25 Novembre 2020 - 12h06 • 26799 vues

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Arnaud Boissières (La Mie Câline - Artisans Artipôle) était à la vacation de 9h30 ce matin.

" C’est super agréable car le vent a un peu forci, le bateau avance tout seul, je fais des pointes à 20 nœuds et du 15 nœuds en moyenne, il n’y a pas de mer, il fait beau, il y a des poissons volants, il n’y a pas de grains : ça fait plaisir ! J’attendais ce moment avec impatience. Hier, c’était une zone de transition, le vent était instable mais au lever du jour tout est revenu. 


Concernant ce qu’il se passe devant, c’est un petit peu le bazar, les routages me font faire le tour de la paroisse pour l’instant donc forcément je suis dessus, je vois que c’est très compliqué pour ceux qui sont devant. Il semble que ça le sera aussi pour nous donc je pense que je ne vais pas hésiter à contourner. Je ne veux pas risquer de couper pour être sûr de ne pas tomber dans un piège. 


Ce qu’on vit depuis le départ, c’est inédit : quel que soit le groupe de bateaux dans lequel tu te trouves, c’est un scénario météo pas commun. Après, le contournement de Sainte-Hélène n’est pas classique mais ça arrive. Mais c’est vrai que les conditions ont été étranges, il faut s’adapter, je vais essayer de ne pas tomber dans le panneau plusieurs fois. Il y a pas mal de similitudes entre les deux hémisphères, il faut voir l’équateur comme un miroir. Il y a les alizés du Nord et du Sud, l’anticyclone de Sainte-Hélène, si on fait un parallèle, on peut dire que c’est comme l’anticyclone des Açores au Nord. La différence, c’est que le climat va changer quand on va le contourner, il va rapidement faire froid. Là, on est le long des côtes brésiliennes, il y a des phénomènes locaux de météo qui peuvent perturber les systèmes mais aussi un nombre impressionnant de cargos et de bateaux de pêche, ce qui est compliqué lorsqu’on navigue en solitaire. Il faut être très vigilant, ça met du piment dans l'histoire ! "