24 Janvier 2021 - 08h45 • 8611 vues

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Arnaud Boissières (La Mie Câline - Artisans Artipôle) semble en avoir terminé avec la zone de vents faibles qui a poussé dans ses retranchements sa maîtrise de ses petits nerfs. Il aura suffi de voir un bout de terre pour tout oublier ! 

" J'ai vécu un truc formidable, hier ! Quand on fait le Vendée Globe, on ne voit pas beaucoup de terre. C'est magique de croiser cette île (Martin Vaz, ndlr), j'y étais passé en 2012. Quand tu croises une terre, tu es comme un gamin. Et je suis un gamin. Et, hier, je suis passé près d'une île. J'ai un peu de vent, c'est plutôt agréable. En fin d'après-midi, j'ai vu que les petits moutons que formait le vent s'échappaient à l'horizon, j'avais 10-12 noeuds de vent. Là, dans la nuit, c'est revenu à 20 nœuds, c'était sympa, ça permet de grimper au Nord-Ouest vers des latitudes plus connues, aux alentours de Bahia. Après deux trois jours, encalminé, c'est chouette. Il y a de petits grains, mais c'est chouette. 

(Dans la pétole) je ne pète plus les câbles que je pétais auparavant. C'est surtout quand je vois sur la cartographie la trace de Romain que je me dis que, lui, il doit péter un câble. Il ne faut pas se satisfaire du malheur des autres, mais il touche un peu tout le monde. J'ai vécu ça avec philosophie, avec quand même des idées noires, mais j'ai surtout cherché à rester dans mon axe, à chercher à grimper au nord tant que je pouvais. Maintenant, c'est derrière, et il en faut, des moments pas sympa, pour apprécier les bons moments. Je ne sais pas si l'âge me rend philosophe : je dis que je n'ai pas pété un câble pour me rassurer, mais en réalité, j'étais tellement désemparé que j'ai hurlé sur le bateau. Heureusement qu'il n'y avait personne ! Je me suis filmé et je me suis dit que non, je ne pouvais pas envoyer ça. Il y avait trop de gros mots. C'est stable comme des alizés, ily a 40 degrés de bascule et des variations de vitesse de 5 noeuds. Je ne me plains pas : je n'ai pas de gros grains. Je ne crois pas grand-monde pour le moment. Je n'aime pas trop me rapprocher des côtes du Brésil parce qu'il y a souvent beaucoup de trafic, des bateaux de pêche notamment, et beaucoup de perturbations. Je me suis fait piéger deux trois fois auparavant, désormais je fais gaffe. 
Je serai à l'équateur dans trois-quatre jours, ce sera mon 17e équateur. J'espère que ça va plaire !"

Arnaud BoissièresLa Mie Câline - Artisans Artipôle