05 Janvier 2021 - 19h44 • 14497 vues

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Boris Herrmann (Seaexplorer - Yacht Club de Monaco) a réparé sa grand-voile ! 

"Je suis heureux d'avoir passé le cap Horn, mais je l'ai à peine remarqué. Je me suis juste concentré sur la réparation de ma grand-voile. Au sud du Cap Horn, à 140 milles, quelque chose comme ça, je savais qu'il y avait pas mal de vent qui arrivait, 45-50 nœuds. J’avais deux ris et j'étais sur le point de prendre le troisième quand la chute de ma grand-voile s’est prise dans les haubans, ce qui est un problème commun qui peut arriver. Mes lattes se sont donc coincées à l'intérieur du hauban et la seule façon de les faire sortir était de s'approcher du vent, de lofer et de laisser les lattes s'échapper de derrière le hauban. Je l'ai fait en prenant le troisième ris. Et pendant ce temps, la petite latte intermédiaire, plus haut sur la voile, a battu quelques fois devant le hauban et s'est déchirée un peu à cet endroit. Deux choses qui font que je n’ai pas exécuté parfaitement ma manœuvre. Ce qui est assez délicat. Je pense que la voile est un peu trop légère. Il ne s'agit pas seulement de la voile, je ne la blâme pas, j'ai fait une erreur dans la manœuvre. Je dois réfléchir à la façon dont nous concevons la tête de la grand-voile. Sur tous les nouveaux foilers, les têtes de grand-voiles sont plus petites. J'espère que d'ici l'arrivée, je n’aurai plus à prendre de troisième ris ! Si c'était le cas, je m'assurerais d'avoir une plus grande voile d'avant pour propulser le bateau et ainsi ne pas trop solliciter la grand-voile ou être complètement au vent. C'est très ennuyeux : une petite erreur, une fraction de seconde et - clac, clac, clac, la voile a probablement battu trois fois - et elle s’est déchirée. Je suis pourtant tellement, tellement prudent pour éviter ce genre de chose… Et puis ça arrive et je perds je ne sais combien de milles.

Heureusement, j'ai pu la réparer. Et cela me rend vraiment heureux. C'était compliqué parce que c'était structurel, j'ai dû sécher et nettoyer deux couches là-haut par 45 nœuds de vent, c'était assez velu sur le pont, mais j'ai terminé la réparation aujourd'hui sous le soleil de l'Atlantique. Et maintenant, enfin, c’est génial d'être dans l'Atlantique, avec du soleil, des vents plus légers et un ciel bleu. J'ai une grand-voile haute et c'est tout simplement génial. Maintenant je croise les doigts pour ne plus avoir de problèmes, pour revenir à la course."

Boris Herrmann / Seaexplorer - Yacht Club de Monaco