21 Février 2021 - 16h11 • 14384 vues

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Isabelle Joschke (MACSF) s'apprête à affronter sa dernière dépression avant de boucler son tour du monde hors course. La navigatrice est attendue aux Sables d'Olonne le 24 ou le 25 février, quelques heures avant Sam Davies (Initiatives-Coeur)

"Hier les conditions n’étaient pas simples : j’ai passé un front avec du vent fort de Nord-Ouest et une mer pas facile, avec des grains. Ça m’a rappelé les mers du sud !  Il y avait 6 mètres de houle annoncée, j’ai ralenti un peu pour laisser passer le gros mais j’ai passé la nuit à manoeuvrer car le vent n'arrêtait pas de changer. Aujourd'hui c’est plus cool, je me repose un peu. Je me prépare à bientôt atterrir et à terminer cette longue aventure, mais je me prépare aussi à prendre un dernier coup de vent. Je vais devoir passer une dépression juste avant le Golfe de Gascogne demain soir. Je me repose un peu pour pouvoir affronter ça avec toute l’énergie nécessaire.

Le vent va se lever en fin de journée, ça va monter doucement. C’est un peu la dernière ligne droite. Dans l'ensemble mon bateau va bien mais j’ai toujours la quille dans l’axe depuis le Brésil. Ça n’aide pas à traverser les coups de vent, les grains. Le bateau part souvent au lof. J’aimerais naviguer plus vite mais ce n’est pas évident. Je vais jouer la prudence dans ce dernier coup de vent. Je ne peux pas y échapper, mais je vais essayer de passer avant qu’il ne soit trop fort. 

Détente 

J’ai parfois des temps morts. Aujourd’hui je profite que les conditions soient plus calmes pour me poser, pour lire. Durant mes deux mois en course, je n’ai pas trop pu lire, parce que j’étais très absorbée par la compétition. Je prends du plaisir en mer, je suis détendue, ça fait aussi partie de cette aventure, car il n’y a plus de compétition. Même si j’ai envie d’arriver le plus vite possible ! Je trouve ça chouette, ça me permet aussi tranquillement de me préparer au retour à terre. Là je bouquine le deuxième tome de Pierre Lemaitre, “les couleurs de l’incendie”. C’est passionnant ! 

Sam Davies, ETA une journée après

On communique beaucoup avec Sam (Davies), on se donne des nouvelles tout au long de la journée, sur nos conditions, comment nous sommes toilées... Hier on s'était mises d’accord pour traverser la dépression avec la même stratégie. Mais je vais finalement devoir me décaler un peu, Sam est un peu plus lente, elle n’a plus de solent, plus de J2. Je vais passer en avant du gros de la dépression et probablement que Sam passera derrière. Nous n'arriverons pas ensemble aux Sables d'Olonne. Dans la mesure où l’on se rapproche des côtes, elle a aussi moins besoin d’escorte. Je devrais arriver avec une petite journée d’avance sur elle. 

Isabelle Joschke / MACSF