ai ma manière de naviguer, je m’adapterai.

Est-ce que tu peux nous parler de ta pharmacie ?

J’ai fait une formation hauturière avec le pôle Finistère récemment. Cette formation est obligatoire, on a fait le point sur la pharmacie. On a appris à faire des sutures, des perfusions. Je sais ce que j’ai à portée de main. J’ai ajouté du stick à lèvres, de la crème solaire, du talc pour les irritations, pour les manchons et les cols de ciré qui, avec le sel, deviennent très irritants. Mettre du talc permet de les enfiler beaucoup plus facilement. Je faisais déjà ça en Optimist avec ma combinaison sèche.

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