24 Novembre 2020 - 09h00 • 24342 vues

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Pour Romain Attanasio, rien n'est simple en milieu de flotte. Pas plus que devant ou derrière, les conditions de vent n'y sont parfaitement lisibles. Ce matin, le skipper de PURE - Best Western saluait le système Oscar, élément de sécurité qui détecte les objets flottants et rassure les marins. 

« Ça va, ce n'est pas très simple, le vent est hyper instable, ça change toutes les cinq minutes. Ça passe de 12 à 16, de 80° à 120° d’un coup…

J’ai fait de bonnes nuits ces derniers jours grâce à Oscar. Cet outil nous rend bien plus sereins. A chaque fois que l’écran s’allume, je lève un œil sans avoir besoin de sortir la tête et de prendre un paquet de flotte, c'est pas mal ! Oscar (un système de caméras et de retour d’images qui favorise le repérage et l’identification des formes sur l’eau et sous la surface, ndlr) est très opérationnel pour tout ce qui flotte. Il repère les bateaux de pêche sans AIS, les pirogues, ça aide à rester serein. Bon, il ne faut pas totalement baisser la garde non plus : aux briefings de sécurité, les spécialistes nous disent qu’il n’y a jamais eu autant d’accidents que depuis que les bateaux ont l’obligation d’allumer l’AIS (système d’identification des bateaux sur lequel peuvent se régler les alarmes du bord, ndlr). L’écran d’Oscar est même assez envoûtant : je me prends à regarder devant tout le temps…

La route n’a pas été facile depuis le début. On a eu une première semaine compliquée sur le plan météo, j’ai rencontré mes problèmes de mât, qu’il a fallu que je gère. Je navigue avec un ris dans la grand-voile, contraint et forcé. Quand les conditions s’y prêteront (vent calme et stable, et pas de mer, comme ce que semblent avoir les gars en tête), je devrai remonter en haut du mât pour régler le problème pour de bon, afin de pouvoir renvoyer toute ma grand-voile. Pour l’heure, je règle en alternant les voiles d’avant, J1, J2, je cherche la bonne solution pour avancer dans ces vents erratiques. Tout le monde est logé à la même enseigne, je le sais : on en discute entre nous. Pour moi, le plus pénible, c’est que cela fait trois jours que je suis « sur la portière » et qu’il ne se passe rien. Je suis en permanence à la gîte.

On va aller chercher Sainte-Hélène, qui se repositionne. C’est encore un peu le bordel, mais l’anticyclone sera bientôt repositionné au bon endroit. On devra faire le tour. Pour le groupe de chasseurs, c’est un peu limite ».