18 Décembre 2012 - 14h03 • 2100 vues

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Retrouvez les principales déclarations du live de mardi avec François Gabart, Bertrand de Broc, Armel Le Cléac’h, Javier Sansó, Dominique Wavre et Tanguy de Lamotte.

François Gabart (FRA, MACIF)

(A propos de ses conditions de navigation) Ça change toutes les dix secondes. Il y a des grains. Entre 18 et 40 nœuds. Je surveille du coin de l’œil Armel (Le Cléac’h), on est à peu près à la même vitesse. Mais il n’a pas l’air de se décider là.

Je suis en stand by. Même si je suis en train de manger, de me reposer, de faire la météo dans le cockpit, je suis prêt à prendre la barre s’il faut. Je suis toujours prêt à intervenir. Mais clairement, on ne peut pas tout suivre. On ne va pas tout bouleverser sur le bateau, ni dans les manœuvres car les conditions changent tellement. On ne change pas pour un grain.

(Apprenant qu’il vient d’entrer dans le Pacifique) Waouhhhh ! Je suis dans le Pacifique, c’est une belle nouvelle ça. Je suis ravi même si je n’ai pas vu de grosses différences entre les deux (Indien et Pacifique). C’est parfait, il ne reste plus que cet océan, le cap Horn et hop ! direction la maison. Ça me va comme programme.

 

Bertrand de Broc (FRA, Votre Nom autour du Monde avec EDM Projets)

Les conditions sont plutôt comiques. Ciel de traîne. Il y a des grains de 25-40 nœuds. Je me tiens car le bateau part un peu dans tous les sens. C’est assez violent. Cette nuit, c’était assez copieux. La table à cartes a encore fait des siennes, l’ordinateur est tombé par terre. J’ai bricolé le reste de la nuit mais j’ai réussi par miracle à remettre tout en place. Je ne sais pas comment mais tout remarche à la perfection.

(Au sujet de ses différents problèmes à bord) Il y a eu un impact à l’avant. J’attends les calmes dans l’Australie pour réparer. J’ai eu le problème avec la table à cartes, j’ai un petit problème physique au bras - une tendinite… enfin, plus qu’une tendinite - mais tout se répare. J’ai mis de la crème et j’ai pris des cachets. Ça me pénalise un peu sur la vitesse du bateau. Avec le pépin à l’avant, on a perdu l’emmagasineur de gennaker, donc en ce moment, je ne me sers que de trois voiles. Il faut attendre que ça se calme. Il me faut 4-5 heures de réparation.

 

Armel Le Cléac’h (FRA, Banque Populaire)

(A propos du Pacifique) C’est la deuxième fois que je vais avoir la chance de naviguer dans cet océan. Il y a beaucoup de milles à parcourir avant de voir le cap Horn. Après les Pyrénées, ce sont les Alpes. On va essayer de bien naviguer. On va passer Noël à bord au milieu du Pacifique. Il y aura des journées assez particulières.

(Au sujet des voiles) J’essaye de trouver les bonnes voiles. Je change de temps en temps. Mais avec François (Gabart), on a à peu près les mêmes. Ça ne se joue pas à grand-chose. A quelques milles près, on peut perdre ou gagner du terrain. Là, je profite (ndlr : des conditions favorables). C’est bien d’être revenu (sur Gabart). C’est bientôt la moitié, il faut continuer.  C’est plutôt intéressant pour attaquer la suite. C’est bien dans la lutte pour la première place.

 

Tanguy de Lamotte (FRA, Initiatives-cœur)

On n’est que par 40 Sud mais il y a 6 mètres de houle, des grosses, grosses vagues. De temps en temps, on prend des grosses claques sur le côté du bateau et ça fait un peu peur. Hier soir, je suis tombé sur les fesses sans pouvoir me retenir. Il faut faire attention dans les déplacements car c’est assez brutal. Le bateau est à l’aise mais il faut surveiller tout ce qui se passe sur le pont et rester vigilant.

J’avoue que j’ai mis un peu de temps à rentrer dans le grand Sud. Là, on y est bien. Gros nuages gris, grosse houle avec grains, lumière et albatros. Ça colle pas mal à ce que j’espérais. C’est super impressionnant et je passe des supers moments.


Javier Sansó (ESP, ACCIONA 100% EcoPowered):

Bonjour à tous, comment ça va? J’ai entre 22 et 25 nœuds de vent et ma vitesse actuelle est de 18 nœuds. Le temps est mauvais, ceci dit, très nuageux et beaucoup de pluie. Mais je vais dans la bonne direction, c’est ce qui compte !

On dirait en effet que je suis à la poursuite de Dominique Wavre vu que j’arrive par derrière. J’ai eu beaucoup de chance, je dois bien l’avouer, et j’espère qu’en me rapprochant de lui, j’aurai les memes conditions que lui. Je suis très heureux d’avoir rattrapé 700 milles nautiques de retard et en plus, ça sera plus sympa d’être à proximité de Mike et Dominique! C’est moins drôle d’être tout seul au milieu de nulle part…  

Je pense que par la suite, une trajectoire un peu nord sera plus intéressante. Mais ça demandera également plus de concentration.


Dominique Wavre (SUI, Mirabaud, enregistré):

La zone de basses pressions qui se trouvait devant nous a disparu et derrière nous, il y a des vents légers qui rendent la navigation bien plus facile que ces deux derniers jours.

J’écoute tous les types de musique, car j’ai des morceaux très variés sur mon iPod, plus d’une centaine. Il y a du rock, de la pop, de la variété française, j’ai même des sketches de comiques, ce qui me permet de rigoler un peu de temps en temps.

Par rapport à mes expériences précédentes dans l’océan Indien, on peut dire que les portes des glaces ont bien change la donne. Cette fois-ci, les températures sont plus douces et la mer plus calme mais la météo est très changeante. Les portes des glaces ont aussi rendu les stratégies beaucoup plus évidentes puisqu’on va d’une porte à l’autre et que du coup, les choix tactiques sont limités. On se sent d’ailleurs un peu plus passif.

Il est bien trop tôt pour penser au résultat de la course à l’arrivée. Je ne sais absolument pas comment va se terminer cette histoire, je prends les choses une semaine après l’autre et on verra bien…