27 Février 2021 - 17h17 • 14660 vues

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Quatrième femme * et 24e concurrente de ce Vendée Globe, Alexia Barrier est proche du dénouement. La navigatrice de TSE-4myplanet va boucler dimanche son premier tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance. Il ne restera alors plus qu’un marin en course. Le 6 mars, il reviendra au Finlandais Ari Huusela  la lourde tâche de tirer le rideau sur cette 9e édition.

Ça sent la fin… La fin d’un bon moment, d’un beau récit choral porté par une galerie de personnages courageux et attachants. Les 33 skippers de ce 9e Vendée Globe nous ont fait oublier l’hiver. Ils ont soufflé un vent de liberté sur nos vies enfermées.

En mer, on ne sait certes jamais de quoi sera fait demain. Mais dans ce royaume de l’incertain, le marin reste roi, maître de son destin, responsable de ses choix, de sa route, de ses manœuvres, de la résolution de ses problèmes quotidiens, libre de ralentir, d’accélérer, de s’arrêter ou de continuer, libre, nuit et jour, de respirer au grand air, de humer le vent et de regarder la mer. Tout en vibrant au rythme des péripéties de cette fabuleuse régate au long cours, tout en nous réjouissant ou en tremblant pour les acteurs de cette aventure humaine, nous avons certainement envié ce privilège, celui qui consiste à être le seul autorisé à s’infliger des contraintes, des règles de vie.

Nous avons aussi vécu à travers eux ces moments d’émotion et de joie qui marquent la fin du voyage. Le 27 janvier, Charlie Dalin – premier sur la ligne et deuxième au classement - ouvrait le bal des arrivées. Un mois plus tard, il reste encore deux concurrents en mer.

Alexia Barrier, la sixième femme de cette édition est à moins de 150 milles du but. Dans la journée de dimanche, elle inscrira son nom sur la 24e ligne du classement.
Depuis son entrée dans le golfe de Gascogne, elle progresse au près tout en surveillant le trafic – il y a 48 heures, elle raconte être passée, de nuit,  à 10 mètres d’un bateau de pêche qui circulait sans AIS ! - Il ne lui reste qu’un virement de bord, ce soir, au large de la Bretagne, avant de franchir la ligne le 28 février en fin de matinée ou début d’après-midi. Après les célébrations - champagne et pizza selon son souhait - , elle filera directement à l’hôpital pour contrôler son dos blessé.

Et puis il y a Ari Huusela. Premier finlandais à disputer le Vendée Globe, le pilote de ligne a réalisé depuis le début une course prudente, soumise à sa volonté de naviguer en toute sécurité. Le skipper de Stark est passé hier près des îles de l’archipel des Açores. Il lui reste un peu plus de 1000 milles à parcourir avant de toucher terre.

 

* Elles étaient six au départ, deux d'entre elles ont terminé hors course

 

La rédaction du Vendée Globe / Camille El Beze