06 Décembre 2020 - 11h48 • 12506 vues

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À bord de Merci, Sébastien Destremau a connu une nuit agitée. À la vacation de ce dimanche matin, il raconte sa façon d'y faire face et évoque sa progression vers l'océan Indien. 

" Ça va super bien ! Je n’ai pas de souci particulier à bord après une longue nuit un peu compliquée et ce n’est pas fini, j’ai l’impression. C’était vers 1 heure du matin, on était à fond la caisse, ça allait vite sous gennaker avec un ris. Puis, il s’est mis à pleuvoir des trombes et un front est arrivé. Il n’était pas franc du tout et le vent a commencé à faiblir, remonter, faiblir, tourner… Il n’était pas franc du collier ce front et ça nous a fait perdre vachement de temps à attendre que ça s’installe au Sud-Ouest. Ça a tournoyé pendant deux heures avec des averses. Ce n’était pas une situation nette et j’ai donc perdu quatre heures avant de retrouver du vent un peu stable qui nous permettait de repartir dans la bonne direction.

Nous ne sommes pas encore dans le dur​

Là, ça vient de tomber, il n’y a plus de vent ou très peu. Il va falloir beaucoup manœuvrer, changer de voile… Une fin de nuit et une matinée qui ont donc été très compliquées ! C’est un travail de forçat. La descente de l’Atlantique Sud est un peu longue. Je regardais la cartographie tout à l’heure et je pensais qu’on était beaucoup plus proche du cap de Bonne-Espérance que ça.

En fait, on est encore au milieu de l’Atlantique Sud. Il reste encore beaucoup de route avant d’y parvenir. C’est une descente très longue alors que j’ai trouvé que les conditions étaient bonnes, qu’on ne s’est jamais vraiment arrêté. On a eu du vent tout le temps, on a fait la " grande cuillère " par le Brésil et l’Uruguay, j’ai trouvé ça relativement simple. Mais c’est vrai que les jours passent et qu’on n’est toujours pas dans l’océan Indien.

Nous ne sommes pas encore dans le dur, il faut attendre quelques jours. Mais les conditions commencent à se durcir, les températures baissent. On arrive dans le Sud ! C’est sûr que d’avoir des copains autour, ça fait du bien, c’est rassurant. C’est plutôt moi qui vais les secourir plutôt que l’inverse puisque je suis derrière eux.  Au moment de l’équateur, on était côte à côte avec Ari (Huusela) et on a longuement discuté. Je suis vraiment content qu’on arrive ensemble parce que lui avait beaucoup d’angoisse à l’idée de rentrer dans l’océan Indien. Je suis content qu’on s’accompagne et qu’on y aille ensemble. Moi ça va très bien. C’est étonnant de voir à quel point les jours passent à une vitesse folle… Vingt-sept jours déjà ! "

 

Sébastien Destremau / merci