03 Février 2021 - 11h37 • 27967 vues

Partager

Article

Ce n’est pas fini ! Des boulets de canon s’abattent sur le champ de bataille de l’Atlantique Nord. Depuis plusieurs jours, les dépressions se succèdent. Les derniers milles vers l’arrivée ne sont aucunement l’occasion de se relâcher pour les marins solitaires impatients et fatigués. La vigilance est maximale sur la route des Sables d’Olonne.

Clarisse Crémer, attendue cet après-midi, vit des heures mouvementées dans le golfe de Gascogne. Sous voilure très réduite (3 ris et rien devant), la navigatrice gère son approche et module sa vitesse pour laisser passer le plus gros. Le vent devrait avoir molli quand elle franchira la ligne et remontera le chenal, avec la satisfaction d’avoir bouclé son premier Vendée Globe et celle d’être bientôt la femme la plus rapide autour de la planète en solo et en IMOCA.

A trois jours du finish, Jérémie Beyou et Romain Attanasio ont vécu des heures sombres cette nuit dans l’archipel des Açores.  « On avait un vent moyen à 35/40 nœuds, mais des grains énormes. J’ai eu jusqu’à 55 nœuds. Et la mer était mauvaise. J’étais sous trois ris et J3, mais parfois c’était limite. On a pas mal échangé avec Jérémie, on est restés connectés cette nuit au cas où. C’est vrai que cette fin de course est longue et difficile » avouait Romain ce matin.

Longue. C’est certainement ce que sont en train de se dire Arnaud Boissières, Stéphane Le Diraison, Kojiro Shiraïshi, Alan Roura, et plus loin Pip Hare et Didac Costa. Ces six concurrents sont en train de faire un énorme détour pour contourner l’anticyclone des Açores, en passant 1000 milles dans l’Ouest de l’archipel éponyme.  Au beau milieu de l’Atlantique, Arnaud Boissières  s’interrogeait en plaisantant sur sa destination : « Aujourd’hui, je suis plus proche des Antilles que des Sables d’Olonne… vu le temps qu’il fait aux Sables, j’hésite … »

Difficile. Car après les calmes relatifs des hautes pressions, viendront les fortes bourrasques d’une grosse dépression qui déboule ce week-end sur ce groupe de six. Ce vent fort  et cette grosse mer vont les mettre sous pression jusqu’à l’arrivée.

Derrière, le trio  Manu Cousin, Clément Giraud et Miranda Merron a franchi l’équateur et s’est extirpé du pot au noir. Les voici au près dans l’alizé de Nord-Est.

Enfin, Alexia Barrier et Ari Huusela sont les seuls à progresser encore dans l’hémisphère Sud. Les deux compères attaquent le contournement de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Ils sont attendus en Vendée à la fin du mois et devraient être accompagnés des deux navigatrices hors course : Samantha Davies et Isabelle Joschke.

Une arrivée à nouveau à huis clos

Comme toutes les arrivées, celle de Clarisse Crémer, ce mercredi après-midi, aura lieu à huis clos. La préfecture de la Vendée a en effet renouvelé l’arrêté portant sur l’interdiction de se rendre dans certains axes des Sables d’Olonne, notamment la petite et la grande jetée. Cet arrêté prendra effet à 17h, sachant, bien entendu, que le respect du couvre-feu, à 18 heures, est également de mise. En revanche, hors des protocoles d’arrivées, il est possible pour le public de se rendre sur le ponton où sont amarrés les bateaux arrivés dans le respect des règles de distanciation sociale.

 

La rédaction du Vendée Globe / C.El