10 Février 2021 - 10h55 • 6882 vues

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Clément Giraud (Compagnie du Lit/Jiliti), actuellement à 1700 milles des Sables d'Olonne, s'apprête à contourner un système dépressionnaire par le Sud. Terminé, les 'Crocs' : il a enfilé les bottes, le ciré et la polaire ! Il était à la vacation de ce mercredi 10 février. 

"J’ai de l’air, des grains, je galope en avant du front. Le choix de voiles est compliqué, la mer forte va rentrer. J'essaie de me placer pour bien finir cette course. 

Il y a une grosse dépression qui prend presque tout l’Atlantique et une deuxième qui arrive, elles vont se fondre. Je vais prendre le périph' ! Je ne vais pas traverser Paris, même si ça rallonge un peu. Sur la bordure, le vent est moins fort et sa direction est plus intéressante. Et puis la mer sera plus praticable, même s’il y aura 5 à 6 mètres de houle. Les Açores, c’est piégeux au niveau de la houle. C’est complexe. 

Ces deux dernières semaines, j’ai eu un bel enchaînement, après l’anticyclone au sud du Brésil. J’avais des portes, elles restaient ouvertes à chaque fois. Le pot au noir, c’est passé nickel. L'anticyclone ne m’a pas arrêté très longtemps. Ça l'a fait, je suis super content. Hier il faisait un temps magnifique. Là, je rentre dans un système dépressionnaire, il faut retrouver l'équilibre du bateau. J’étais en Crocs depuis les Malouines et je viens d'enfiler les bottes, le ciré, la polaire ! 

J’ai envie d’y retourner, bien sûr, je suis piqué ! Comme 99,9% de la flotte. On s’est pris au jeu. Je regrette d’avoir pris du retard sur les deux premières semaines de course. Après quelques jours, j’avais 1000 milles d’écart avec la tête de flotte. Je découvrais le bateau. Si je repartais maintenant, je ferais les choses différemment. Mais il y a d'autres facteurs qui entrent en jeu, ce sont de très gros projets. On aura le temps d’en reparler. Pour l’instant, j’ai à cœur de rapporter son bateau à Erik (Nigon). Dans la semaine à venir, il y a de quoi casser, alors je me concentre sur la météo et le bateau. 

Ce n'est pas l’envie qui manque d’avoir un bateau plus performant, mais ce n’est pas anodin ! Avec mon histoire, c’est déjà inimaginable d’être là où je suis aujourd’hui. Ce Vendée Globe est incroyable à tous les niveaux ! On a des temps de course de folie. Je suis super content. Là, si j’avais un foiler, je ferais la même chose que ce que je fais actuellement."

Clément Giraud / Compagnie du Lit/Jiliti